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L'assurance des objets de valeur ne fait guère recette. Une négligence qui peut coûter cher.

11 février 2014

Tableaux, oeuvres d'art, meubles d'époque, tapis, bijoux… Ils sont rarement bien assurés. Une erreur d'appréciation qui conduit souvent à des indemnités en peau de chagrin s'il y a sinistre… Pour éviter une telle situation, il faut se livrer à une analyse et en tirer les conséquences.

Premier élément à prendre en compte : la valeur unitaire de l'objet de valeur, telle que l'assureur l'entend. Chez certains, un bijou ou un tableau dès 2.000 euros, un meuble ou un tapis de plus de 3.000 euros sont immédiatement considérés comme des biens de valeur, alors qu'une TV très grand format ou un piano de cuisine de même prix ne le seront pas. Conséquence évidente : la liste des objets de valeur s'allonge.

Second paramètre : le plafond d'indemnisation spécifique aux objets de valeur tel que prévu par la multirisque habitation (MRH). Il est indiqué en pourcentage (20 % par exemple) du capital mobilier assuré ou sous forme de forfait (20.000 euros par exemple), avec parfois un sous-plafond dédié uniquement aux bijoux et objets précieux (7.500 euros par exemple).

Quels risques garantis ?

Dans les deux cas, ce plafond doit correspondre à l'estimation de tous les biens de valeur et/ou précieux possédés. S'il est insuffisant, le plus simple est de l'augmenter : au mieux cela se traduit par une hausse de la cotisation (et du capital global assuré), au pire l'assureur peut exiger, en plus, des mesures de protection spécifiques (coffre, télésurveillance…). Si le contrat n'offre pas cette possibilité, il est alors nécessaire d'en changer.

Troisième critère, et non des moindres : la liste des risques garantis. Dans les MRH usuelles, celle-ci se résume aux grands classiques : vol (avec effraction des locaux et en dehors de toute période d'inhabitation), dégâts des eaux, incendie… Or ces risques ne sont pas les seuls à pouvoir déprécier, parfois de façon irréversible, un objet de valeur : un bouchon de champagne qui vient s'écraser dans une toile est une vraie catastrophe pour un collectionneur. Avec une MRH standard, il ne percevra pas un centime d'indemnisation ! D'où la pertinence des MRH « haut de gamme » ou, mieux, des assurances spécifiques objets de valeur : leurs garanties sont larges et adaptables, elles prennent généralement en charge la dépréciation (qui affecte une paire ou un ensemble lorsqu'un des objets a été volé ou endommagé par exemple) et surtout, l'indemnisation se fait à concurrence non pas de la valeur de l'objet au jour du sinistre, mais à hauteur d'une valeur dite « agréée » à la fois par le collectionneur et l'assureur. Une valeur qui prémunit aussi contre les risques de perte en capital si l'objet endommagé ou dérobé n'a plus la cote… Mais une valeur qu'il faut régulièrement s'astreindre à revisiter pour qu'en cas d'emballement du marché, si sinistre il y a, l'indemnisation soit, elle aussi, à la hauteur !

Roselyne Poznanski, Les Echos