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Le pétrole Brent frôle les 108 dollars 

2026-09-22

Le pétrole continue d’accélérer, alors que le détroit d’Ormuz reste bloqué et que d’autres voies d’approvisionnement menacent d’être bloquées.

Si vous ne deviez retenir que 2 infos : 

  • Le Brent a franchi mi-septembre les 108,5 dollars, son niveau le plus haut depuis mai. 

  • L’utilisation des stocks de pétrole devrait permettre d’amortir en partie le choc. 

Le cours du pétrole ne cesse d’augmenter ces derniers jours, sur fond de tensions géopolitiques mondiales. Avec quelles conséquences pour la bourse ? 

Un seuil symbolique 

Lundi 14 septembre 2026, le baril de Brent pour livraison novembre a bondi à 108,5 dollars, en progression de 3,7 %. Il s’agit de son niveau le plus haut depuis le mois de mai dernier. Un seuil symbolique, donc, d’autant que le pétrole avait déjà passé la barre des 100 dollars la semaine précédente. Il s’agissait alors d’une première depuis le mois de juillet. 

L’annonce a fait suite à celle du report de la réunion diplomatique clé prévue le lundi 14 septembre 2026 à Salalah (Oman) entre l'Iran, l'Irak et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). 

Cette nouvelle poussée des prix de l’or noir se traduit directement à la pompe. Le prix du diesel américain a ainsi été porté au-dessus des 6 dollars le gallon. Là encore, il s’agit d’un seuil psychologique important. 

Tensions géopolitiques mondiales 

Si le président américain Donald Trump a appelé son homologue ukrainien à cesser ses attaques sur les infrastructures russes de stockage de diesel, il reste difficile d’imputer la hausse des prix du carburant à cette seule cause. 

À l’échelle globale, les tensions géopolitiques ne faiblissent en effet pas. Le détroit d’Ormuz reste bloqué. Quant à l’autre route d’acheminement du pétrole qui avait été trouvée, empruntant le détroit de Bal el-Mandeb, son accès est menacé par les rebelles houthistes, alliés de l’Iran, qui contrôlent déjà une large partie de ce point de passage. De son côté, l’Arabie Saoudite a annoncé son intention de suspendre l’exploitation de l’oléoduc Est-Ouest suite à une attaque de drones. 

Quel impact sur l’économie ? 

Il faut relativiser l’impact de cette hausse du prix du baril de Brent sur l’économie mondiale. Cette dernière est en effet beaucoup moins dépendante aux hydrocarbures que dans les années 1970, lorsqu’étaient survenus les grands chocs pétroliers.  

De plus, il est important de rappeler qu’avant l’éclatement de la guerre en Iran, la situation était plutôt excédentaire : les prix étaient plutôt réorientés à la baisse du fait d’une offre plutôt abondante de pétrole. De fait, la réouverture du détroit d’Ormuz et l’apaisement des tensions sur le front géopolitique pourraient permettre une forme de retour à la normale, même s’il faut compter avec une période de reconstruction et de remise en service des infrastructures détruites ou endommagées. 

Enfin, la hausse des prix du Brent est en partie amortie par l’utilisation des stocks de certains pays exportateurs de pétrole. C’est notamment la stratégie employée par l’Arabie Saoudite à court terme. 

Reste que la hausse des prix de l’énergie – et notamment du gaz – risque de nourrir l’inflation qui, à son tour, pourrait endiguer le pouvoir d’achat et la consommation des ménages. Dans le même temps, la remontée des taux obligataires pourrait ralentir l’investissement des entreprises. S’il est important de relativiser la hausse du pétrole, la croissance mondiale n’est toutefois pas à l’abri des risques. 

Brahim Issad

Publié le 23/09/2026Modifié le 23/09/2026

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