A lire dans la même thématique

Les salariés du privé sont les gagnants de la bascule cotisations sociales/CSG. Premiers effets en janvier.

Deux mesures voulues par Emmanuel Macron sont effectives depuis le 1er janvier 2018 dans le but de donner du pouvoir d’achat aux salariés : la baisse des cotisations sociales salariales financée par la hausse de la CSG. La très grande majorité des salariés verront un premier impact positif sur la fiche de paie de janvier, mais le gain total de pouvoir d’achat ne sera réel qu’à partir d’octobre 2018. En effet la baisse des cotisations intervient  en deux étapes. Un point sur l’impact pour les salariés du déroulement de la mesure.

Une bascule cotisations salariales / CSG

La mesure souhaitée par Emmanuel Macron qui entre en vigueur en 2018 consiste en :

  • une suppression des cotisations chômage (2,40 % au titre de l’assurance chômage et 0,75 % au titre de l'assurance-maladie) payées par le salarié,
  • une hausse de la CSG de 1,7 point, qui elle, impacte les salariés mais aussi les retraités et les contribuables qui perçoivent des revenus du capital.

Opérationnelle depuis le 1er janvier 2018, l’augmentation de 1,7 point de la CSG s’applique pour tous les revenus d'activité, de remplacement et du patrimoine (hors allocations chômage et indemnités journalières). Pour les retraités, la hausse ne touche que ceux ne bénéficiant pas d'un taux réduit de CSG.

La baisse des cotisations va intervenir en deux étapes, avec comme conséquence un impact de la réforme réduit sur les 9 premiers mois. Pour percevoir le gain total mensuel du pouvoir d’achat, rendez-vous en octobre 2018.

Première étape : impact sur la fiche de paie de janvier

La baisse des cotisations salariales, destinée à terme à atteindre au total 3,15 % va donc intervenir en deux étapes.

En effet depuis le 1er janvier, les cotisations sont réduites dans un premier temps à hauteur de 2,20 %. Si jusqu’ici fixée au taux de 0,75 % la cotisation salariale de l’assurance maladie est totalement supprimée au 1er janvier, pour la cotisation de l’assurance maladie, son taux ne baisse que de 2,40 % à 0,95 % soit de 1,45 % pour une suppression totale en octobre.

La hausse de la CSG étant elle répercutée totalement le gain est donc d’environ 0,50 % (2,20 - 1,70), les assiettes de ces prélèvements étant différentes.

Les salariés, ne verront ainsi qu’un bénéfice partiel sur la fiche de paie de janvier ainsi que sur celles jusqu’en septembre inclus. La deuxième étape plus sensible pour le salarié interviendra le 1er octobre.

Impact total à l’automne

Ce n’est qu’à partir du 1er octobre que la réforme entrera entièrement en vigueur avec la disparition pure et simple de la feuille de paie des deux lignes de cotisations salariales.

Le gain total de pouvoir d'achat, sera alors d’environ 1,45 % (suppression de 3,15 % de cotisations compensées par la hausse de 1,70 %, toujours à nuancer en raisons des différences d’assiettes qui peuvent être constatées).

En effet, il est à noter que la CSG -et la CRDS- sont calculées sur le montant brut des salaires mais aussi primes et indemnités diverses ou avantages en nature avec un abattement de 1,75 % (sur la fraction de rémunération ne dépassant pas 4 PASS*).

Le gain pour une personne payée au SMIC a été évalué par le Gouvernement en année pleine (en 2019 par exemple) à environ 260 euros par an. Pour un cadre dont le salaire est de 4 000 euros le gain serait d’environ 700 euros annuels et de 900 euros s’il gagne 5 000 euros. Ces chiffres s’entendent hors effet fiscal (différentiel d’impôt sur le revenu).

Cette mesure fait des salariés les principaux bénéficiaires, certaines catégories de la population n’ayant soit aucun gain soit étant perdantes, en premier lieu les retraités les plus aisés qui subissent à plein la hausse de la CSG.

*plafond annuel de la Sécurité sociale

Crédit Photo : Antonio Guillem