En bref :
Le Livret d’épargne populaire, plus connu sous le sigle LEP, est sans doute le livret d’épargne réglementé le plus avantageux pour les épargnants aux revenus modestes. Souvent moins médiatisé que le célèbre Livret A, le LEP mérite pourtant toute votre attention si vous remplissez les conditions pour l’ouvrir. Qui ne rêverait pas d’un placement sans risque rapportant jusqu’à 6 % net d’impôts, comme ce fut le cas en 2023 ? Même si les taux ont baissé depuis, le LEP reste aujourd’hui le livret défiscalisé le mieux rémunéré du marché, largement en tête devant le Livret A. Dans cet article au ton conversationnel, émaillé d’exemples concrets, nous vous expliquons tout ce qu’il faut savoir sur le LEP : son fonctionnement, ses conditions d’accès, son taux d’intérêt, comment l’utiliser au mieux et comment il se compare aux autres produits d’épargne.
Qu’est-ce que le Livret d’épargne populaire (LEP) ?
Le LEP est un livret d’épargne réglementé par l’État au même titre que le Livret A ou le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire). Créé en 1982 pour aider les ménages modestes à épargner, il permet de mettre de l’argent de côté sans risque et sans fiscalité, tout en offrant une rémunération supérieure aux autres livrets classiques. En clair, l’argent déposé sur un LEP est garanti (vous ne pouvez pas le perdre) et les intérêts versés sont entièrement nets d’impôts et de prélèvements sociaux. Le LEP a longtemps été méconnu ou boudé, mais il connaît un regain d’intérêt depuis la récente hausse des taux : il s’est affirmé comme l’épargne liquide la plus rentable pour ceux qui peuvent en profiter.
Exemple concret : Imaginons que vous disposiez de 5 000 € d’économies. Placés sur un LEP en 2023 au taux de 6 %, ces 5 000 € vous rapportaient 300 € d’intérêts en un an, nets d’impôts. À titre de comparaison, la même somme sur un Livret A à 3 % n’aurait rapporté que 150 € sur un an. La différence est significative ! Certes, le taux du LEP a depuis diminué, mais il reste supérieur à l’inflation et au taux du Livret A, ce qui en fait toujours un choix très intéressant pour votre épargne de précaution.
Qui peut ouvrir un LEP ? – Les conditions d’éligibilité
Le LEP est réservé aux contribuables résidant en France (foyer fiscal en France métropolitaine ou en Outre-mer) ayant des revenus modestes. Concrètement, pour ouvrir un LEP, votre revenu fiscal de référence (RFR) de l’avant-dernière année (N-2) ou de la dernière année (N-1) doit être inférieur à un certain plafond, qui dépend de votre situation familiale. Ces plafonds de revenus sont révisés chaque année au 1ᵉʳ janvier, en général indexés sur l’inflation, et ils sont plus élevés pour les foyers avec personnes à charge (demi-parts fiscales supplémentaires) ainsi que pour les résidents d’Outre-mer (plafonds spécifiques plus hauts).
Pour une personne seule (1 part fiscale) en France métropolitaine, le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 22 823 € si l’on se base sur les plafonds 2025 (revenus de 2023). Cela correspond à peu près à un salaire mensuel net d’environ 1 800 €.
Pour un couple sans enfants (2 parts), le plafond de revenus est de 35 013 € de revenu fiscal cumulé. Par exemple, deux conjoints gagnant chacun autour de 1 500 € nets par mois seraient encore éligibles au LEP.
Ajouts pour les enfants à charge : chaque demi-part fiscale supplémentaire (par exemple un enfant) augmente le plafond d’environ 6 095 €. Ainsi, un couple avec deux enfants (3 parts fiscales) peut avoir un RFR allant jusqu’à ~47 203 € tout en restant éligible.
Bon à savoir : Les limites ci-dessus s’appliquent en métropole. Les résidents des départements d’Outre-mer bénéficient de plafonds plus élevés pour tenir compte du coût de la vie local (par exemple, le plafond pour une personne seule est supérieur en Guyane ou à La Réunion). Si vous êtes concerné, vous trouverez ces chiffres spécifiques sur le site officiel Service-public.fr.
