Aller au contenu principal
Se connecter

BforMag

Temps de lecture

4 min

La consommation américaine très dépendante des cours de bourse 

2026-08-11

En 2025, la consommation américaine a fait preuve d’une importante résilience. La Banque de France consacre une de ses notes au phénomène. 

Si vous ne deviez retenir que 2 infos : 

  • La consommation américaine progresse notamment du fait des effets de richesse. 

  • En cas de retournement des marchés financiers, la consommation des ménages américains pourrait s’en ressentir fortement. 

Entre les tensions géopolitiques mondiales et la crainte d’une poussée de l’inflation, entraînant une boucle prix-salaires et amenant la Fed à remonter ses taux, on aurait pu envisager le pire pour la consommation américaine. Pourtant, celle-ci fait montre d’une « résilience inattendue » selon la Banque de France, qui se penche sur le sujet dans une note

La consommation, un pilier de l’économie américaine 

La consommation des ménages représente plus de deux tiers (70 %) du produit intérieur brut américain. Il s’agit donc d’un pilier de l’économie outre-Atlantique, et même de l’économie mondiale. Les ménages américains ne consomment en effet pas uniquement des biens et services produits sur leur territoire, mais importent du monde entier.  

Dans son billet de blog, la Banque de France liste plusieurs raisons qui auraient pu faire dérailler la consommation aux USA : le regain de protectionnisme à travers le monde, les incertitudes autour de la politique économique poursuivie par le président Donald Trump, ou encore l’accélération des prix. 

Pourtant, la consommation, loin de fléchir, a augmenté de 2,1 % au cours de l’année 2025. 

Des effets de richesse 

Alors, comment l’expliquer ? La Banque de France met en avant des effets de richesse reposant notamment sur les valorisations financières. L’institution constate que « la période récente se caractérise par une hausse exceptionnelle des prix des actifs financiers. » Le S&P 500 a bondi de 80 % entre début 2023 et fin 2025.  

Or, les ménages américains sont nombreux à tenir des actions, que ce soit directement ou via leurs fonds de pension. « Cette hausse de la richesse financière a soutenu la consommation via plusieurs canaux. », analyse la Banque de France.  

D’un côté, la hausse inédite des prix des actifs financiers accroît le sentiment de richesse pour les ménages qui les détiennent, quand bien même ces ressources ne seraient pas immédiatement disponibles. Les ménages sont donc incités à consommer davantage.  

De l’autre côté, la progression des actifs financiers contribue à améliorer l’accès des ménages américains au crédit car ils sont considérés par les banques comme plus solvables. De ce fait, les foyers américains ont tendance à réduire leur besoin d’épargne de précaution. 

Autrement dit, c’est la progression des marchés financiers qui explique en grande partie  la bonne tenue des marché financiers. 

Et demain, quelle tendance pour la conso américaine ? 

Si les effets de richesse sont une force pour l’économie américaine, ils peuvent aussi être considérés comme une source de vulnérabilité. Seule une partie des ménages (les plus aisés d’entre eux) détient des actions.  

De plus, la « financiarisation des bilans des ménages » fait que la consommation devient plus dépendante des marchés financiers. « Un retournement marqué des valorisations boursières pourrait rapidement peser sur la consommation, amplifiée par une contraction du crédit et une perte de confiance des ménages. », avertissent les experts de la Banque de France.  

La Rédaction

Publié le 13/08/2026Modifié le 13/08/2026

Nos derniers articles