Aller au contenu principal
Se connecter

BforMag

Temps de lecture

5 min

« Le marché monte moins vite que les profits » Un entretien avec Marc Favard

2026-09-28

Tandis que les nuages s’accumulent sur les places financières, les marchés ont-ils encore assez de carburant pour continuer à progresser ? Marc Favard, directeur général de Promepar Asset Management, livre son analyse.

Que retenez-vous des premiers mois de l’année ?

Il y a déjà une bonne nouvelle : la résilience de l’économie ! Autre élément marquant : les indices boursiers sont pour la plupart au plus haut, avec une volatilité contenue. La remontée des taux d’intérêt et l’augmentation des prix de l’énergie – avec l’inflation qui en découle – peuvent toutefois laisser craindre que la tendance ne finisse par s’inverser. Si les taux d’intérêt américains continuent de grimper, si les anticipations d’inflation ne diminuent pas et si la consommation fléchit, il faudra être plus prudent.

Comment expliquez-vous la vigueur des marchés ?

Il y a un cycle d’investissements sans précédent pour financer les infrastructures et les capacités de calcul liées à l’intelligence artificielle, assurer la transition climatique et, dans certains cas, reconquérir la souveraineté (énergétique, alimentaire, sanitaire, numérique, militaire…) et relocaliser les activités de production. Le montant des dépenses dans l’IA pourrait dépasser 1.000 milliards de dollars en 2027 et 1.500 milliards en 2028. Le plan ReArm Europe pourrait mobiliser plus de 800 milliards d’euros. L’Allemagne a décidé d’investir 1.000 milliards d’euros pour relancer sa croissance. Autant de facteurs de soutien.

Il y a également des progressions de résultats des sociétés rarement observées. La croissance médiane des bénéfices par action devrait cette année atteindre 15 % dans les marchés développés, soit le double qu’en 2025. Grâce aux gains de productivité, les profits devraient continuer à croître. Comme ils montent plus vite que les cours de Bourse, les ratios cours/bénéfice n’ont rien d’excessif. Enfin, la croissance économique (près de 1 % en zone euro, plus de 2 % outre-Atlantique et autour de 3 % dans le monde) se tient assez bien. La France, qui subit une décote depuis la dissolution de 2024, fait du surplace. Ce qui est principalement dû à sa forte présence dans le luxe. Elle abrite de belles valeurs (L’Oréal, Safran…). Il faut être à l’affût pour se positionner.

Que privilégiez-vous dans un portefeuille ?

Dernièrement, il fallait surtout détenir des actions américaines, avec un risque de concentration. Pour l’avenir, une répartition 60 % actions-40 % instruments de taux (30 % obligations et 10 % monétaire) redevient attractive.

Du côté des actions, nous recommandons d’être plus diversifié que les indices, dont la performance dépend largement de la technologie. Sur le long terme, les pays émergents – dont la Chine – constituent une poche de diversification intéressante. Les petites et moyennes capitalisations, moins chères que les grandes et avec une croissance plus élevée, ont aussi des arguments à faire valoir. Dans la poche obligataire, un panachage entre pays, signatures et maturités est une solution adéquate. A titre d’exemple, le rendement brut de Bred Horizon 2031, fonds à échéance lancé le 25 septembre, est supérieur à 5 %. Le fonds Bred Croissance, lui, offre une diversification clés en main.

Michel Lemosof

Publié le 29/09/2026Modifié le 29/09/2026

Nos derniers articles