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Les principales bourses mondiales ont connu une progression spectaculaire au mois de novembre.

04 décembre 2020

Amundi Asset Management

Les principales bourses mondiales ont connu une progression spectaculaire au mois de novembre. Election de Joe Biden aux Etats-Unis, annonces successives des laboratoires en faveur d'une prochaine distribution de vaccins contre la Covid, signature d'un accord commercial d'une ampleur inédite en Asie... Le mois a été riche en événements porteurs pour les marchés.

Bonjour et bienvenue dans ce point marchés.

Les Bourses ont connu une avancée spectaculaire au cours du mois et ceci peut s’expliquer par trois grands événements :

Premier événement : la confirmation de l’élection de Joe Biden comme Président des Etats-Unis, sans contestation crédible du côté des Républicains. Sur la période récente, la confirmation de son élection s’est accompagnée de la nomination des principaux membres de son cabinet. On retiendra en particulier la nomination de Janet Yellen comme secrétaire au Trésor, c’est-à-dire comme ministre des Finances des Etats-Unis. C’est une personnalité très connue du monde de la finance, puisqu’elle a été Présidente de la Réserve fédérale sous Obama. Elle est particulièrement crédible, très pragmatique, très appréciée, à la fois des radicaux dans le camp démocrate, mais également des membres modérés du Parti républicain. Cela annonce probablement une approche bipartisane. Deuxième nomination très importante, celle de John Kerry comme envoyé spécial du Président des Etats-Unis sur la politique climatique. En pratique, John Kerry aura le rang de ministre. Ce sera le ministre de l’Energie et de la transition climatique et sa nomination signe le retour des Etats-Unis sur la scène internationale, dans les accords de Paris. D’un point de vue portefeuille, cela va doper tous les produits et toute la thématique ESG, sur laquelle les Etats-Unis sont très en retard. Enfin, dernière nomination importante, celle d’Antony Blinken comme "Secretary of State" c’est-à-dire comme ministre des Affaires étrangères. Il a occupé le poste d’adjoint au "Secretary of State", en l’occurrence de John Kerry, durant les deux dernières années de la mandature Obama. Il connaît donc très bien les dossiers internationaux. Il est très pro-Européen, en faveur du multilatéralisme. Il ne faut pas pour autant être naïf, cela ne signale pas l’absence de tensions entre les Etats-Unis et l’Union européenne, mais le retour à un modus operandi traditionnel et des relations apaisées entre l’Europe et les Etats-Unis. Dans l’ensemble, la nomination de ce cabinet confirme une approche centriste sur le plan intérieur et le retour des Etats-Unis sur la scène internationale. Ceci dit, tout n’est pas encore joué du côté de la politique économique aux Etats-Unis, puisque le Sénat est toujours en jeu. Il y a deux postes à pourvoir. On connaîtra l’issue de ces élections le 5 janvier. Selon toute vraisemblance, les Républicains conserveront leur majorité au Sénat, mais il existe une petite chance pour les Démocrates de saisir les deux postes et ceci changerait les perspectives de politique budgétaire. Dans l’ensemble, on s’attend à une politique fiscale expansionniste, à une approche beaucoup plus modérée et au retour du multilatéralisme, ce qui est évidemment quelque chose qui a soutenu les Bourses.

Le deuxième événement qui a retenu l’attention des marchés, c’est, bien évidemment, tout ce qui a trait aux annonces de vaccins. Cela a, d’abord, été l’annonce faite par Pfizer-BioNTech, puis celle de Moderna, enfin celle d’AstraZeneca, qui signalent l’arrivée d’un vaccin, probablement en fin d’année ou début d’année prochaine. Ces vaccins vont d’abord être limités pour les personnes qui en ont le plus besoin. Ce sont les personnels de santé, les personnes les plus âgées, les personnes qui sont fragiles. On ne peut pas tabler raisonnablement sur une vaccination de l’ensemble de la population avant la fin 2021. Attention ! L’arrivée des vaccins ne signifie pas que l’épidémie disparaît. L’épidémie va sûrement durer encore un certain moment. En revanche, c’est la promesse d’une politique sanitaire qui ne s’accompagnera probablement pas d’une politique de confinement, à partir du moment où les personnes les plus fragiles seraient vaccinées. En tous cas, c’est un espoir pour les marchés et cet espoir a été particulièrement porteur : il y a, enfin, de la lumière au bout du tunnel.

