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« Nous adoptons un positionnement plus défensif », entretien avec Olivier Malteste
Si les marchés financiers résistent tant bien que mal, beaucoup d’épargnants n’en sont pas moins dans le brouillard ! Nous avons demandé à Olivier Malteste, directeur des investissements chez Yomoni, d’éclairer notre lanterne.
Quels sont les éléments marquants de ce début d’année ?
Le conflit russo-ukrainien n’est pas terminé. Le Moyen-Orient était récemment au bord de l’embrasement, avec un blocage du détroit d’Ormuz que personne ne semble avoir anticipé. Par ailleurs, les velléités d’appropriation du Groenland de la part de l’administration Trump ne sont pas nécessairement éteintes. Il faudrait encore évoquer les droits de douane.
Dans cet environnement, les investisseurs font preuve d’un relatif sang-froid, alors qu’il y a quelques similitudes avec la situation de 2022. Après la crise sanitaire, il y avait eu un krach obligataire, du fait d’une violente remontée des taux d’intérêt à partir de niveaux extrêmement bas, et ce afin de juguler une inflation galopante. Les actions avaient chuté de 18 %.
Sur les douze premières semaines de 2026, le MSCI All Country World Index perdait moins de 3 %. Le dollar, qui avait baissé de 10 % en 2025, a repris 2 %. Les taux à 10-ans se sont légèrement tendus de chaque côté de l’Atlantique, atteignant 3,4 % en zone euro et 4,3 % aux Etats-Unis.
Comment entrevoyez-vous le moyen terme ?
L’ampleur et la durée du conflit au Moyen-Orient sont des inconnues. Si la guerre se prolonge en Iran, la croissance mondiale passera sous la barre des 3 %. La flambée des prix de l’énergie pourrait faire repartir l’inflation. Les banques centrales cesseraient de réduire leurs taux directeurs.
Une augmentation des taux pèserait sur le financement de la croissance, mais les trésoreries pléthoriques de certaines entreprises (Apple en tête, avec près de 80 milliards de dollars !) seraient mieux rémunérées. Cela dit, il existe aussi des forces désinflationnistes (IA, importations chinoises…). Et l’environnement est très différent de 2022.
De quoi un portefeuille « idéal » serait-il composé ?
Une allocation d’actifs, par prudence, devrait aujourd’hui être plus défensive. Avec des pondérations qui varieront en fonction de l’évolution du contexte international, mais qui dépendent également de son horizon de placement et de son degré d’aversion au risque. S’agissant d’un profil « modéré » (n° 6 sur les 10 que compte l’offre de Yomoni), un portefeuille équilibré pourrait comprendre 45 % d’actions, 45 % d’obligations et 10 % de monétaire.
Dans la poche actions, nous surpondérerions les Etats-Unis, en raison d’un meilleur potentiel haussier. Nous sous-pondérerions les valeurs cotées en Europe et sur les places émergentes qui, pour la plupart, s’étaient bien comportées avant le début de la guerre en Iran, le 28 février dernier. Dans la poche obligations, nous nous porterions sur un large choix d’emprunts d’Etat (dettes souveraines) et d’entreprise (dettes privées).
Une sélection d’une quinzaine d’ETF en portefeuille peut indirectement permettre de détenir plus de 7.000 lignes sous-jacentes ! A titre d’exemples, citons les ETF Invesco MSCI USA et Amundi Smart Overnight Return.
