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Interview Claudia Panseri : « L’environnement de marché est globalement positif » 

2026-08-10

Pour beaucoup d’épargnants, la situation économique et financière demeure confuse. Claudia Panseri, directrice des investissements chez UBS Wealth Management France, analyse les évolutions de marché.

Quelle est votre lecture du contexte ? 

Le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran s’est déclenché à un moment où l’économie mondiale réaccélérait. La guerre a changé la donne, avec une envolée du pétrole et du gaz. S’il n’y a pas eu de récession, c’est grâce à l’intelligence artificielle, qui draine des investissements considérables, privés et publics. Autre facteur favorable : les mesures de relance budgétaire en Allemagne et de l’autre côté de l’Atlantique. 

L’environnement est globalement positif, principalement aux Etats-Unis, avec un effet richesse lié à la Bourse, un faible taux de chômage et une croissance du PIB proche de 2,5 %. Cela dit, nombre de valeurs technologiques ont corrigé, à l’image de Microsoft ou de Meta. L’attention s’est focalisée sur les semi-conducteurs, où il y a un fort déséquilibre offre-demande, ce dont profitent AMD, Infineon Technologies, Micron Technology, TSMC ou ASML Holding. 

À quoi vous attendez-vous maintenant ? 

Malgré un risque de concentration, le secteur des semi-conducteurs reste porteur. Les entreprises doivent investir toujours plus pour faire face à la pression concurrentielle. Nous prévoyons des dépenses en IA de 990 milliards de dollars en 2027 (après 820 milliards en 2026). Le flux de trésorerie des « hyperscalers » ne suffira plus à les couvrir. Les investissements additionnels devront de plus en plus être financés par la dette ou des émissions en capital. 

La situation n’est cependant pas aussi préoccupante que certains l’affirment. Dans les technologies de l’information, notamment, il n’y a pas de bulle : le ratio cours/bénéfices estimés est de 22 fois, contre 50 fois en 2000 pour les « dotcoms », alors que la progression des profits suit, voire dépasse, celle des actions. Les résultats des sociétés devraient poursuivre sur leur lancée. Nous anticipons, par exemple, une hausse cumulée des profits de 20 % en Europe pour 2026 et 2027. 

Par ailleurs, nous tablons sur une majoration du taux de la Banque centrale européenne de 0,25 % à la rentrée, à 2,50 %, mais pas sur un durcissement monétaire de la part de la Réserve fédérale américaine (3,75 % aujourd’hui), pourtant considéré comme très probable par le consensus. 

Que faut-il détenir en portefeuille ? 

Nous sommes positifs sur les actions américaines, européennes, émergentes et japonaises. En obligations, nous préférons la partie courte de la courbe des taux d’intérêt, pour limiter le risque de volatilité. 

Nous sommes également positifs sur les matières premières agricoles et industrielles. S’il ne rapporte rien, l’or pourrait redevenir attrayant sous les 3.900 $ l’once, car c’est un actif recherché par les banques centrales. Nous apprécions le private equity, ainsi que les infrastructures non cotées (data centers, transports…), qui permettent de se protéger contre l’inflation. 

Nous sommes négatifs sur le monétaire, dont le rendement s’érode avec l’inflation, et prudents sur l’immobilier coté, sensible au niveau des taux. Notre opinion sur le secteur du luxe s’est récemment améliorée, en raison de la correction des valorisations. 

Michel Lemosof

Publié le 13/08/2026Modifié le 13/08/2026

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