Faut-il fournir son avis d’imposition pour prouver son éligibilité ? Bonne nouvelle, les démarches se sont grandement simplifiées ces dernières années. Depuis 2021, les banques peuvent interroger directement l’administration fiscale pour vérifier si vous respectez les conditions de revenus, avec votre consentement. En pratique, lors de l’ouverture, votre banque vous demandera souvent votre dernier avis d’imposition, mais elle pourra aussi se charger de la vérification automatiquement. Par ailleurs, chaque année, votre banque vérifiera que vous restez dans les clous : si vos revenus dépassent le plafond une année, vous pouvez conserver le LEP l’année suivante si vos revenus repassent en dessous de la limite. En revanche, si vous dépassez le plafond deux années de suite, la banque devra clôturer votre LEP (généralement d’office au 31 mars de la deuxième année suivant le dépassement).
Exemple d’éligibilité : Julie est célibataire sans enfant, avec un revenu fiscal de référence de 20 000 € en 2023 (indiqué sur son avis d’imposition reçu en 2024). Ce montant est inférieur au plafond de 22 823 € pour une part fiscale en 2025, donc Julie peut ouvrir un LEP en 2025 sans problème. Son ami Marc, lui, a un RFR de 25 000 € en tant que célibataire : il dépasse le plafond et n’est pas éligible au LEP, il devra donc se tourner vers d’autres placements comme le Livret A ou l’assurance-vie.
Combien de LEP par personne ? On ne peut détenir qu’un seul LEP par personne, dans la limite de deux LEP par foyer fiscal (par exemple, un pour chacun des deux conjoints). Il n’est pas possible d’en ouvrir un au nom de vos enfants mineurs ou d’une personne rattachée à votre foyer fiscal : chaque titulaire doit être imposé séparément sur un avis d’imposition distinct (il faut donc être majeur et fiscalement indépendant pour en bénéficier).
Fonctionnement du LEP – dépôts, retraits et gestion du compte
Le Livret d’épargne populaire fonctionne de manière très semblable aux autres livrets réglementés, avec quelques particularités liées à son public cible. Voici les points clés sur son fonctionnement au quotidien :
Ouverture et dépôt initial : Vous pouvez ouvrir un LEP dans la plupart des banques traditionnelles (banques ayant passé une convention avec la Caisse des Dépôts). L’ouverture nécessite un dépôt initial minimum de 30 €. Bon à savoir : de nombreuses banques en ligne ne proposent pas le LEP dans leur catalogue, car cela implique de vérifier les revenus du client. Si vous gérez vos finances via une banque en ligne et que vous êtes éligible au LEP, vous devrez peut-être vous tourner vers une banque physique (banque de réseau) pour ouvrir ce livret.
Versements libres : Une fois le compte ouvert, vous alimentez votre LEP quand vous voulez et du montant que vous voulez (dans les limites du plafond). Il n’y a pas d’obligation de versement régulier. Le minimum par opération est généralement de 10 € seulement, que ce soit par virement, par chèque ou en espèces. Vous pouvez ainsi épargner à votre rythme, en déposant par exemple un petit montant chaque mois dès que vous avez un excédent sur votre compte courant.
Retraits libres et disponibles : L’argent placé sur un LEP reste disponible à tout moment. Vous pouvez effectuer des retraits quand bon vous semble, sans pénalité, à condition de ne pas vider le compte au-delà de 0 € (un livret ne peut pas être débiteur). Le LEP est donc une excellente épargne de précaution, puisque vous pouvez piocher dedans en cas de coup dur ou de dépense imprévue, tout en continuant à générer des intérêts tant que l’argent y reste. Les retraits se font par virement vers votre compte courant, par retrait au guichet, et certaines banques proposent même une carte de retrait liée au livret pour retirer aux distributeurs de leur réseau.
