Réouverture d'Ormuz : quelles valeurs vont en profiter ?
Les biens de consommation et le luxe pourraient rebondir en cas de baisse des tensions au Moyen-Orient. A l'inverse, les valeurs énergétiques devraient refluer.
Si vous ne deviez retenir que 3 infos :
Les valeurs du luxe, de l’aérien et du tourisme devraient bénéficier de la réouverture.
À l’inverse, les valeurs énergétiques devraient reculer après avoir fortement progressé.
De nombreuses incertitudes demeurent et l’impact sur les taux demeure indéterminé à ce stade.
L’accord signé le 18 juin dernier entre les États-Unis et l’Iran, au château de Versailles, contient plusieurs points clés. Parmi eux, la réouverture du fameux détroit d’Ormuz pendant 60 jours. Soit la durée que se sont fixée les deux parties pour parvenir à un accord plus global. Quel impact pour la Bourse ?
Les « gagnants » de la réouverture
La réouverture de cette voie maritime essentielle pour le commerce mondial devrait faire plusieurs « gagnants ». Avec des guillemets car les retournements de situation peuvent être nombreux.
Les valeurs du luxe et de la consommation discrétionnaire (par opposition aux biens de consommation courante) devraient globalement bénéficier d’un retour au calme dans la région du Moyen-Orient. Avec les États-Unis et l’Asie, cette zone constitue en effet un marché important pour les grandes maisons de luxe. Compte tenu du poids de ces valeurs dans l’indice CAC 40, cela devrait, toutes égales par ailleurs, être positif pour l’indice boursier hexagonal.
Un apaisement des tensions international devrait également avoir du bon pour les valeurs de l’aérien et de l’hôtellerie. Le tourisme international est en effet très dépendant de la situation géopolitique mondiale et des éventuelles restrictions de circulation.
Quelques « perdants »
Inversement, les valeurs pétrolières devraient voir leur cours reculer, après avoir fortement progressé au cours des dernières semaines. La réouverture du détroit va permettre, de façon très progressive, de faire passer les navires pétroliers qui y étaient bloqués. Les valeurs énergétiques devraient ainsi pâtir de ce retour à une situation plus stable.
Pour autant, le retour à la normale sera lent notamment du fait de la destruction de nombreuses infrastructures pétrolières au cours du conflit en Iran. Il faut également tenir compte des difficultés techniques et logistiques liées à la réouverture d’Ormuz. Environ 500 navires stationnent à l’ouest du passage et le déminage de la zone est essentiel à la reprise d’un trafic normal.
Quelles conséquences au plan global ?
Plus globalement, la réouverture du détroit d’Ormuz pourrait avoir de nombreux effets sur l’économie mondiale.
Tout d’abord, il est important de rappeler que toutes les incertitudes ne sont pas levées. « À ce stade, l’accord réduit la probabilité d’un choc énergétique plus important, sans lever l’ensemble des incertitudes pesant sur l’équilibre pétrolier. », peut-on lire dans une note de la Direction Générale du Trésor.
Par ailleurs, si les cours du pétrole et du gaz refluent, l’inflation pourrait elle-aussi reculer. Les banques centrales pourraient alors décider de ne pas relever leurs taux, voire de les baisser. « Pour les marchés, l’enjeu des prochaines semaines sera donc de déterminer si la baisse actuelle correspond à une normalisation ordonnée, ou à un ajustement excessif face à un afflux temporaire de volumes. », résume la Direction Générale du Trésor.
