Les stratégies des gestionnaires pour 2026
Jamais deux sans trois ! Lors des millésimes 2023 et 2024, les marchés financiers ont, dans l’ensemble, été bien orientés. Ce qui, en 2025, a de nouveau été le cas. Avec des records à la clé !
Estimant que la tendance haussière des trois dernières années devrait se prolonger, les professionnels se montrent dans l’ensemble confiants. La croissance du PIB planétaire devrait à nouveau être proche de 3 %. La fourchette de progression annuelle des actions va de 5 % (Pictet AM) à 15 % (Goldman Sachs).
« Nous sommes positifs sur l’économie mondiale en 2026, résume dans une synthèse Knut Hellandvisk, responsable des investissements chez DNB AM. Nous prévoyons encore un soutien de la politique monétaire et budgétaire, avec des banques centrales à la manœuvre pour réduire les taux d’intérêt dans la plupart des grandes économies, et des mesures financières aux Etats-Unis, en zone euro et en Chine. De plus, l’augmentation des investissements dans l’IA sera un moteur de croissance. » Secteurs préférés : santé, intelligence artificielle et défense.
La newsletter Bourse et Placements relate la position de Xavier Baraton, chief investment officer chez HSBC AM : « Il faudra s’adapter à un marché moins directionnel. L’exceptionnalisme américain cède le pas à une économie multipolaire. L’absence de visibilité sur les futurs profits issus de l’IA et des valorisations élevées aux Etats-Unis favorisent les actions en Europe et dans les pays émergents, alors que les emprunts d’Etat des pays développés sont fragilisés par l’inflation et les déficits. »
Une prudence offensive
Investir a interrogé sept gérants « actions ». Si les avis divergent sur la tenue de Wall Street, six d’entre eux tablent sur une poursuite de la progression des cours en Europe (décotée de 34 % par rapport aux Etats-Unis), avec un potentiel compris entre 7 % et 15 %. Pour trois d’entre eux, les valeurs moyennes, moins valorisées que les grandes (avec une prévision de croissance des profits deux fois plus élevée), devraient être avantagées par la baisse des taux d’intérêt et de probables OPA (offres publiques d’achat). Thèmes de prédilection : semi-conducteurs, banques, électrification et infrastructures.
« Nous avons touché le point bas économique en Europe, a notamment déclaré Louis Albert, directeur chez Auris Gestion. La mise en place du plan de relance allemand est un élément porteur. » Chez Fidelity International, l’optimisme est également de mise : « Des politiques budgétaire et monétaire accommodantes, ainsi que des bénéfices solides, confirme un expert dans une analyse, nous placent en mode risk-on pour les actions. Les valeurs émergentes semblent attractives. La dépréciation du dollar devrait soutenir les obligations émergentes en devises locales. L’or, les stratégies de performance absolue et les actifs privés [non cotés] devraient apporter une résilience aux portefeuilles. »
Laissons le mot de la fin à Benjamin Melman : « Nous débutons 2026 avec une prudence offensive, indique dans une présentation de ses vues de marché le directeur des investissements d’Edmond de Rothschild AM. Nous privilégions une allocation diversifiée entre actions et obligations. »
