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Le trio des banques centrales en action
Fed, BCE, BoE : trois grandes banques centrales dévoilent leurs décisions monétaires à quelques jours d’intervalle. Découvrez les conséquences pour l’économie mondiale.
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Si vous ne deviez retenir que 2 infos :
Si la zone euro et les États-Unis optent pour le statu quo, la BoE relève ses taux pour la première fois depuis 3 ans.
La pause monétaire en Europe et aux USA bénéficie notamment aux valeurs de croissance.
Des États-Unis à Bruxelles, en passant par l’Angleterre, les décisions simultanées de trois grandes banques centrales mondiales sur l'ajustement de leurs taux d'intérêt redessinent la trajectoire des rendements obligataires et le coût du capital pour les prochains trimestres.
Entre statu quo et hausse de taux
Le 28 octobre dernier, la Réserve fédérale américaine a opté pour le statu quo. Son taux directeur demeure identique (3,9 %) malgré une croissance dynamique et une inflation élevée. Pour justifier sa décision, la Fed indique souhaiter prendre le temps de recueillir les informations nécessaires sur l’état de l’économie américaine avant de décider d’une éventuelle future hausse de taux.
Lors de sa réunion du 29 octobre, le Conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) a également décidé de maintenir son principal taux inchangé, à 2,5 %. Certes, l’inflation en zone euro n’a de cesse d’augmenter ces derniers mois (+2,2 % en août et +3,8 % en septembre), notamment portée par les prix de l’énergie. Toutefois, il ne semble pas encore y avoir d’effet de contagion : il n’y a pas de signe d’augmentation des prix du côté des services depuis un an. Autant d’arguments qui poussent la BCE à ne pas augmenter ses taux… sans pour autant aller jusqu’à les baisser.
Du côté de la Banque d’Angleterre (Bank of England, ou BoE), l’ambiance est différente. Le 5 novembre, la BoE a annoncé relever son taux directeur de 3,75 % à 4 %. C’est une première depuis 2023, et la BoE n’exclut pas une nouvelle hausse de taux en cas de prolongement du conflit qui oppose les États-Unis à l’Iran.
Quelles valeurs bénéficient de cette pause monétaire ?
Cette « pause monétaire », même si elle n’est pas totalement généralisée, bénéficie à trois types de valeurs en bourse :
Les actions de croissance et technologiques pour lesquelles une hausse des taux d’intérêt aurait un impact négatif sur l’actualisation des flux de trésorerie, mais aussi le coût de l’endettement ;
Les entreprises cotées très endettées, qui ont besoin de taux stables ou en baisse afin de maîtriser le coût de leur dette ;
Les titres à dividendes élevés.
Quel impact différencié pour les marchés américains et européens ?
L’impact de ce statu quo n’est pas nécessairement le même sur les marchés financiers de part et d’autre de l’Atlantique. Du côté des États-Unis, la croissance repose en grande partie sur les investissements massifs des entreprises de la Tech ou liées au monde de l’IA. Ces secteurs sont plus sensibles au coût de l’argent à long terme : pour ces entreprises, un relèvement brutal des taux directeurs pourrait avoir un impact significatif.
Du côté de l’Europe, l’impact est un peu plus modéré. Malgré la présence des valeurs du luxe (notamment au sein du CAC 40), l’industrie est également bien présente. L’annonce d’un statu quo pour la BCE n’a pas entraîné de réaction vive et massive. Une réaction prudente qui s’explique notamment par la résurgence du risque politique et les inquiétudes persistantes, en particulier en ce qui concerne les prix de l’énergie.