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Epargnants : le profil de risque mal évalué

en partenariat avec Les Echos

L'Autorité des marchés financiers (AMF) rappelle que le goût du risque des épargnants n'est pas correctement évalué par ceux qui leur vendent des produits financiers.

cartographie 2011 des risques
Concrètement, les auteurs de l'étude ont analysé quatorze questionnaires, issus de dix intermédiaires financiers, puis les ont testés auprès d'un panel de particuliers. Voici leurs principales critiques :

 

Manque d'informations personnelles


Seul un questionnaire sur trois s'intéresse aux caractéristiques individuelles du client (sexe, âge, profession, diplôme, situation familiale) alors qu'il s'agit « d'informations pertinentes pour la mesure de la tolérance au risque ». De même, certains n'interroge pas sur la situation financière de l'éventuel souscripteur. Or, il s'agit là d'une obligation de la directive MIF.

 

  

L'expérience mal appréhendée


Tous les questionnaires se penchent sur la connaissance du client et sur son expérience en matière d'investissement. Mais avec un bémol : la notion d'expérience semble davantage étudiée que celle de connaissance. Par ailleurs, les questions ne permettent pas de faire la part entre les dimensions objectives et subjectives d'une expérience vécue.

 

 

Le risque peu quantifié


Les préférences en matière de risque sont prises en compte dans dix questionnaires mais « souvent de façon peu approfondie ». Au final, note les auteurs de l'étude, les questions « ne sont souvent pas assez précises pour pouvoir être exploitées efficacement en terme d'adéquation produit -client ». Plus précisément, peu de questionnaires essayent de quantifier l'aversion au risque. Dans le même ordre d'idée, moins d'une institution financière sur deux a mis en place un système de « scoring » permettant de classer les clients en fonction de leur profil de risque.

 

  

Vision subjective


Pour les établissement cherchant à établir un score de risque, les auteurs remarquent une classification trop subjective, et pas assez basée sur des méthodes quantifiables. En fin de compte un même client a pu se voir attribuer différents profils de risques. Enfin, l'interprétation ne tiendrait pas suffisamment compte de la conjoncture, qu vient influencer le client dans ses réponses. Rendant une réponse excessivement pessimiste ou optimiste, en fonction du climat économique. Par ailleurs, au-delà de la tolérance au risque, les auteurs de l'étude préconisent une mesure de la « tolérance aux pertes » que pourrait éventuellement subir le particulier.

 

  

Un questionnaire difficile à mettre en place


Ces critiques sont toutefois à nuancer. Les banques et CGPI interrogés doivent composer avec une « marge d'interprétation importante » laissée par la directive MIF. De plus, il n'existe encore aucune référence ou modèle de questionnaire auquel se rattacher. Enfin, il apparaît difficile d'interroger avec efficacité une clientèle très nombreuse sur un sujet aussi sensible.

 

 

EDOUARD LEDERER