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Connaître les principales classifications d’actions et leurs caractéristiques permet d’aider à la diversification d’un portefeuille.

La stratégie que vous allez appliquer pour diversifier votre portefeuille boursier est fonction de votre profil investisseur. De nombreux épargnants ont l’habitude de sélectionner les valeurs selon leur secteur d’activité, chacun ayant des différences de sensibilité à la conjoncture. Et lorsque l’on examine la corrélation des secteurs aux cycles économiques, on voit leurs différences de comportement, notamment la meilleure résistance de certains secteurs ou de certaines actions en période de crise. En général, on répartit les valeurs en trois catégories. Mais comment différencier valeurs de croissance, valeurs défensives et valeurs cycliques ?

Diversifier un portefeuille en bourse

Si vous avez un projet à long terme et un profil de risque adapté à ce type de placement, vous pouvez consacrer une partie de votre épargne aux investissements en bourse, qui passent par la diversification. Pour les actions, il existe plusieurs classifications qui permettent d’atteindre cet objectif : les secteurs d’activité, les zones géographiques mais aussi la répartition en valeurs de croissance, cycliques ou encore défensives. Comme toute diversification, ces différentes options permettent de réduire votre risque.

Les grandes thématiques d’actions

Lorsque l’on dispose d’un horizon de placement éloigné, des cycles économiques divergents vont alterner. Pour profiter des périodes de croissance, de récession, de reprise ou encore d'expansion, les actionnaires vont pouvoir s’intéresser à différents types de valeurs.

On répartit en général les actions en trois grandes catégories de sociétés : les sociétés de croissance ou growth, les sociétés cycliques et les défensives. Appréhender ces grandes thématiques d'investissement permet de mieux comprendre les évolutions des cours boursiers. Les marchés suivant des cycles, il sera donc possible de privilégier le ou les secteur(s) en fonction de chacun d’eux. Quand les investisseurs passent d’une thématique à l’autre on parle de "rotation sectorielle".

Les valeurs de croissance

Quelles sont les caractéristiques des entreprises dites de croissance ? Elles connaissent une croissance régulière de leurs revenus qui les fait bénéficier d’une grande visibilité, souvent à long terme. Ces qualités toujours très appréciées des investisseurs, particulièrement lorsque le contexte économique est incertain, expliquent la prime de valorisation dont vont bénéficier ces valeurs par rapport à celles d’autres secteurs.

Lorsque l’on adopte en bourse une stratégie "valeurs de croissance", on accepte d’acquérir des actions de ces sociétés même si elles sont chères en terme de valorisation. Elles évoluent dans des secteurs porteurs telles que le numérique, la technologie, le luxe.

Si l’on envisage un environnement où la croissance globale pourra rester durablement faible, on fait alors le pari que même en cas de baisse des marchés, leurs qualités intrinsèques et leurs perspectives les protègeront.

Définition des sociétés cycliques

Comme son nom l’indique, une valeur cyclique est liée à un cycle de l’économie. L’évolution et les performances de ces valeurs sont corrélées aux changements économiques de leurs secteurs d’activité. Ainsi :

  • en période de ralentissement ou de récession, les entreprises concernées voient leur activité baisser ou même chuter et leurs cours seront les premiers à être impactés ;
  • en période de reprise ou d’expansion, elles sont censées être les premières à en profiter.

En théorie, ces valeurs vont donc surperformer les indices boursiers en période d'expansion ou de reprise (hausse des marchés) mais les sous-performer en période de récession. Lors de l’achat du titre, la prise de risque sera à la hauteur de l’espérance de l’importance de gain. Dans cette catégorie on trouve les secteurs de l’automobile, du BTP, les médias, les biens et services industriels et les banques. Délaissées par les investisseurs depuis plusieurs années, leur écart de valorisation avec les valeurs de croissance reste important.

Les valeurs défensives moins sensibles à la conjoncture

Les sociétés dites défensives sont moins sensibles aux cycles économiques et réputées plus solides lorsque la conjoncture se dégrade. En théorie leur activité les préserve de certains aléas conjoncturels et leurs cours connaissent moins d’amplitudes de variation :

  • les gains seront moins importants en période d’expansion -elles amortissent en quelque sorte les cycles baissiers des marchés- ;
  • les pertes seront moins importantes en cas de récession.

Lorsque l’environnement économique et financier mondial devient plus mouvementé et incertain, les investisseurs ont tendance à vouloir protéger leurs portefeuilles en s’orientant vers les valeurs défensives. Quels sont les secteurs défensifs ? Ils sont réputés "anti-crise", relatifs aux besoins essentiels des ménages. On peut ainsi citer l’agroalimentaire, la santé, les services aux collectivités -dites aussi utilities-, les télécommunications etc. Prenons l'exemple du secteur de la santé : les comportements des ménages évoluent peu en période de crise, le chiffre d’affaires et le bénéfice des sociétés sont censés être plus stables, et leurs cours de bourse censés faire preuve d’une moins grande volatilité.

Des classifications aux frontières parfois mouvantes

Mais ces classifications peuvent se révéler théoriques. En effet, on observe de grandes tendances mais dans un même secteur d'activité, différents types de valeurs peuvent se côtoyer. En fonction des évolutions structurelles ou de variables économiques, certaines sociétés ou secteurs peuvent aussi passer d’une catégorie à l’autre. La classification peut donc se faire davantage au cas par cas car il est parfois compliqué de classer un titre dans une catégorie.

A titre d’exemple, au sein d’un secteur qualifié de défensif on pourra trouver certaines valeurs plutôt apparentées aux valeurs de croissance. Ainsi si la santé est un secteur défensif, il faut exclure de cette thématique la branche des biotechnologies. Citons également le cas d’Air Liquide, spécialisée dans les gaz industriels, de nombreux analystes la considèrent davantage comme une valeur de croissance qu’une défensive car son offre lui assure une croissance importante de son chiffre d'affaires, quel que soit le cycle économique.

Diverses catégories de valeurs : quels impacts pour votre portefeuille ?

Mais comment trouver pour son portefeuille la bonne répartition, le bon dosage entre valeurs de croissance, cycliques ou encore défensives ? Prendre en compte le paramètre économique implique de pondérer son portefeuille en fonction de la conjoncture anticipée. Si l’on prévoit une détérioration, il est préférable de s’orienter vers des valeurs défensives. Et lorsque l’économie connaît une reprise ou est en pleine expansion, renforcer sa pondération en cycliques permettra de profiter davantage de la tendance.

Mais cela dépend aussi de votre profil investisseur. Si tout placement en actions comporte un risque de perte en capital et nécessite pour l’épargnant un profil de risque adapté, le choix entre les différentes catégories est aussi fonction de l’orientation que l’on souhaite pour son portefeuille. Les cycliques seront plus volatiles et plus risquées. Pour les épargnants les plus conservateurs, détenir davantage de sociétés défensives sera peut-être l’option à privilégier. Enfin les valeurs de croissance sont des entreprises à meilleure visibilité qui, acquises dans une optique de long terme, nécessitent moins d’arbitrages.

Vous l’avez compris : les grandes thématiques d’investissement rythment les rotations sectorielles. L’exercice n’est pas facile pour les épargnants surtout s’ils débutent en bourse. La solution est donc de faire confiance aux gérants professionnels via des OPCVM qu’ils soient thématiques ou plus généralistes.

Crédit photo : Getty images