Plafond de dépôt : Le plafond du LEP est de 10 000 € de versements cumulatifs. Autrement dit, vous ne pouvez pas déposer plus de 10 000 € sur le livret (hors intérêts). Ce plafond a d’ailleurs été rehaussé récemment : il était longtemps fixé à 7 700 €, mais a été porté à 10 000 € depuis le 1ᵉʳ octobre 2023 pour permettre aux épargnants d’y déposer davantage. À ce maximum de 10 000 € s’ajoutent les intérêts capitalisés chaque année : ceux-ci peuvent faire dépasser le solde au-delà du plafond sans problème. Une fois le plafond atteint par vos versements, plus aucun dépôt n’est accepté (tout versement excédentaire serait rejeté par la banque), mais le livret continue de produire des intérêts sur la somme maximale.
Calcul et versement des intérêts : Comme pour le Livret A, les intérêts du LEP sont calculés par quinzaine (le 1ᵉʳ et le 16 de chaque mois). Pour optimiser vos intérêts, il vaut mieux effectuer vos dépôts juste avant le début d’une quinzaine (par exemple le 30 ou 31 du mois pour que ça compte dès le 1ᵉʳ) et vos retraits juste après la fin d’une quinzaine (par exemple le 16 ou 17 du mois). Les intérêts acquis sur l’année sont versés le 31 décembre et viennent s’ajouter au capital sur le livret. Ils seront eux-mêmes productifs d’intérêts les années suivantes (“intérêts composés”), sauf si le livret a atteint son plafond de dépôts, bien entendu.
Frais et taxation : Aucuns frais bancaires ne sont facturés sur les opérations du LEP (pas de frais d’ouverture, de gestion ou de clôture : c’est gratuit, comme pour tous les livrets réglementés). De plus, on l’a déjà souligné mais c’est important : les intérêts du LEP sont défiscalisés, c’est-à-dire exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Ce que vous gagnez est donc net dans votre poche.
Garantie des dépôts : Le LEP est un placement sans risque de perte en capital. En cas de faillite de votre banque (événement rarissime), votre épargne est protégée par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR), qui couvre jusqu’à 100 000 € par personne et par banque sur l’ensemble des dépôts bancaires. Avec un plafond à 10 000 €, votre LEP est donc intégralement garanti.
Clôture et transfert : Vous pouvez clôturer votre LEP à tout moment, sans frais, si vous n’en avez plus l’utilité. Si vous changez de banque, il est possible de transférer votre LEP vers le nouvel établissement (la fermeture/ouverture doit être coordonnée, et certaines banques facturent des frais de transfert). Sachez enfin que si un LEP reste inactif de longues années, la banque peut le clôturer et transférer les fonds à la Caisse des Dépôts. Vous pourriez alors les récupérer via le site Ciclade.fr, qui recense les comptes bancaires et livrets oubliés. Mieux vaut donc garder un œil sur votre épargne !
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Le taux de rémunération du LEP est fixé par l’État, et ajusté périodiquement (généralement deux fois par an, le 1ᵉʳ février et le 1ᵉʳ août, comme pour le Livret A). Son évolution suit de près celle de l’inflation, car c’est précisément l’objectif du LEP : aider les épargnants modestes à maintenir leur pouvoir d’achat malgré la hausse des prix. En pratique, le taux du LEP est déterminé par une formule prenant en compte l’inflation, et il est toujours supérieur ou égal à celui du Livret A sur la même période. Lors des révisions, le gouvernement peut aussi décider de donner un “coup de pouce” supplémentaire ou de lisser les variations. Cela a été le cas ces dernières années, avec des taux exceptionnellement élevés pendant la flambée inflationniste de 2022-2023, suivis de baisses importantes ensuite.
Année 2022 : le LEP a connu une première forte hausse, passant de 2,2 % en début d’année à 4,6 % dès le 1ᵉʳ août 2022, profitant de l’envolée de l’inflation.
Février 2023 : nouveau bond, le taux du LEP grimpe à 6,1 % au 1ᵉʳ février 2023, son plus haut niveau historique, soit le double du taux du Livret A à ce moment-là. Avec plus de 6 % nets, le LEP devenait extrêmement rémunérateur pour de l’épargne garantie.
