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La gestion d'actifs

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La gestion d'actifs met la France en valeur

Six cents sociétés se partagent le marché français de la gestion d’actifs. Avec plus de 1.500 milliards d’euros d’encours (auxquels s’ajoutent 1.400 milliards d’euros pour les mandats et les fonds étrangers gérés dans l’Hexagone), la France occupe le premier rang de l’industrie européenne des fonds. Sa part de marché avoisine 20 %.

Le premier fonds mutuel a été lancé aux États-Unis en 1929. En Europe, le néerlandais Robeco crée la première Sicav en 1933. En France, il a fallu attendre les années 60. Les Sicav ont connu des débuts plutôt difficiles. Elles n’avaient pas spécialement bonne réputation. En effet, les personnes qui géraient elles-mêmes leurs portefeuilles ne s’y intéressaient guère. Et celles qui s’adressaient à des professionnels dans le cadre d’une gestion discrétionnaire n’appréciaient pas toujours la connotation collective de ces nouveaux supports d’investissement.

Un foisonnement de catégories

Mais tout a fini par changer, notamment à partir de 1978, année où René Monory, alors ministre de l’Économie et des Finances, promulgue un régime de détaxation de l’épargne investie en actions. Cela a relancé la Bourse de Paris et permis aux établissements financiers de proposer à leur clientèle des véhicules qui ont eu beaucoup de succès.

En 1986, un changement de réglementation sur les dépôts à terme propulse les Sicav monétaires sur le devant de la scène. En 1992, l’arrivée du plan d’épargne en actions (PEA) – plus de 7 millions de personnes en ont assez rapidement ouvert un, même si les montants investis sont, en moyenne, très loin de l’actuel plafond de versements de 132.000 € – démontre à quel point la gestion collective peut rendre service. La moitié des encours des plans actuellement en vigueur se compose de parts de FCP ou d’actions de Sicav.

Au début, il n’existait que trois catégories de Sicav et fonds : actions, obligations, court terme régulier. Aujourd’hui, on en dénombre plus d’une centaine ! Des plus spécialisées aux plus diversifiées. Tous les marchés et toutes les classes d’actifs, tous les secteurs d’activité et toutes les places financières sont représentés.

La multiplication des expertises, qui a séduit les particuliers comme les institutionnels, a également constitué un moteur de développement. De même que la nécessité de financer un futur complément de retraite, via des enveloppes fiscalement incitatives (assurance-vie, PEA…), à l’intérieur desquelles la gestion collective a un vrai rôle à jouer.

La gestion d’actifs de plus en plus responsable

Les accidents sont rarissimes. L’un des plus importants de toute l’histoire financière concerne le fonds LTCM (Long Term Capital Management) qui, en 1998, s’est retrouvé en faillite avec un endettement de 100 milliards de dollars. Les épargnants français n’ont été que très peu éclaboussés. En France, la crise du crédit hypothécaire à haut risque (subprime), qui a frappé les États-Unis en 2007, a eu des conséquences sur la valorisation de certains produits monétaires « dynamiques » contenant des actifs « toxiques ». Mais les quelques sociétés de gestion impliquées ont fait face à leurs responsabilités. Elle aussi venue d’outre-Atlantique fin 2008, l’affaire « Madoff » a suscité de vives inquiétudes, car certains gérants avaient fait confiance à celui qui s’est révélé être un escroc, mais, dans leur écrasante majorité, les gestionnaires français n’avaient pas cru au miroir aux alouettes…

Parmi les tendances qui ont déjà commencé de s’affirmer, il convient surtout de souligner la distinction qui s’opère entre la gestion qui cherche à suivre passivement un indice, avec un faible risque de dérive, et la gestion qui cherche activement à faire mieux, au prix d’un risque plus fort. Il faut également noter que les pouvoirs publics et la profession s’organisent pour que les investissements financent plus efficacement l’économie et facilitent davantage la croissance des entreprises de taille intermédiaire (ETI).

Par ailleurs, la montée en régime progressive de l’investissement socialement responsable (ISR) à travers les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) – les Sicav et les FCP – semble montrer que les notions de développement durable et que la prise en compte de critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG) ne relèvent pas uniquement d’un phénomène de mode.

Production et distribution

Selon EuroPerformance, agence qui mesure la performance et tient des statistiques sur le marché des Sicav et fonds accessibles à un large public, les produits monétaires représentent 41,3 % du total des encours. C’est le signe de la persistance de l’aversion marquée pour le risque, en dépit d’un rendement infime (à peine 0,2 % sur douze mois). Suivent les produits actions (24,4 % des encours), diversifiés (11 %), obligations (10 %), garantis ou à formule (6,9 %), performance absolue (4 %), obligations convertibles (1,8 %), alternatifs (0,4 %), immobiliers (0,1 %) et matières premières (0,1 %).

Si l’industrie de la gestion collective continue à se renouveler, force est de constater que les procédures sont bien huilées – qu’elles portent sur la décision ou sur le contrôle – et que le stade de la maturité paraît avoir été atteint. Le grand enjeu, pour les enseignes tricolores, devient celui de la distribution des Sicav et des fonds, non seulement en France, mais aussi en Europe et dans le monde.

Points clés à retenir : le fonds est un produit de placement spécifique destiné à un public d’investisseurs avertis. Le ticket d'entrée minimum pour y investir, en revanche, n'a pas de seuil fixé; on peut y investir aussi avec de petits montants. Les fonds permettent de diversifier son épargne en prenant un risque mesuré.