Le prix au mètre carré se renchérit, celui de la construction des maisons mais aussi et surtout celui du foncier. Il a augmenté de 3,7 % l'an dernier. Le terrain représente un tiers des dépenses liées à la construction d'une maison. Ce budget a baissé de 3,4 % en France, à 194.200 euros, malgré le renchérissement des prix car les Français diminuent les surfaces.
Le prix du terrain se renchérit et contraint les ménages voulant faire construire une maison à rabattre leurs prétentions. Du moins ceux qui n'ont pas déclaré forfait. En 2009, après déduction des permis annulés, seulement 111.598 permis de construire ont été délivrés à des particuliers en vue de la construction d'une maison individuelle neuve, soit 20 % de moins en un an. 100.400 terrains ont été achetés à cet effet (le reste provient d'héritages ou de donations), dont 70% au cours de l'année 2009.
L'investissement total moyen (terrain et maison) lié à l'acquisition d'une maison individuelle, lorsqu'il y a eu achat du terrain, a reculé de 3,4 % entre 2008 et 2009 et représentait en moyenne 194.200 euros en 2009. Mais selon une étude du Commissariat général au développement durable (CGDD), cette baisse de l'investissement total est uniquement due à la diminution des superficies. Les maisons construites ont été ramenées à une moyenne de 130 m² (SHON) pour 136.900 euros, mais « le prix moyen au mètre carré des maisons a augmenté entre 2008 et 2009, quel que soit le professionnel en charge de la construction, sauf lorsqu'il s'agit d'un constructeur de maisons individuelles (-0,5 %) », observe le CGDD. Cette évolution a abouti à un prix moyen des maisons en euros par mètre carré allant d'un minimum de 946 euros/m² (en Languedoc-Roussillon) à un maximum de 1.307 euros/m² (en Corse).
Mouvement
Le mouvement de renchérissement du prix au mètre carré est encore plus vrai pour le foncier. Le terrain, qui compte en moyenne pour un peu moins d'un tiers dans le coût total, a vu lui aussi sa superficie moyenne baisser l'an dernier, « pour toutes les tailles d'agglomération, toutes les tranches d'âge de l'acheteur et toutes les catégories socioprofessionnelles, à l'exception des plus de 60 ans et des retraités, poursuit le CGDD. Pour ces derniers, la surface moyenne se stabilise ». En moyenne nationale, la surface achetée a diminué de 6,9%, pour passer à 1.154 m². Dans le même temps, le coût total du terrain n'a diminué que de 4,1%, car le prix au mètre carré a augmenté de près de 3,7 %, pour atteindre en moyenne 56 euros/m². La hausse est générale, mais c'est dansles zones urbaines de 50.000 à 99.999 habitants que le prix moyen au mètre carré des terrains a le plus augmenté entre 2008 et 2009 (+ 9,1%). En 2009, le prix moyen du mètre carré de terrain était de 28 euros/m² dans les zones rurales non périurbaines à 298 euros/m² dans l'agglomération parisienne. Il était supérieur à 100 euros/m² dans quatre grandes zones : en Ile-de-France (194 euros/m²), dans les DOM (124 euros/m²), en Provence-Alpes-Côte d'Azur (110 euros/m²) et en Languedoc-Roussillon (102 euros/m²). Il était en revanche inférieur à 30 euros/m² en Auvergne (29 euros/m²) et Limousin (16 euros/m²). La part du budget consacré au terrain est d'un tiers en moyenne nationale, mais elle varie en métropole de 20%, en Limousin à près de 50 %, de 48% pour l'Ile-de-France et de 48 % pour Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Myriam CHAUVOT