Après une année 2018 très déconcertante, de grands gérants d’actifs financiers prennent à nouveau le risque… de se tromper en nous faisant part de leurs vues de marché pour l’exercice 2019.

09 février 2019

La Rédaction

Certains, comme Jacques Friedman, chief investment officer chez Natixis Wealth Management, misent sur une rentabilité des actions d’environ 8 % (dont plus de 3 % sous forme de dividendes en Europe). D’autres, comme Didier Saint-Georges, managing director chez Carmignac Gestion, anticipe une nouvelle baisse des marchés. D’autres encore, comme Roland Kaloyan, head of european equity strategy chez Société Générale, tablent sur un bon premier semestre et sur un second semestre plus délicat, du fait de l’apparition de signes de récession aux Etats-Unis.

Pour 2019, Benjamin Melman, chief investment officer allocation d’actifs et dettes souveraines chez Edmond de Rothschild Asset Management, table sur une augmentation des résultats des entreprises de 5 %, nettement inférieure à celle issue du consensus, car la croissance mondiale décélère et les marges des entreprises devraient être grignotées par les hausses de salaires. Il mise sur une performance annuelle des marchés de l’ordre de 10 %, mais il estime, si certains risques se dissipaient (politiques, notamment), qu’un rebond plus fort pourrait être enregistré.

Les valeurs décotées sont très en retard

« L’économie mondiale, résume le professionnel, reste bien orientée, alors que la correction boursière de l’an dernier a eu pour effet d’abaisser les niveaux de valorisation. Nous sommes en début de fin de cycle, période traditionnellement favorable aux marchés actions. Nous avons une préférence pour les valeurs émergentes, en raison de la stabilisation économique en Chine, du ralentissement de la politique de resserrement de la Réserve fédérale américaine, de l’affaiblissement attendu du dollar et du retour des flux de capitaux. »

Jean-Charles Mériaux, directeur de la gestion de DNCA Investments considère également qu’il vaut désormais mieux détenir des actions que des obligations. « Le grand mouvement de baisse des taux d’intérêt, explique-t-il, est derrière nous. » Il a une préférence pour les value stocks (valeurs décotées), très en retard après plus de dix ans de hausse des valeurs de croissance.

Dans un environnement de marché instable, Pascal Blanqué, chief investment officer, et Vincent Mortier, CIO adjoint d’Amundi, préconisent de s’appuyer sur les fondamentaux. « Une récession mondiale, déclarent-ils, ne fait pas partie de notre scénario central. L’économie américaine affiche une croissance robuste qui devrait se poursuivre. En Europe, une stabilisation économique est possible dans le courant de l’année, à mesure de l’atténuation ou de la disparition de certains risques (relâchement des tensions commerciales, fléchissement des cours pétroliers, élections…). » Ils conseillent, eux aussi, de se réexposer aux marchés émergents, afin de tirer parti de la réhabilitation du style value et de l’amélioration des conjonctures locales.

Crédit photo : Natee Meepian