L'investissement socialement responsable (ISR) : une définition

L’investissement socialement responsable est l’application des principes du développement durable à la finance.

L'investissement socialement responsable (ISR)

Prise en compte de critères extra-financiers

" [Le développement durable] répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs".

Cette définition de Gro Harlem Brundtland, ancien Premier ministre norvégien, remonte à 1987. Elle est toujours d’actualité ! L’investissement socialement responsable (ISR) revêt plusieurs formes, autour de trois principaux axes :

  • l’efficacité économique,
  • l’équité sociale,
  • le respect de l’environnement.

En plus des critères financiers classiques qui leur permettent d’évaluer les entreprises, les gestionnaires qui proposent des OPCVM ISR prennent tout particulièrement en considération les pratiques ESG (environnement-social/sociétal-gouvernance) des émetteurs et l’impact des activités de ceux-ci dans les sphères concernées. Ils peuvent faire leur recherche eux-mêmes ou faire appel à des agences de notation spécialisées dans l’examen des critères extra-financiers.

Dans le cadre de la transition écologique, qui nécessite de mobiliser d’importants financements, l’ISR, par exemple, a un rôle à jouer, en choisissant de financer les entreprises les plus « vertueuses » dans le domaine du développement durable. Il encourage également les entreprises à adopter des pratiques « responsables ».

Depuis 2012, les sociétés de gestion concernées doivent préciser à leurs clients, notamment par l’intermédiaire de leurs sites Internet, la manière dont elles prennent en compte les paramètres ESG dans leurs politiques d’investissement et de vote aux assemblées générales. L’objectif est de rendre plus transparentes les stratégies d’intégration de ces éléments dans les OPCVM ISR et dans les sociétés de gestion elles-mêmes. Dès 2001, la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE) avait ouvert la voie, en édictant une quarantaine de critères…

Investissement socialement responsable : quatre grandes approches

L’ISR n’a pas de définition légale unique. Les professionnels peuvent choisir entre plusieurs approches. La plus répandue est celle du Best in class. Elle privilégie les entreprises les mieux notées, sous l’angle extra-financier, dans leurs secteurs d’activité. L’approche d’exclusion a également ses fervents. La méthode s’est imposée lorsque les premiers fonds ISR ont été lancés. Elle est encore très prisée des Anglo-Saxons. En l’occurrence, les gérants restent à l’écart des entreprises qui ne respectent pas telle norme ou telle convention internationale, ou excluent de leurs choix d’investissement certains secteurs, comme le tabac, l’alcool, l’armement, le jeu et la pornographie, ou encore des sociétés qui font travailler les enfants, qui licencient abusivement ou qui polluent beaucoup.

Avec l’approche thématique, les gérants de fonds ISR n’incluent que des entreprises qui appartiennent à un secteur donné : eau, vieillissement des populations, énergies renouvelables, traitement des déchets… L’engagement, voire l’activisme, actionnarial constitue un autre type d’approche. Les investisseurs réclament alors aux entreprises cotées de suivre une politique de responsabilité sociale forte, fondée sur le dialogue et l’exercice des droits de vote.

Le débat sur l’apport des critères extra-financiers à la performance des fonds ISR, comme pour les fonds dits « éthiques », est toujours ouvert. En tout cas, la prise en compte de ces éléments ne retrancherait rien à la qualité des scores que les gérants obtiennent au fil des années. Selon certains observateurs, elle améliorerait les performances, en moyenne, de 0,5 % à 1 % par an. Fin 2014, la gestion ISR (investissement socialement responsable) s’élevait à 223 milliards d’euros, investis principalement en actions. Si les investisseurs institutionnels représentent 80 % des encours, les particuliers en sont détenteurs notamment, l’épargne salariale et l’assurance-vie.

La loi de modernisation de l'économie de 2010 stipule qu'au moins un fonds solidaire doit être proposé par les entreprises aux salariés, dans le cadre de leur plan d'épargne salariale.