Aller au contenu principal
Se connecter

BforMag

Temps de lecture

3 min

Pourquoi les marchés européens sont-ils à la traîne de Wall Street ? 

2026-10-20

Composition des indices, risque pays, profil de l’économie : découvrez les raisons de cet écart de performance.

Si vous ne deviez retenir que 2 infos : 

  • Les indices européens sont pénalisés par le poids du luxe et de l’industrie, tandis que les US profitent des investissements dans l’IA. 

  • Il est essentiel de maintenir une bonne diversification géographique. 

Alors que Wall Street enchaîne les records, les marchés européens semblent à la traîne. L’indice européen Euro Stoxx 50 affiche une progression de +7 % environ depuis le 1er janvier 2026, tandis que la performance du S&P 500 est de l’ordre de +12 % et celle du Nasdaq Composite de +12,5 % environ. La comparaison avec le marché français est encore plus cruelle : l’indice CAC 40, qui rassemble les quarante plus grandes valeurs de la cote hexagonale, est en baisse de -2,4 % depuis le début de l’année. 

Quel est l’influence de la composition des indices ? 

Alors, comment l’expliquer ? Il faut d’abord regarder du côté de la composition des indices de part et d’autre de l’Atlantique. Aux États-Unis, ce sont avant tout les entreprises de la tech qui ont tiré la croissance des marchés grâce à leurs investissements massifs dans les infrastructures de calcul et l’intelligence artificielle (IA).  

L’économie européenne, en revanche, est beaucoup plus orientée vers l’industrie et la consommation. Certes, il existe bien quelques valeurs qui bénéficient de l’engouement pour l’IA. Au sein du CAC 40, Schneider Electric et Legrand profitent des développements de nouveaux data centers, et STMicroelectronics des achats de semi-conducteurs. Les tensions sur les prix du pétrole bénéficient aussi aux énergéticiens comme TotalEnergies.  

Mais le poids du luxe pénalise l’indice phare français. Même en tenant compte du recul de LVMH, Hermès ou encore Kering, on peut estimer la part des valeurs du luxe dans le CAC 40 à 15 % environ. Le conflit en Iran et le ralentissement de la demande chinoise pèsent sur les valorisations des grands groupes de luxe positionnés sur la consommation discrétionnaire, c’est-à-dire la vente de biens non essentiels au quotidien. 

Pourquoi tenir compte aussi des spécificités de chaque zone ? 

Ce n’est pas tout : il faut aussi tenir compte des spécificités de chaque zone géographique. Par exemple, les banques profitent généralement de la remontée des taux comme c’est le cas actuellement. Or, les grandes banques françaises baissent en bourse. Pourquoi ? Tout simplement parce que les grands groupes bancaires sont acheteurs de dette française et qu’un hypothétique défaut de la part de l’État français, même partiel, pourrait les pénaliser fortement. Une économie qui va moins bien signifie également davantage de défaillances d’entreprises : là encore, les grandes banques seraient perdantes.   

L’élection présidentielle de 2027 contribue également à renforcer le risque politique (risques de nationalisations, barrières protectionnistes…).  

Les différentiels de performance d’une zone à l’autre sont-ils une fatalité ? 

Un écart ne dure pas forcément, et les leaders changent avec le temps. Au début de l’année 2026, on avait ainsi observé un réel dynamisme sur les marchés européens. Les marchés financiers en Europe avaient bénéficié d’un mouvement de rotation géographique en provenance des États-Unis et de publications d’entreprises favorables. 

Il est impossible de prédire avec l’exactitude l’évolution des marchés dans le futur. D’où l’importante de bien diversifier son portefeuille entre les secteurs, entre les valeurs mais aussi entre les zones géographiques.  

Brahim Issad

Publié le 21/10/2026Modifié le 21/10/2026

Nos derniers articles