Août 2023 : l’inflation montrant des signes d’accalmie, le taux est légèrement réduit à 6 %. Ce chiffre est resté plus élevé que ce que la formule purement mathématique aurait donné (5,6 %), le gouvernement ayant choisi de limiter la baisse pour continuer à attirer les épargnants vers le LEP. À cette date, le Livret A était maintenu à 3 %, ce qui rendait le LEP deux fois plus rentable.
Début 2024 : face à la décrue de l’inflation, le taux du LEP est finalement ramené à 5 % au 1ᵉʳ février 2024. Il reste malgré tout supérieur à l’inflation observée fin 2023 (autour de 4 %) et reste le meilleur taux des livrets défiscalisés.
Mi-2024 : nouvelle révision en été : le taux du LEP chute à 4 % au 1ᵉʳ août 2024, accompagnant le ralentissement marqué de l’inflation (qui retombe à 1,8 % sur un an fin 2024).
Février 2025 : le taux du LEP est fixé à 3,5 % à compter du 1ᵉʳ février 2025, alors que le Livret A tombe à 2,4 % à la même date. L’écart entre les deux reste d’environ 1,1 point en faveur du LEP.
Août 2025 : nouvelle baisse, le LEP passe à 2,7 % au 1ᵉʳ août 2025. Parallèlement, le Livret A est abaissé autour de 2 % (très probablement 2,0 %, bien que l’arrondi officiel du Livret A ne soit pas cité ici).
Prévision 2026 : il est déjà annoncé qu’au 1ᵉʳ février 2026, le taux du LEP sera encore abaissé à 2,5 %, si l’inflation reste contenue. Le Livret A, lui, tomberait à 1,5 % à la même échéance. Ces niveaux plus modestes restent cohérents avec une inflation redevenue faible (aux alentours de 2 % l’an). Même à 2,5 %, rappelons que le LEP sera encore le livret réglementé le mieux rémunéré, devant le Livret A et le LDDS à 1,5 %.
En résumé, le taux du LEP évolue dans le temps : il a été très haut en 2022-2023 (période inflationniste), puis a baissé graduellement jusqu’à revenir à des niveaux plus “normaux” en 2025-2026. Quel que soit le contexte, il surperforme toujours le Livret A d’au moins quelques dizaines de points de base, ce qui garantit aux épargnants modestes la meilleure rémunération possible pour de l’épargne de court terme sans risque. Et bien sûr, l’ensemble des intérêts perçus sur le LEP sont nets d’impôts, ce qui équivaut à un rendement brut encore plus élevé si on compare à un placement fiscalisé.
Exemple chiffré : Sur l’année 2023, un épargnant qui avait en moyenne 10 000 € sur son LEP a touché 600 € d’intérêts (à 6 %) alors qu’avec un Livret A plafonné à 3 %, il n’aurait eu que 300 €. En 2025, avec un LEP à 3,5 %, 10 000 € génèrent 350 € d’intérêts par an, contre 240 € sur un Livret A à 2,4 %. L’avantage LEP est donc de 110 € par an dans ce cas. Ce différentiel peut sembler moins spectaculaire qu’en 2023, mais 110 € de gain supplémentaire, c’est toujours ça de pris pour améliorer vos fins de mois, d’autant que le LEP ne vous coûte rien et ne requiert aucun effort une fois ouvert. Pour les ménages les plus fragiles, c’est un vrai coup de pouce pour conserver un peu de pouvoir d’achat.
Combien peut vous rapporter un LEP ? – Cas pratiques
Pour bien illustrer l’intérêt du LEP, parlons euros sonnants et trébuchants. Voici quelques cas pratiques de rendement du LEP, basés sur les taux en vigueur ou récents. Cela vous permettra de voir concrètement combien votre épargne peut vous rapporter avec ce livret.
Petite épargne (1 000 € déposés) : Avec un taux de 5 % par exemple (taux en vigueur début 2024), 1 000 € sur un LEP génèrent 50 € d’intérêts par an. À 6 %, ce même montant rapportait 60 € annuels. Si le taux baisse à 2,5 %, l’intérêt annuel ne sera plus que de 25 €. Ce sont de petits montants, mais retenez que sur un Livret A à 2 %–3 %, vous n’auriez eu que 20 € à 30 € d’intérêts, soit quasiment la moitié moins. Chaque euro placé sur le LEP “travaille” donc plus pour vous que sur n’importe quel autre livret liquide.
