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Les banques relancent la guerre du crédit immobilier

en partenariat avec Les Echos

Depuis quarante ans, les taux d'intérêt sont au plus bas.

Historique. Jamais, depuis quarante ans, les taux n'avaient atteint un seuil aussi bas : 3,45% le mois dernier. Et ils devraient encore se tasser à 3,41% en juillet, puis progressivement jusqu'à la fin de l'année, selon l'Observatoire Crédit Logement CSA, a contrario des premières anticipations du début de l'année. Il faut revenir à la fin 2005 pour retrouver des niveaux aussi attractifs, à 3,36%. « A la différence de 2005, ajoute Michel Mouillart, chargé de l'étude, les ménages peuvent aujourd'hui emprunter sur une durée de dix mois supérieure. »


La quasi-totalité des taux des prêts accordés le mois dernier n'a ainsi pas franchi la barre des 4%. En 2008, seuls 4,8% des emprunteurs pouvaient y prétendre. Signe fort de cette reprise, les banques accordent de nouveau des crédits relais, une reprise particulièrement forte en Ile-de-France. Ces prêts que les ménages avaient du mal à rembourser lors de la crise faute de réaliser leur vente ont représenté 11% des crédits couverts par le Crédit Logement, l'organe central de garantie des prêts immobiliers, soit le double de 2008, et leur durée s'est réduite à moins de six mois. De même, les taux variables, pris dans la tourmente, repartent de plus belle autour de 10% de la production, contre seulement 2% en 2008. Du coup, la production s'envole. Au premier et deuxième trimestre, les banques ont accordé respectivement près de 64% et 36,4% de plus de crédits à l'habitat que l'an dernier en glissement annuel. Au total, ce sont quelque 71,2 milliards de nouveaux prêts qui permettront d'atteindre les 140 milliards d'euros en fin d'année.

 

Mais le tableau n'est pas si parfait. Cette reprise reste poussive. Elle profite évidemment d'un effet de base favorable. Au premier semestre l'an dernier, la production était en baisse entre - 40% et - 30%. Ensuite, si elles atteignent les 140 milliards d'euros, les banques ne feront que rattraper leurs volumes de 2008 ou de 2005. On reste loin du pic d'activité de 2007 (170 milliards). Surtout le prix de l'immobilier bride la relance enclenchée par la baisse des taux. « Les effets prix auront des conséquences très négatives sur le second semestre et vont tarir la demande, va même jusqu'à pronostiquer un grand prêteur. Cela va surtout pousser les investisseurs étrangers à revenir sur le marché. »

 

Le coût global de l'opération pour l'empruteur est en hausse de 5,1%, contre 1,3% seulement l'an dernier. Rapporté en années de revenus, à 3,86 années, il rejoint les sommets de février 2007 (3,91 années). En parallèle, les revenus des ménages progressent plus lentement qu'auparavant (+ 0,1% sur un an). La solvabilité des ménages ainsi se dégrade depuis début 2009 malgré l'effet de baisse des taux. Néanmoins, cette dégradation doit être tempérée, assure Michel Mouillart. « Entre les taux, la durée et la disponibilité, depuis quinze ans, les conditions de crédit se sont formidablement améliorées. Le problème reste ceux des sorties de crise tels que le chômage et les perspectives de pouvoir d'achat. »

 

 

Anne DRIF