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Analyse graphique : un bon moyen d’anticiper les évolutions de cours
Les décisions que prennent les investisseurs découlent de la qualité de l’information dont ils disposent et de leurs capacités d’interprétation. Dans ce cadre-là, l’analyse graphique peut se révéler judicieuse.
Pour trouver de bonnes actions, vous pouvez tirer aux fléchettes sur une cote des valeurs avec un bandage sur les yeux. Une expérience – appelée « monkey trading » – qui a été réalisée par le Wall Street Journal pendant quatorze ans, durant lesquels le hasard a battu les experts à six reprises ! Toutefois, mieux vaut acheter, vendre ou conserver des titres en connaissance de cause.
Les sources d’information sont légion : assemblées générales des actionnaires, sites Internet des émetteurs, médias… Cela dit, afin d’affiner sa recherche, l’analyse graphique peut compléter l’analyse financière (chiffre d’affaires, marges, flux de trésorerie, etc.). « Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours » aurait dit un jour Napoléon Bonaparte. Un graphe de cours – avec des pics et des creux – reflète toute l’information disponible.
Les spécialistes parlent de supports et de résistances. Le support est un point bas à partir duquel un titre ou un indice est censé repartir à la hausse. Si le support est enfoncé, un support plus bas apparaît. La résistance est un point haut qui, du moins en théorie, représente un niveau propice aux prises de bénéfice ou aux allégements de position. Lorsqu’une résistance est franchie, une nouvelle résistance remplace la précédente.
Guetter une inflexion
Il y a aussi les gaps, destinés a priori à être comblés. « Ce sont, explique sur son blog Sovanna Sek, un spécialiste de l’investissement, des espaces vides de cotation causés par l’absence d’ordres sur des zones de prix. Le gap haussier correspond à un plus-bas de la dernière séance, supérieur au plus-haut de la séance précédente. Le gap baissier correspond à un plus-haut de la dernière séance, inférieur au plus-bas de la séance précédente. »
La prise en compte de l’intersection des moyennes mobiles, à vingt jours ou à deux cents jours, par exemple, peut également être précieuse. Un titre dont le cours croise en montant une moyenne mobile devrait être bien orienté. Un titre dont le cours croise en descendant une moyenne mobile devrait continuer à reculer. Il y a bien d’autres figures : en W, tête-épaules, biseau ou chandelier japonais, sans parler des ratios de retracement de Fibonacci ou des bandes de Bollinger… Il s’agit toujours de prévoir un retournement ou un prolongement de tendance. Dans Jules César, Shakespeare avait écrit : « Il nous faut suivre le courant tandis qu’il nous sert. »
Exercice pratique : prendre un graphique et tracer un trait, avec une règle ou en imagination, pour en relier les principaux points bas. Si la ligne est baissière, il faut généralement s’attendre à une baisse. Si elle est haussière, la hausse est souvent au rendez-vous. Il faudrait encore regarder les volumes de transaction : plus les échanges sont nourris, plus les conclusions sont pertinentes. Avec ou sans logiciel, optimisé ou non par l’intelligence artificielle, l’analyse graphique est un outil d’aide à la décision qui a fait ses preuves.