Épargne moyenne (environ 6 500 € déposés) : D’après la Banque de France, l’encours moyen par LEP était d’environ 6 579 € fin 2024. Imaginons que vous ayez 7 000 € sur votre LEP. Au taux de 3,5 % (début 2025), cela produit 245 € d’intérêts par an. Sur six mois, cela fait environ 122 € (pour comparer sur une période précise). Au taux précédent de 4 %, ces 7 000 € rapportaient 280 € par an (140 € sur six mois). La baisse de taux a donc un impact de l’ordre de quelques dizaines d’euros sur le semestre. Sur Livret A à 2,4 %, 7 000 € ne donnent que 168 € par an, on voit donc bien l’écart.
Livret au plafond (10 000 € déposés) : C’est le cas optimal, celui de l’épargnant qui a maximisé son LEP. – Situation 2023 : à 6 %, 10 000 € produisaient 600 € d’intérêts en un an. – Situation début 2024 : à 5 %, le même capital donne 500 € par an. – Situation mi-2025 : à 2,7 %, on tombe à 270 € par an. – Situation attendue 2026 : à 2,5 %, ce sera 250 € par an. En comparaison, 10 000 € sur un Livret A à 1,5 % rapporteraient seulement 150 € en 2026. Sur un LDDS au même taux que le Livret A, pareil : 150 €. On voit qu’un LEP au plafond en 2026 donnera encore 100 € de plus par an que ces autres livrets. Sur des petits budgets, 100 € ce n’est pas négligeable (c’est par exemple le coût moyen d’une facture d’électricité mensuelle, ou de quoi faire quelques courses).
En bref, dès que vous êtes éligible, il est presque toujours judicieux de prioriser le LEP pour votre épargne de précaution, car c’est là que vos économies rapporteront le plus. Même si son taux baisse en 2025-2026, il continue de surclasser l’épargne réglementée standard.
Astuce : n’oubliez pas que les intérêts du LEP sont calculés par quinzaine. Pour maximiser vos gains, essayez de laisser votre argent sur le livret sur des périodes pleines de quinzaines. Par exemple, si vous envisagez un retrait important, attendez idéalement le 1er ou le 16 du mois juste après que les intérêts de la quinzaine précédente ont été calculés, afin de ne pas “casser” une quinzaine en cours. Inversement, pour un dépôt, faites-le plutôt juste avant le début d’une quinzaine (par exemple le 30 du mois) pour qu’il soit pris en compte sans attendre.
Comparaison avec les autres produits d’épargne : Livret A, LDDS, etc.
Il est intéressant de situer le LEP par rapport aux autres livrets réglementés et aux produits d’épargne disponibles, afin de voir dans quels cas il est le plus pertinent. Voici un comparatif entre le LEP et ses principaux “concurrents” ou compléments :
Livret A : C’est le livret préféré des Français, ouvert par plus de 58 millions de personnes, sans conditions de revenus. Son plafond de dépôt est de 22 950 €, beaucoup plus élevé que celui du LEP, mais en contrepartie son taux est plus faible. Début 2025, le Livret A était à 2,4 %, et en 2026 il tombe à 1,5 %. Il offre la même sécurité et défiscalisation que le LEP. Que choisir ? Si vous avez droit au LEP, il est toujours plus rémunérateur d’utiliser d’abord votre plafond de LEP avant de mettre de l’argent sur un Livret A. Le Livret A servira ensuite de complément pour placer le surplus si votre LEP est plein ou si vous n’êtes pas éligible au LEP.
LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) : Son fonctionnement est quasiment identique à celui du Livret A (mêmes taux, même fiscalité nulle). Le LDDS est disponible pour toute personne majeure domiciliée fiscalement en France (une seule condition : avoir son propre foyer fiscal, donc pas pour les enfants rattachés) et son plafond est de 12 000 €. Il sert souvent de second livret pour le conjoint, ou de complément quand le Livret A est plein. Le taux du LDDS est strictement le même que celui du Livret A (1,5 % en 2026). Que choisir ? Là encore, si vous avez un LEP, celui-ci doit être rempli en priorité car son rendement est bien supérieur (actuellement environ le double du Livret A/LDDS). Ensuite, si vous avez épuisé le LEP, vous pouvez utiliser Livret A et LDDS pour compléter (au total jusqu’à 22 950 € + 12 000 € + 10 000 € = 44 950 € d’épargne liquide défiscalisée disponible par couple éligible au LEP, voire davantage si on compte deux Livrets A par famille avec enfants).
