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L'énigme du « Risque Français » et de sa dette publique

2026-11-04

Pourquoi la France fait-elle figure d’exception malgré une tendance générale à la hausse des taux à travers le monde ? En quoi la France peut-elle être considérée comme plus « à risque » que ses voisins européens ?

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Si vous ne deviez retenir que 2 infos :

  • Le risque politique et l’alourdissement de la dette sont les deux principaux facteurs explicatifs de l’énigme du « Risque Français ».

  • Les banques et les utilities font partie des entreprises les plus exposées en bourse.

À l’automne 2026, le taux d’emprunt à dix ans de la France, appelé OAT (obligation à taux fixe) a franchi la barre des 5% pour la première fois depuis 2002. Le spread, c’est-à-dire l’écart de taux entre la France et l’Allemagne, a avoisiné les 175 points de base. Y aurait-il une spécificité française ?

À quoi tient le « Risque France » ?

En tout cas, certains observateurs n’hésitent pas à parler de « Risque France » ou de « Risque Français » pour désigner les défis auxquels le pays doit faire face : une fragmentation et une polarisation de la vie politique qui se sont accentuées depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 ; une incapacité à faire passer des réformes pourtant jugées indispensables par les institutions financières internationales, comme la réforme des retraites ; ou, plus récemment, la contestation sociale et les risques liés au résultat de l’élection présidentielle de 2027.

L'alourdissement de la dette souveraine française tend les rendements de l'OAT, forçant le marché à anticiper un durcissement de la fiscalité sur les entreprises cotées du CAC 40. Les investisseurs s’attendent à une hausse des prélèvements fiscaux exceptionnels sur les grands groupes, diminuant d’autant les bénéfices qui sont redistribués à travers les dividendes.

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Pourquoi les banques chutent-elles en bourse ?

L'écartement du spread, qui représente la prime de risque demandée par les investisseurs, pèse lourdement sur la valorisation des banques françaises et des entreprises à forte domination domestique.

D’une part, les grandes banques sont jugées plus risquées car elles détiennent de la dette française – et seraient donc très exposées en cas d’hypothétique défaut de la France – et parce que la dégradation des conditions économiques entraînerait un risque accru de défaillance d’entreprises auxquelles elles prêtent.

Toutes ces raisons expliquent le recul marqué des valeurs bancaires françaises. Toutefois, le risque lié à la dette doit être relativisé car les banques portent souvent les créances jusqu’à l’échéance et auraient donc à souffrir dans une moindre mesure d’un éventuel krach obligataire.

Quelles sont les autres entreprises impactées au sein de la cote ?

D’autre part, les entreprises de services aux collectivités (eau, travaux publics…) et les concessionnaires (autoroutes, aéroports…) doivent anticiper d’éventuelles réductions de la commande publique, voire une remise en cause de leur contrats ou concessions.

Autant d’éléments qui contribuent à dégrader la performance relative du CAC 40 face au DAX allemand mais aussi d’autres indices européens. L’Hexagone fait donc face à des fragilités qui lui sont propres… et qu’il doit à tout prix surmonter pour pouvoir rebondir économiquement.

La Rédaction

Publié le 05/11/2026Modifié le 05/11/2026

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