Un troisième événement a retenu l’attention des marchés. Il s’agit de la signature, le 15 novembre, d’un partenariat économique global, régional, en Asie, entre 15 pays de la région. En pratique, la Chine, le Japon, la Corée, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les 10 pays de l’ASEAN que sont le Vietnam, la Thaïlande, l’Indonésie, les Philippines… Il s’agit du plus grand ensemble de pays concernés par un accord commercial, puisque ces pays, pris dans leur ensemble, représentent 30% du PIB mondial et 30% de la population mondiale. Dans une période où le commerce mondial a été mis à mal, c’est plutôt une bonne nouvelle qui signale que le multilatéralisme n’est pas mort, et que le commerce mondial a encore de beaux jours devant lui.

Du côté des marchés, ce sont les Bourses qui ont le plus retenu l’attention, avec une performance de l’Eurostoxx 600, l’indice phare de la Bourse européenne, qui a grimpé de plus de 15%. Les valeurs les plus décotées ont même bénéficié d’une augmentation d’environ 20%. La bourse américaine, le S&P500, a monté de quasiment 11% sur le mois et revient très nettement en territoire positif depuis le début de l’année. La Bourse japonaise a monté d’à peu près 12%, et la plupart des Bourses asiatiques ont connu des performances de l’ordre de 15 à 20%. Dans l’environnement des taux d’intérêt, les taux d’intérêt américains ont un peu fluctué au cours du mois mais le taux à 10 ans américain a fini le mois à peu près au niveau où il l’avait commencé. Les taux des pays du cœur de la zone euro ont à peine bougé. En revanche, les écarts de taux d’intérêt des pays périphériques à l’Allemagne, ce qu’on appelle les spreads périphériques, se sont bien resserrés dans le courant du mois, portés par l’espoir une politique de la Banque centrale européenne encore plus accommodante. Le dollar a, lui, un peu baissé, d’environ 3% en moyenne vis-à-vis de l’ensemble des devises. L’euro-dollar frôle aujourd’hui les 1,20$. Certaines devises, portées par les matières premières, se sont appréciées davantage vis-à-vis du dollar. Du côté des matières premières, on signalera que le pétrole a grimpé de manière assez nette, avec les espoirs de reprise de la demande globale. Le prix du baril de pétrole est proche de 48$ pour le Brent. Dans cette phase de retour des actifs risqués, l’or a nettement baissé, passant de plus de 1900$/once à moins de 1800$/once dans le courant du mois.

Dans cet environnement, à quoi faut-il s’attendre ? Les investisseurs, au mois de novembre, se sont très nettement repositionnés sur les actifs risqués et sur les matières premières. Ceci dit, l’exposition au risque dans les portefeuilles est toujours très inférieure à ce qu’elle était avant l’épidémie. Les investisseurs vont, sans doute, se focaliser dans les semaines et mois qui viennent, sur les problèmes logistiques d’acheminement et de stockage des vaccins, qui sont l’élément-clé derrière l’exposition aux actifs risqués. Mais le contexte économique demeure favorable, par-delà les fluctuations conjoncturelles qu’on va connaître. On va notamment connaître une contraction de l’activité économique au 4ème trimestre en Europe. Les Etats-Unis connaîtront peut-être un trou d’air au 1er trimestre en lien avec l’épidémie. Si on se projette dans un avenir un peu plus long, on a une reprise de l’activité économique dans la plupart des pays. Qui plus est, des Banques centrales qui promettent des politiques accommodantes pendant encore longtemps. Cela va maintenir les taux d’intérêt à des niveaux très faibles et les liquidités très abondantes. En plus de la reprise cyclique, c’est un facteur additionnel de soutien aux actifs risqués, aux valeurs cycliques, aux valeurs qui ont été les plus décotées dans le courant de cette crise. Dans l’ensemble, on peut encore connaître quelques fluctuations de marchés dues à la conjoncture actuelle, mais le cycle est porteur pour les actifs risqués. Restez prudents, et rendez-vous au point marchés du mois prochain. Bonnes fêtes de fin d’année !

Crédit photo : Getty images