Conflit au Moyen-Orient : le point sur les prévisions du FMI
La guerre au Moyen-Orient a des répercussions multiples et qui peuvent être variables d’une région à l’autre. Ce qui en rend difficile l’appréhension des effets sur l’économie mondiale. Le Fonds monétaire international (FMI) publie un billet de blog pour tenter d’y voir plus clair.
Si vous ne deviez retenir que 2 infos :
La guerre au Moyen-Orient a des incidences sur les prix de l’énergie et de divers intrants, ce qui pourrait avoir un impact sur les anticipations d’inflation.
Les fluctuations des marchés peuvent aboutir à un durcissement des conditions de financement.
Prix de l’énergie : des effets hétérogènes
Blocage du détroit d’Ormuz empêchant le passage des navires pétroliers, dégâts occasionnés aux infrastructures régionales, augmentation des cours du brent sur les marchés des matières premières : la hausse du prix de l’énergie trouve son origine dans de multiples facteurs et touche particulièrement les pays importateurs de combustibles. « Les pays importateurs d’énergie en Afrique, dans le Moyen-Orient et en Amérique latine, dont les espaces budgétaires et les réserves externes étaient déjà limités, subissent de surcroît l’alourdissement de la facture des importations. », analyse ainsi le FMI.
L’augmentation des prix de l’énergie peut aussi se transmettre à d’autres catégories de produits, dans la mesure où ils viennent alourdir les coûts de production : « Dans les grands pays manufacturiers asiatiques, la hausse des prix du carburant et de l’électricité fait augmenter les coûts de production et réduit le pouvoir d’achat des ménages. »
L’impact n’est pas le même en fonction de la source d’énergie. L’Italie et le Royaume-Uni, qui dépendent largement du gaz pour leur production d’électricité, sont largement exposés. À l’inverse, la France et l’Italie, qui disposent de capacités en nucléaire et énergies renouvelables, sont moins touchés.
Rupture de certaines chaînes d’approvisionnement
Le conflit au Moyen-Orient se traduit également par des ruptures dans certaines chaînes d’approvisionnement pour des importations autres que l’énergie. Les conséquences sont multiples : augmentation des prix du fret et de l’assurance des bateaux ; allongement des délais de livraison ; chute du tourisme mondial, notamment du fait des perturbations des correspondances via les pays du Golfe…
Selon le FMI, plusieurs catégories d’intrants sont concernées : engrais, denrées alimentaires, hélium, nickel, etc.
In fine, la propagation de ces difficultés pourrait entretenir l’inflation au niveau mondial et endiguer la croissance : « Si les particuliers et les entreprises d’une de ces régions considèrent que l’inflation va s’installer durablement à ces niveaux élevés, cette perception pourrait se transmettre aux salaires et aux prix, ce qui rendrait le choc encore plus difficile à maîtriser sans un ralentissement plus marqué. »
Marchés financiers : une incidence sur les conditions de financement
Enfin, la guerre au Moyen-Orient a pour effet d’augmenter la volatilité sur les marchés financiers. De quoi durcir les conditions de financement des entreprises, des États ou même des ménages.
C’est le cas notamment en Europe, où « l’augmentation des rendements et le creusement des écarts de crédit font augmenter la charge du service de la dette et compliquent le refinancement, tant pour les États que pour les entreprises ».
