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BforMag

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Comment investir dans le secteur de la défense 

2026-03-25

Guerre en Ukraine, recentrage des Etats-Unis autour de leurs intérêts, réarmement de chaque côté du Rhin et conflit en Iran, autant d’éléments qui militent pour les valeurs de défense. Comment se positionner. 

L’annonce d’une augmentation des budgets militaires dans le monde a eu pour conséquence de propulser les sociétés du secteur de la défense vers des sommets. En 2025, les français Dassault Aviation, Thales et Exosens, le britannique BAE Systems, l’américain RTX Corporation, l’italien Leonardo, le suédois SAAB et l’allemand Rheinmetall se sont adjugé de 40 % à 150 % ! La progression des dépenses militaires, jusqu’à 3 % du PIB dans les dix prochaines années (2,07 % l’an dernier en France, soit 61,8 milliards d’euros) devrait offrir un filet de sécurité au secteur qui, du fait de sa valorisation, pourrait toutefois être assez volatil. 

Rheinmetall, par exemple, paraît loin d’avoir épuisé son potentiel de hausse. « Premier bénéficiaire du budget de défense allemand, gros fournisseur de l’Ukraine et de l’Otan, mais aussi des Etats-Unis et des pays du Moyen-Orient, écrit Delphine Tillaux dans Investir, le groupe bavarois est présent dans les munitions, les véhicules terrestres, le naval, le spatial et les drones. L’augmentation de ses capacités de production tire sa croissance, tandis que l’automatisation améliore ses marges. » Dans l’hypothèse où le résultat net par action de la firme ferait plus que doubler entre 2025 et 2027, la valeur se paierait, aux cours actuels, à des niveaux moins élevés en termes de rapport cours/bénéfice (26 fois contre 64 fois). 

 

Les fonds kaki 

Dans un échange avec la presse, Harry Wolhandler, spécialiste actions chez Mandarine Gestion, met en relief un point intéressant : « Auparavant, de nombreux fonds, notamment ISR (investissement socialement responsable), ne pouvaient pas investir dans l’armement. Compte tenu du contexte géopolitique, on observe un relâchement de certaines contraintes. » D’où des flux d’achats plus importants… Plusieurs fonds jouent la carte « kaki », à l’image de CPR Invest Europe Defense (code Isin : LU3079548858), DPAM L Equities Europe Defence (code Isin : LU3076252298), BNP Paribas Europe Strategic Autonomy (code Isin : LU3051940263) et EdR Sicav Mission Europa (code Isin : FR001400ZTK5), ainsi que Tikehau European Sovereignty (code Isin : LU2737748660), qui affiche une performance de + 14,2 % en 2025. 

Le fonds European Shield (code Isin : FR0014010K48), lui, s’adjuge plus de 4,5 % sur le premier quart de l’exercice. « Le portefeuille, a-t-il été précisé en juin dernier lors du lancement de ce fonds d’Auris Gestion, sera investi pour au moins 51 % de son actif net dans la base industrielle et technologique de défense [BITD] européenne et, pour le solde, dans des secteurs liés à l’autonomie européenne (énergie, alimentation, santé…). » 

Du côté des fonds indiciels cotés, mentionnons Amundi Stoxx Europe Defense (code Isin : LU3038520774) et VanEck Defense (code Isin : IE000YYE6WK5), un ETF international qui est un peu l’arbre qui cache la forêt, avec quarante lignes, un actif proche de 8 milliards d’euros et une performance 2025 voisine de + 50 %. 

Michel Lemosof

Publié le 26/03/2026Modifié le 26/03/2026

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