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Les économies émergentes bientôt en danger ?

Le durcissement de la politique monétaire américaine n’est pas sans conséquences sur l’économie des pays émergents.

Même si le ralentissement de la croissance mondiale assombrit les perspectives des sociétés, la récession pourrait amener les banques centrales à lever le pied. Un soulagement pour les marchés.

04 novembre 2022

La Rédaction

Selon le FMI, l'activité économique mondiale se rapproche un peu plus de la récession, qui risque de toucher plusieurs pays développés en 2023, dont les Etats-Unis. Pourtant, ce qui semble de prime abord une mauvaise nouvelle pourrait en réalité booster les marchés financiers qui attendent un ralentissement des hausses de taux.

Alerte sur la croissance mondiale

Dans ses perspectives de l’économie mondiale, le FMI (Fonds monétaire international) n’en fait pas mystère. La croissance mondiale va devenir plus atone à partir de cette année 2022. De 6% en 2021, elle devrait passer à 3,2% en 2022 puis 2,7% en 2023. 

Plusieurs facteurs sont invoqués pour expliquer cette situation : le regain d’inflation, bien sûr, mais aussi ses conséquences comme la baisse de pouvoir d’achat, le durcissement des conditions financières pour les entreprises comme pour les ménages… L’invasion de l’Ukraine par la Russie et les effets persistants de la crise sanitaire viennent entretenir ce contexte inflationniste.

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Une situation scrutée de près par les banques centrales

Dans sa déclaration de politique monétaire publiée le 27 octobre 2022, la présidente de la BCE (Banque centrale européenne), Christine Lagarde, s’est montrée attentive aux risques pesant sur l’activité économique : « Une guerre prolongée en Ukraine demeure un risque important. La confiance pourrait encore se détériorer et les contraintes d’offre s’aggraver à nouveau. Les coûts de l’énergie et des produits alimentaires pourraient également demeurer durablement plus élevés qu’attendu. Un ralentissement de l’économie mondiale pourrait constituer un frein supplémentaire à la croissance au sein de la zone euro. » Pour autant, la BCE n’exclut pas la possibilité de remonter ses taux à nouveau, afin de ramener l’inflation à son objectif de moyen terme.

Du côté de la Fed américaine, les taux continuent également d’augmenter. Début novembre, son président Jérôme Powell a annoncé le relèvement des taux directeurs à 4%, tout en expliquant qu’ils pourraient être portés au-delà de 5% pour lutter contre l’inflation.

Vers un ralentissement de la hausse des taux ?

Pour autant, quelques signaux d’alerte existent aux Etats-Unis. Le renchérissement du coût des emprunts immobiliers se traduit par une baisse de ventes de logements. Le dollar se renchérit, au détriment des exportations américaines. Certains économistes craignent également pour l’emploi. Si la dynamique des taux venait à ralentir aux Etats-Unis, les autres banques centrales pourraient à leur tour lever le pied. 

« Les prix des actifs financiers ont chuté sous l’effet du durcissement de la politique monétaire, de la détérioration des perspectives économiques, du renforcement des craintes de récession, de l’augmentation du coût de l’emprunt en devises fortes et de l’accentuation des tensions dans certaines institutions financières non bancaires. », écrivait le FMI le 11 octobre 2022. Inversement, une bonne nouvelle sur le front des taux, même si elle était liée à des craintes de récession, pourrait avoir un effet favorable sur les marchés financiers… du moins à court terme.