Fiscalité locale : les villes dont l'endettement va peser

Une enquête du JDD met le curseur sur un problème local : le surendettement des communes de France. Explications.

Fiscalité locale : les villes dont l'endettement va peser

Sur fond de crise des dettes publiques des États, le sujet revient sur le devant de la scène. Selon une enquête publiée par le JDD ce week-end, l'endettement des villes serait la prochaine préoccupation nationale que les politiques devront traiter. Globalement, il représenterait pour les contribuables un " surcoût (de) 6 ou 7 milliards d'euros ".

Dans le détail des régions et villes de France touchées, ce problème aura un impact sur les années à venir, à plusieurs niveaux. Et pour les choix d'investissement des acheteurs et investisseurs en immobilier. La fiscalité locale s'en ressentira nécessairement, ainsi que les futurs projets d'urbanisation, facteur de valorisation du patrimoine immobilier.

Trois cas préoccupants : Lille, Marseille, Saint-Étienne

Il s'agira donc de bien étudier la topographie des dettes et de la fiscalité nationale. À noter, à ce sujet, que trois villes surendettées ressortent du palmarès négatif des cités de France et Navarre, les plus touchées par ce problème. Il s'agit de Lille, Marseille et Saint-Étienne.

La donne chiffrée est la suivante :

- à Lille (59) " Elle atteint 10,2 années de remboursement contre 4,9 années en 2005 " ,

- à Marseille (13), on " croule sous 1,8 milliard d'euros de dette, soit 2 118 euros par habitant, pour un budget de 1,7 milliard d'euros en 2010 " ,

- à Saint-Étienne, on parle de " ville martyre des emprunts toxiques, (étant) engagé à hauteur de 2 158 euros ".

On voit bien que le problème est général, dans la nature même de ce trio urbain. Politiquement déjà : Lille est dirigée par une candidate à la primaire socialiste pour la présidentielle, en cours (Martine Aubry), quand Marseille est tenue de longue date par la majorité présidentielle actuelle… Et sur un autre plan plus quantitatif, Marseille et Lille sont de grandes villes (respectivement 850.000 et 225.000 habitants intra-muros muros) quand Saint-Étienne en compte 172.000…

Une chose est acquise : sans solutionnement rapide le marché immobilier sera forcément impacté par cette problématique de la dette locale. Que le contexte d'élections nationales pour 2012 risque cependant de retarder... sur fond de regain du débat sur les termes de la "décentralisation" et du mécano Etat-Régions-Départements-Villes à reposer.

L.D.