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Bilan des marchés 2012 : l'année du grand rebond

2012, année faste pour les marchés financiers : la plupart des classes d'actifs ont enregistré de très belles performances (hors obligations d'Etats). Tout cela grâce à l'action des banques centrales.

Bilan des marchés 2012 : l'année du grand rebond BforBank

La fin des risques extrêmes ?

Ces dernières ont démenti les pronostics de bien des courtiers, qui recommandaient plutôt une grande prudence dans l'allocation des portefeuilles. Leur intervention a permis d'éviter l'apparition de risques systémiques. Elle a aussi contribué à contenir la plupart des risques extrêmes que les investisseurs pouvaient craindre. Comme l'expliquaient début décembre les stratégistes d'Amundi, le monde est passé d'un régime de risque systémique à un régime de risque macro-économique. Résultat : les primes de risque se sont dégonflées, la volatilité a fortement reculé et la plupart des classes d'actifs ont connu une année exceptionnelle, en particulier les actifs les plus risqués, comme le high yield (graphique).

Source: Schroders, rendement total de différentes classes d'actifs au 17/12/12

 

Risk-On, Risk-Off

Malgré le retour d'un certain optimisme et l'incitation grandissante des investisseurs à prendre plus de risques, 2012 a connu quelques pics de volatilité. L'incertitude sur le sort de l'économie américaine et l'émergence du risque fiscal ("fiscal cliff" en cours de négociation et plafond de dette) ont provoqué au printemps un repli des indices américains.

L'Europe a vécu au même moment un nouvel épisode de stress, lié à la situation incertaine de l'Espagne. Le pays a en effet connu une détérioration significative de l'activité, l'envolée du chômage, une situation précaire de certaines de ses banques et des signes de tensions politiques dans ses régions. Là encore, l'intervention de la BCE a permis de calmer les marchés, sans toutefois régler réellement le coeur du problème.

S'il demeure une incertitude, c'est bien l'effet des politiques non-conventionnelles des banques centrales sur le retour à un rythme de croissance normal. Leur action a certes un impact sur le prix des actifs financiers. Celui sur l'économie réelle est, quant à lui, bien plus difficile à percevoir.

 

Redémarrage du crédit

L'an dernier, la situation économique des pays développés est restée précaire : le cycle du crédit a redémarré aux Etats-Unis, mais il est toujours au point mort en Europe. Les banques européennes n'ont pas tiré les leçons de la crise de 2011 et ne se sont que très peu désendettées. Malgré les injections massives de liquidités des banques centrales, celles-ci restent sur les bilans des banques et n'alimentent donc pas l'activité réelle, comme le montrent les dernières enquêtes d'activité. Face au chômage qui persiste, les grandes entreprises préservent leur cash et n'investissent pas. Les PME souffrent d'une détérioration de leurs marges et d'un accès de plus en plus restreint au crédit.

En dehors du secteur privé, le secteur public est toujours dans une situation plus que délicate : les niveaux de déficits primaires des États se redressent, mais certains grands pays, comme la France ou les Pays-Bas, présentent des fondamentaux très dégradés. Les taux de dette publique sur PIB ou de déficit public sur PIB restent trop élevés et ne semblent pas près de se contracter. Malgré cela, les marchés ont fait preuve d'indulgence, permettant à des pays peu vertueux comme la France d'emprunter à des taux historiquement faibles.

 

Recherche du rendement

Paradoxalement, malgré une toile de fond macro toujours incertaine, les investisseurs ont accepté de prendre plus de risques dans leur allocation d'actifs, dans la quête éperdue d'un rendement qu'il ne trouvaient plus dans les obligations d'États "sûrs". Cela a surtout profité au crédit, et notamment aux souches les plus risquées dans la catégorie investissement, ainsi qu'au haut rendement, qui enregistre les meilleures performances de l'année.

Les rendements des obligations d'État ont touché un plus bas durant l'été, puis ont commencé à remonter légèrement. Ce mouvement a commencé à relancer les débats sur le retour possible d'une inflation élevée - même s'il est encore marginal au regard d'une conjoncture toujours incertaine.

Les actions ont également commencé à profiter de la diminution de l'aversion au risque. Malgré des prévisions de résultats continuellement revues à la baisse, la classe d'actifs a surtout profité de la baisse de la prime de risque et d'une revalorisation concomittante des multiples (graphique).

Source: Factset, weeko