La taxe d'habitation et la taxe foncière augmentent de 8 % cette année, l'une des plus fortes hausses des grandes villes. La capitale reste cependant, comparativement, peu chère.
Les Parisiens qui reçoivent en ce moment leurs feuilles d'impôts locaux vont devoir desserrer les cordons de la bourse. La Mairie de Paris augmente à nouveau ses taux (+ 8%), après les avoir déjà rehaussés de 9% l'an passé. S'y ajoute la revalorisation des bases locatives votée par le Parlement. Au final, la feuille d'impôt des Parisiens affichera une hausse de 8,6% (s'agissant de la taxe foncière) et de 9,2% (s'agissant de la taxe d'habitation).
Dernière hausse jusqu'en 2014
Une famille moyenne avec deux enfants vivant dans 80 m2 déboursera 600 euros pour la taxe foncière et 435 pour la taxe d'habitation. C'est 88 euros de plus que l'an passé. Paris rejoint donc le peloton de tête des villes inflationnistes. « Cette hausse, que nous avions évoquée dès la campagne des municipales de 2008, sera la dernière jusqu'en 2014. Elle nous permettra de payer de grands investissements : 4.500 places de crèches, 40.000 logements, le tramway », justifie Bernard Gaudillère, l'adjoint PS aux finances. L'Hôtel-de-Ville compte ainsi récolter 150 millions d'euros.
La capitale, qui a la particularité d'être à la fois ville et département, lève des impôts locaux à ce double titre. Toutefois, le département se montre peu gourmand, puisque ses taux n'excèdent pas 3,2%. La taxe foncière départementale que prélèvent la plupart des conseils généraux n'a d'ailleurs été créée que tardivement (en 2009) à Paris. Au titre de la Ville, les Parisiens sont davantage imposés : 10,36% pour la taxe d'habitation et 8,37% pour la taxe foncière. « Cela reste plus bas que dans la plupart les autres grandes villes de France », se défend Bernard Gaudillère. C'est deux fois moins qu'à Lyon, où les taux s'élèvent à 21,3% pour la taxe d'habitation et 17,7% pour la taxe foncière et où une famille paie en moyenne 1.495 euros.
L'UMP réclame « une baisse »
La droite parisienne s'agace cependant de ce relèvement, qui survient après dix années de relative stabilité fiscale. Entre 1999 et 2008, les taux n'ont pas bougé. « Nous les avions même légèrement diminués », rappelle l'UMP Jean-François Legaret qui fut l'adjoint aux Finances de Jean Tibéri. « En revanche, Bertrand Delanoë, pendant son premier mandat, n'a pas touché aux taux, mais a augmenté les autres taxes. Cela finit par faire beaucoup : entre les taux, l'inflation et l'ajustement des bases, les impôts ont augmenté de 25% en deux ans. C'est invraisemblable en temps de crise. D'autant que la Mairie est en train de toucher le jackpot avec la reprise des droits de mutation », s'insurge le maire UMP du 1er arrondissement. L'élu réclame « une baisse » en 2011.
Laurence ALBERT