Parmi les moyens de paiement que vous utilisez, quels sont les plus sûrs ?

La banque de France a publié son troisième rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement. Quelles sont les tendances de la fraude ? Elle est à la hausse pour les moyens de paiement scripturaux, et c’est le chèque qui devient le moyen de paiement le plus fraudé en France. C’est cette hausse qui explique celle des montants des transactions frauduleuses.

Quel est le coût de la fraude ?

En 2018, le montant total de la fraude aux moyens de paiement scripturaux a dépassé le milliard d’euros, à 1,045 milliard d’euros. Le nombre de transactions frauduleuses atteignait 6,7 millions en 2018, contre 5,1 millions l’année précédente.

La hausse est surtout imputable au chèque qui devient le moyen de paiement le plus fraudé en France avec 43,10 % des montants fraudés au total et surtout, a connu une très forte hausse : 450 millions en 2018 contre 297 millions en 2017. Son taux de fraude s’établit à 0,0505 %.

Le chèque devient le moyen de paiement le plus fraudé

Le chèque voit son utilisation baisser régulièrement mais pourtant il devient parallèlement le moyen de paiement le plus fraudé. Cette fraude représente 43 % du montant total des fraudes sur le paiement en 2018 contre 40 % en 2017. Cette hausse des montants fraudés se constate depuis trois années consécutives, pour atteindre 450 millions d’euros en 2018. A noter que le montant moyen d’un chèque fraudé remis à l’encaissement est de 2 704 euros, contre 2 577 euros en 2017.

Les moyens les plus utilisés sont la falsification et la contrefaçon. Commentant cette hausse, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France évoque "une tendance au report des fraudeurs et de la fraude vers le maillon plus fragile qu'est le chèque", en raison des progrès de sécurité des autres moyens de paiement.

Cette hausse intervient alors que les taux de fraude sur les autres moyens de paiement sont quasi stables.

La carte bancaire : mode de paiement privilégié des français

Parmi les différents modes de paiement utilisés (hors paiement en cash) la carte bancaire conserve le premier rang. Les français l’ont utilisée dans 53 % des paiements scripturaux et pour un montant total de 568 milliards d’euros en 2018. Elle se place loin devant le prélèvement (17 %), le virement (16 %) et le chèque (7 %).
Les retraits par carte se sont chiffrés à 1 439 millions d’opérations en 2018, dépassant les 136 milliards d’euros. La carte de paiement (émise en France) concentre 42 % des montants de la fraude (à hauteur de 38,4 % pour les paiements et de 3,6 % pour les retraits) juste derrière les chèques. Le taux de fraude a augmenté à 0,062 %, contre 0,058 % en 2017 après deux années consécutives de baisse.

Derrière ce taux moyen de fraude, se côtoient des situations diverses. Si le taux est très faible pour les paiements en magasins et les retraits aux distributeurs, il augmente en ce qui concerne les paiements à distance.

Pour réaliser des paiements frauduleux la principale origine de la fraude (66 % en montant) reste l’usurpation de numéros de cartes, via des pratiques comme l’hameçonnage (phishing), et des

logiciels malveillants (malwares).Vient ensuite la perte ou le vol de carte.

Les dispositifs qui vont être mis en place à la rentrée de septembre (nouvelle directive européenne relative au paiement DSP2*) vont renforcer le niveau de sécurité des paiements via une identification forte et devraient donc contribuer à la baisse des fraudes.

Le paiement sans contact :  un taux stable de fraude

La forte progression du paiement sans contact (hausse de 82 % en volume et de 89 % en valeur), qui représente désormais un paiement par carte sur cinq, s’est accompagnée d’une confirmation de la stabilité du taux de fraude (vol ou perte de la carte) sur les transactions nationales, à 0,020 %.

Les plafonds sur le montant d’une transaction unitaire (généralement fixé au maximum à 30 euros) et sur le cumul des transactions consécutives, permettent de limiter le préjudice subi en cas de perte ou de vol d’une carte.

Le virement : le moyen le plus sûr

L’étude confirme que le virement reste le moyen de paiement scriptural le moins fraudé en proportion, alors qu’il constitue le moyen le plus utilisé au global avec 87 % du total des paiements scripturaux émis en France. Le virement est le mode utilisé pour les paiements de montant (paiements des salaires et pensions, paiements inter-entreprises, etc.). Il a un taux de fraude très bas : 0,0004%.

1 Directive européenne 2015/2366 relative aux services de paiement dans le marché intérieur.

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