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Retraités, entreprises, actifs : le récent accord sur les retraites complémentaires touche tout le monde. Le point sur les mesures qui ont été prises.

Une fumée blanche s’est aussi élevée la semaine dernière au-dessus des difficiles négociations entre partenaires sociaux qui visent à renflouer les caisses de l'Arrco (retraite complémentaire des salariés du privé) et de l'Agirc (cadres du privé).

Patronat et syndicats se sont enfin entendus, semble-t-il, sur les modalités de financement de ces deux régimes à la dérive, avec un déficit qui dépassera 10 milliards d’euros dans cinq ans. Reste à entériner définitivement ce protocole d’accord qui prévoit de limiter les revalorisations des pensions de 11 millions de retraités et d'augmenter les cotisations des entreprises et de 18 millions d'actifs. Des mesures censées ramener le déficit estimé à 8,6 milliards d'euros en 2017 à 5,5 milliards d'euros, selon le Medef.

Concrètement, d’une part, au 1er avril prochain, la pension de retraite complémentaire sera relevée seulement de 0,8 % à l'Arcco et de 0,5 % à l’Agirc alors que l’inflation, la hausse des prix, est prévue à 1,75 %. D’autre part, salariés et entreprises cotiseront plus, par le biais d'une hausse de 0,1 point des taux de cotisation en 2014, puis de 0,1 point supplémentaire en 2015. Cela représente un vrai tour de vis au pouvoir d’achat des retraités et dans une moindre mesure celui des actifs.

"Aujourd’hui, on franchit un nouveau cap. Et on pose vraiment la question des différences entre les générations. Jusqu’alors c’était tabou. Le niveau de vie moyen des retraités n’est aujourd’hui plus très éloigné de celui des actifs.", commente Jean-Hervé Lorenzi, économiste, président du cercle des économistes, responsable de la Chaire Transitions démographiques, transitions économiques, interrogé par Challenges.fr

"Notre pays favorise les vieux par rapport aux jeunes"

Même si les retraités vont contribuer à hauteur des 2/3 pour la réduction du déficit des régimes de retraite complémentaire, les actifs et en particulier les plus jeunes sont également mis à contribution. De quoi attiser un peu plus un conflit intergénérationnel. 82% des jeunes actifs ne font plus confiance à notre système fondé sur la solidarité entre les générations pour leur assurer une pension suffisante.

"Mettons de côté les 30 % de retraités qui sont en grande difficulté, ceux qui ont des petites retraites. Pour le reste, les retraités s’en sortent plutôt bien en France. Notre pays favorise les vieux par rapport aux jeunes. C’est unique au monde. (…) En matière de fiscalité, les retraités bénéficient d’avantages conséquents comme un niveau de CSG moins élevé que pour les actifs. Idem pour l’abattement de 10 % pour frais professionnels, jugés injustifiés pour des inactifs… Il est temps de changer les règles, et de rééquilibrer ces différences entre générations. Il est probable d’ailleurs que dans les mois à venir, le gouvernement s’attaque à ces niches fiscales.", avance l’économiste.

Ce qui est certain c'est que cet accord sur les retraites complémentaires préfigure la réforme à venir sur le régime général. François Hollande a d'ailleurs affirmé mardi dernier à Dijon que "des choix courageux" devraient être faits pour assurer "l'avenir de nos régimes de retraites".

"Au fond, le déséquilibre auquel on assiste doit surtout être modifié en jouant sur l’âge de départ à la retraite. Nos voisins européens ont opté pour cette solution. Je pense que les Français, le savent assez bien. Regardez, ils ont compris qu’il fallait travailler plus longtemps. Ils se préparent à partir à la retraite plus tard.", conclut Jean-Hervé Lorenzi.