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Une étude confirme la réputation des Français : de grands épargnants mais réticents à investir leur épargne

Les Français sont d'importants épargnants mais en termes d’investissements : ce sont de grands conservateurs, averses au risque. Ils privilégient l’immobilier et les liquidités.

C’est le résultat de la 5e Global Investment Survey, une enquête annuelle menée par l’une des plus importantes sociétés de gestion d’actifs mondiales Legg Mason auprès de particuliers dans 17 pays différents. Quels enseignements ?

De grands épargnants mais … réticents à investir

Si les Français sont les premiers du classement en termes d’épargne ; ce sont les derniers en termes d’investissement. Ils sont en effet  56% à détenir de l’épargne sans la placer ! C’est le taux le plus élevé au monde dont la moyenne ressort à 39%,  43% en Europe et 30% en Asie.

Seul un Français sur quatre se dit prêt à franchir le pas de l'investissement ce qui place la France au dernier rang de l'étude. La moyenne globale est de 45%,

Les Français restent très conservateurs et ils en sont conscients. La moitié estiment que leur approche du risque est « quelque peu conservatrice » ; un tiers d’entre eux la jugent « très conservatrice », ces chiffres étant les plus élevés en Europe.

Préférant la "continuité" (46%) dans leur approche financière à "l'ambition", valeur qui arrive pourtant en tête de la moyenne globale des pays sondés, les investisseurs français privilégient donc assez logiquement des actifs jugés peu risqués comme l’immobilier ou…les liquidités.

Aversion au risque mais investissement à long terme

Il ressort de cette étude un paradoxe majeur dans le comportement des investisseurs français.

D’un côté, ils semblent très motivés par le sujet de la préparation de leur avenir : 30% des Français choisissent d’épargner et d’investir pour l’avenir. C’est le taux le plus fort en Europe (18%) et dans le monde (17%).

S'ils attendent de leurs placements une certaine performance, ils n'en acceptent pas en contrepartie la part de risque. Surtout, ils ne tiennent pas compte d’un environnement financier toujours plus difficile. Peu sont prêts à adapter leur comportement d’épargnant à cet environnement.

Plusieurs raisons expliquent cette d’aversion au risque. Avant tout, la crise de 2007-2008, continue d’influencer les comportements de 52% des européens mais de 61% des Français.

Les Français restent par ailleurs les investisseurs les plus pessimistes à l’échelle mondiale (54%) en termes d’attentes de performance des investissements sur les 12 prochains mois.

Enfin, le nombre de Français qui n’épargne ni n’investit reste supérieur à la moyenne mondiale : 17%. Il est surtout aussi supérieur à la moyenne asiatique - 7% seulement.

L’immobilier avant tout

La grande prudence qui caractérise les investissements des épargnants français se retrouve dans leurs allocations d’actifs. L’étude confirme l’attachement des Français pour l’immobilier.

Ils lui accordent la part la plus élevée au monde (26% des allocations) à part égale avec les liquidités. C'est très au-dessus de la moyenne mondiale (13%) ou européenne (15%) et surtout asiatique (9%).

L’immobilier est perçu par eux comme une valeur refuge dans des temps risqués. Près d'un quart des Français (23%) estiment qu'investir dans l'immobilier est « le meilleur choix d'investissement qu'ils ont fait au cours des dix dernières années ». C'est le chiffre le plus élevé en Europe.

Cette préférence ne devrait pas beaucoup changer à court terme : une majorité des investisseurs français estiment que ce secteur constituera la meilleure opportunité au cours des 12 prochains mois, devant les actions (36%).

Des investisseurs peu tournés vers le monde

Une autre caractéristique des Français quand il s’agit de placements financiers est le chauvinisme : 88,31% d'investissements sont effectués dans leur propre pays, encore un record européen. Au niveau mondial, la France arrive toutefois derrière la Chine pour ce critère.

La nouvelle génération se révèle t’elle moins conservatrice ? D'après Legg Mason, les « Millennials  »  se distinguent de leurs ainés dans leur style d’investissement et semblent être prêts à prendre davantage de risque dans leur façon d'investir.