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Quel bilan pour l'économie française au 2e trimestre ?
Entre reprise de l’inflation, recul du pouvoir d’achat et regain du chômage, l’économie française se prépare à affronter des vents contraires. C’est du moins ce qui ressort des derniers chiffres présentés par l’Insee.
Si vous ne deviez retenir que 2 infos :
La croissance française est en repli au 2e trimestre.
Pourtant, il est encore trop tôt pour parler de récession en France en 2026.
Alors que l’Insee anticipait un rebond de l’économie française, à +0,1 % au 1er trimestre 2026, la croissance s’affiche finalement en repli de -0,2 % sur la période.
Des prévisions révisées pour tenir compte de l’effet canicule
C’est donc la douche froide pour les prévisionnistes, qui anticipaient un léger mieux pour le produit intérieur brut (PIB) hexagonal. En cause, les épisodes de canicule et de sécheresse à répétition. La baisse des rendements agricoles et le coup de frein sur l’activité touristique qu’ils occasionnent se traduit par une sérieuse réduction de l’activité.
Pour expliquer ces variations, l’Insee invoque également les « prix dans les services marchands qui n’étaient pas intégralement connus fin juillet et qui se sont avérés plus dynamiques qu’anticipés, en particulier dans les services de transports ».
Quant au 2e trimestre, le constat est à peu près le même avec un PIB stable (0,0 %) alors que l’estimation initiale entrevoyait une légère croissance de +0,2 %.
Une consommation au point mort
Du côté de la consommation, les chiffres sont également moins bons qu’espéré. Selon l’Insee, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages en euros est en recul de -0,5 % ai 2e trimestre, après -0,1 % au 1er trimestre. Une conséquence de la hausse des prix, alors que prix de la consommation des ménages accélère.
Ces chiffres n’intègrent pas les épisodes caniculaires du mois d’août, ni ceux qui pourraient survenir au mois de septembre. Les perspectives économiques de la France pourraient donc encore continuer de s’assombrir, d’autant que l’élection présidentielle à venir commence déjà de se traduire par des tensions sur le marché obligataire.
Quelles perspectives pour l’économie française à l’automne ?
Alors, faut-il en conclure dès à présent que l’Hexagone est voué à la récession ? La réponse est non. Pourquoi ? D’abord, pour des raisons techniques : la récession se définit par deux trimestres consécutifs de croissance négative. Or, le PIB est resté stable au 2e trimestre. Ensuite, parce que nul ne sait quand prendront fin le conflit en Iran ni le blocage du détroit d’Ormuz. Or, toute embellie sur le plan géopolitique mondial pourrait conduire à une détente des prix de l’énergie… avec un impact positif sur le pouvoir d’achat des ménages.
Déjà, l’économie française semble déjà faire preuve d’une certaine résilience. Les hausses du prix des matières premières et des prix de vente se sont atténuées en juillet. Et la dernière enquête de conjoncture de la Banque de France apporte des raisons d’espérer : « Pour août, les chefs d’entreprise anticipent une accélération de l’activité dans les trois grands secteurs. Ainsi, la production industrielle progresserait dans l’ensemble des branches, tandis que le bâtiment bénéficierait d’un rebond du gros œuvre. » Seuls les services marchands devraient voir une progression plus modérée.