Livret Jeune : Si vous avez entre 12 et 25 ans, ce livret spécifique peut être intéressant. Il est plafonné à 1 600 € seulement et chaque banque fixe son taux (au minimum égal à celui du Livret A). Plusieurs banques offrent des taux attractifs sur le Livret Jeune (souvent autour de 4 % récemment) pour attirer les jeunes clients. Que choisir ? Le Livret Jeune peut coexister avec un LEP si vous y avez droit (par exemple un étudiant salarié modeste pourrait avoir les deux). Il est judicieux de profiter du Livret Jeune jusqu’à 25 ans à cause de son taux souvent supérieur, puis de transférer l’épargne vers un LEP/Livret A ensuite.
PEL (Plan Épargne Logement) : Ce n’est pas un livret liquide (les fonds sont bloqués pour bénéficier du taux), mais on le mentionne souvent parmi les produits d’épargne. Le PEL ouvert depuis 2023 offre un taux autour de 2 % brut, soit ~1,4 % net après prélèvements sociaux, et il est plafonné à 61 200 € de dépôts. Son intérêt principal réside dans la possibilité d’un prêt immobilier bonifié et d’une prime d’État (pour les anciens PEL, car pour les nouveaux cette prime a disparu). Que choisir ? Le PEL ne concurrence pas directement le LEP car son argent est immobilisé (pas de retrait partiel sans clôture) et le taux est moins bon une fois la fiscalité prise en compte, sauf pour les PEL ouverts il y a longtemps. On peut toutefois avoir un PEL en parallèle pour préparer un achat immobilier, mais pour l’épargne de précaution ou l’argent qui doit rester disponible, le LEP est bien plus adapté.
Comptes à terme et “super livrets” bancaires : Certaines banques proposent des comptes à terme (dépôts bloqués sur une durée définie) ou des livrets promo (non réglementés) avec des taux d’appel élevés sur quelques mois. Par exemple, on a pu voir des offres de “super livret” à 3 % ou plus pendant 3 mois, imposables. Que choisir ? Ces produits peuvent ponctuellement doper votre rendement, mais ils sont souvent limités dans le temps et soumis à l’impôt (30 % de flat tax sur les intérêts). Par comparaison, le LEP vous garantit un taux connu, pérenne sur les semestres à venir, et net d’impôts. Pour un court terme sans risque, le LEP est généralement plus avantageux dès que vous êtes éligible, sauf offre promotionnelle très ponctuelle. Rien ne vous empêche néanmoins de profiter d’un super livret en complément si vous avez déjà maximisé votre LEP et Livret A/LDDS.
Assurance-vie (fonds en euros) : L’assurance-vie n’est pas un produit d’épargne liquide (on investit sur le long terme, avec une fiscalité allégée après 8 ans). Cependant, les fonds euros des assurances-vie offrent une sécurité en capital et ont servi en moyenne des rendements autour de 2 % à 3,5 % en 2023-2024. Les meilleurs contrats atteignent ~3,5 % en 2024 sur le fonds garanti, soit un niveau comparable au LEP 2025. Avantage : on peut déposer beaucoup plus (pas de plafond) et après 8 ans, les intérêts bénéficient d’un abattement fiscal. Que choisir ? Si votre horizon est moyen-long terme et que vous cherchez à investir au-delà du plafond du LEP, l’assurance-vie est une alternative intéressante une fois que vos livrets réglementés sont pleins. Elle vous permet en plus d’accéder à des unités de compte (actions, obligations) pour booster le rendement, au prix d’un risque.
