"La variété des valeurs moyennes françaises leur confère un attrait supplémentaire"

Comment définir une middle cap ? Quels sont leurs avantages et inconvénients et enfin quelles sont les valeurs attrayantes ?

Analyse bourse

Rencontre avec E. Labbé, gérant de CPR Middle-Cap France dont le fonds progresse – d’après Morningstar - de plus de 11 % en moyenne annualisée depuis 10 ans

Comment une valeur moyenne se définit-elle ?

E. Labbé - Il existe plusieurs définitions, à commencer par celles de l’Insee et d’Euronext. Dans un cas, c’est le chiffre d’affaires et le nombre d’employés qui sont pris en considération. Dans l’autre, ce sont les compartiments dont les valeurs relèvent qui leur attribuent un statut : B pour les valeurs moyennes, C pour les petites valeurs. En pratique, la définition d’une valeur moyenne est très extensible. Ce qui compte, pour les porteurs, c’est de savoir ce qu’ils achètent.

Chez CPR Asset Management, nous appelons « valeur moyenne » une action d’un émetteur dont la capitalisation boursière va de 100 millions d’euros à 1 milliard d’euros. La taille médiane des valeurs que nous avons en portefeuille – qui comprend de soixante-dix à quatre-vingt lignes – est de 600 millions d’euros. Cela étant, comme il s’agit le plus souvent d’entreprises familiales, il convient de prendre aussi en considération le flottant, c’est-à-dire le nombre de titres en circulation. Si, par exemple, une société a une capitalisation boursière de 1 milliard d’euros et qu’une famille en détient 80 %, cela signifie que vous travaillez en réalité à l’intérieur d’une enveloppe de 200 millions d’euros.

En quoi les moyennes capitalisations sont-elles attrayantes ?

E. Labbé - D’abord, il faut remarquer que les moyennes capitalisations ont effacé l’impact de la crise qui a commencé en juillet 2007, ce qui n’est pas le cas des grandes valeurs, qui, elles, évoluent encore en territoire négatif après une demi-douzaine d’années. Ensuite, contrairement à ce que certains pensent, les valeurs moyennes sont généralement moins risquées que les grandes. Avec un peu moins de risque ou avec un risque équivalent, vous obtenez une surperformance qui, en base annuelle, est de l’ordre de 10 points de pourcentage. Le couple rendement/risque milite donc en leur faveur. Enfin, les petites et moyennes sociétés sont agiles. Quand vous vous appelez L’Oréal ou EADS, ce n’est pas facile de doubler votre chiffre d’affaires. Quand, en revanche, vous êtes une entreprise de taille moyenne, une acquisition peut vous faire croître rapidement.

Il y a d’autres éléments qui plaident pour valeurs moyennes, comme la structure actionnariale. Quand vous utilisez vos propres deniers, vous faites plus attention ! Les midcaps sont également très internationalisées. Ce n’est pas parce que vous avez une stratégie de niche que vos activités sont locales. Près des deux tiers des chiffres d’affaires des sociétés qui entrent dans la composition de l’indice Cac Mid 60 sont d’ailleurs réalisés hors d’Europe. Seb, Bic, Bolloré, Naturex, Eurofins Scientific, par exemple, se développent à l’échelle mondiale. La grande variété des valeurs moyennes françaises leur confère un attrait supplémentaire, car elle permet de bien diversifier un portefeuille. Et puis, les valeurs moyennes sont également des cibles pour de grands groupes. Ce qui, le cas échéant, fait naturellement monter les cours.

La plupart des intervenants font des aller-et-retour sur les valeurs moyennes et gardent les grandes valeurs. Ils devraient faire l’inverse !

Quelles sont vos valeurs favorites pour les mois qui viennent ?

E. Labbé - ID Logistics Group (logistique), EOS Imaging (imagerie orthopédique), Groupe Gorgé (ingénierie industrielle), Technicolor (innovation numérique), Valeo (équipements pour l’automobile), Teleperformance (centres d’appels), Bull (informatique), Ubisoft Entertainment (jeux vidéo), Exel Industries (pulvérisation) et GL Events (événementiel), pour n’en citer que dix.

 

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