Plan Épargne Retraite (PER) : Le PER est un produit d’épargne retraite bloqué jusqu’à la retraite (sauf exceptions). Il n’est pas comparable en termes de liquidité, mais il offre une déduction fiscale à l’entrée (les sommes versées peuvent être déduites de votre revenu imposable). Le PER est investi sur des supports qui peuvent rapporter plus que les livrets sur la durée (fonds euros, unités de compte). Que choisir ? Le PER s’envisage après avoir constitué votre épargne de précaution (LEP/Livret A) car l’argent n’est pas disponible avant longtemps. Il peut compléter votre stratégie pour préparer l’avenir, mais ne remplace pas un LEP.
En synthèse, le LEP n’a pas vraiment d’équivalent exact sur le marché, grâce à son taux supérieur et sa défiscalisation, à condition d’y avoir droit. Pour l’épargne de court terme sans risque, le trio LEP + Livret A + LDDS couvrira la majorité des besoins : commencez par remplir le LEP (jusqu’à 10 000 €) puis orientez l’excédent vers le Livret A (jusqu’à 22 950 €) et le LDDS (jusqu’à 12 000 €). Ces livrets réglementés sont 100 % liquides, sans frais et sans impôts, ce qui est imbattable pour votre trésorerie. Si vous avez la chance d’avoir encore plus d’épargne ou des projets à plus long terme, alors oui, il faudra songer à des placements comme l’assurance-vie, le PER, le PEA, l’immobilier locatif, etc., qui comportent plus de risques ou de contraintes mais offrent potentiellement de meilleurs rendements sur la durée.
LEP : un atout pour les épargnants modestes, à ne pas oublier
Malgré ses avantages indéniables, le LEP est parfois oublié ou méconnu d’une partie du public. D’après la Banque de France et le ministère des Finances, seule la moitié environ des Français éligibles ont effectivement ouvert un LEP – en 2023, on comptait moins de 10 millions de LEP ouverts pour près de 18 millions de personnes éligibles. Autrement dit, des millions de foyers modestes passent encore à côté de ce coup de pouce pour leur épargne, alors qu’ils pourraient en bénéficier facilement. Les pouvoirs publics ont d’ailleurs encouragé les banques à mieux faire connaître le LEP : désormais une simple vérification automatisée peut dire à votre banquier si vous y avez droit. N’hésitez donc pas à vous renseigner auprès de votre conseiller bancaire ou en consultant votre avis d’imposition.
En conclusion, si vous répondez aux critères de revenus, le Livret d’épargne populaire est sans doute l’outil d’épargne de précaution le plus intéressant à votre disposition. Son fonctionnement est simple, son rendement est garanti supérieur aux autres livrets sans risque, et tout cela sans aucun impôt ni prélèvement sur vos intérêts. Utilisez-le pour vous constituer une épargne de sécurité (les fameux “6 mois de salaire d’avance” recommandés en cas de coup dur, par exemple) en bénéficiant du meilleur taux possible.
Que faire si vous n’êtes pas éligible ou si votre LEP est au plafond ? Si malheureusement vos revenus dépassent le seuil du LEP, vous devrez vous rabattre sur le duo Livret A/LDDS qui, bien que moins rémunérateur, offre sécurité et exonération fiscale. Et si vous avez atteint le plafond de 10 000 € sur votre LEP, alors félicitations : cela signifie que vous avez déjà une bonne épargne de précaution. Vous pouvez dans ce cas ventiler le surplus vers un Livret A, puis un LDDS, voire explorer d’autres placements pour dynamiser votre épargne (comme évoqué plus haut). L’essentiel est de garder une épargne disponible suffisante pour les imprévus avant de prendre des risques ailleurs.
En adoptant une approche maline – LEP d’abord, puis autres livrets et placements ensuite – vous optimisez le rendement de chaque euro que vous économisez. Le tout sans prendre de risque inconsidéré, puisque ces livrets sont garantis. Alors, si ce n’est déjà fait et que vous y avez droit, parlez-en dès aujourd’hui à votre banque pour ouvrir un LEP ou vérifiez votre éligibilité. Il serait dommage de laisser dormir votre argent sur un compte courant ou un Livret A moins bien rémunéré, quand le LEP peut vous aider à booster votre épargne sans effort !



