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S’il est très prisé des institutionnels, seuls les particuliers qui veulent donner un sens à leur épargne s’intéressent vraiment à l’investissement socialement responsable (ISR).

Les valeurs familiales sont plus solides que les autres. Elles offrent une bonne diversification, que ce soit en termes de secteurs d’activité ou de capitalisation boursière.

07 novembre 2017

Michel Lemosof

D’après l’association European Family Businesses, les plus de 14 millions d’entreprises familiales fournissent plus de 60 millions d’emplois dans le secteur privé en Europe. Elles génèrent au global chaque année plus de 70 % du PIB mondial, et, selon le Family Firm Institute, elles représentent les deux tiers du nombre total d’entreprises. Le cabinet KPMG précise que les entreprises familiales s’appuient sur des valeurs fortes et sur une vision à long terme. Elles n’hésitent pas à innover ni à s’internationaliser. En outre, elles améliorent leurs structures de gouvernance, forment des successeurs, attirent des talents en s’ouvrant, le cas échéant, aux expertises nouvelles apportées par des cadres extérieurs au cercle familial. Par ailleurs, elles sont généralement moins endettées que les autres. Leurs tailles boursières vont d’une centaine de millions d’euros à plusieurs dizaines de milliards d’euros. Les entreprises familiales sont axées sur la croissance dans divers domaines : alimentation, luxe, technologie, Internet et informatique, services à la personne…

"À l’inverse, note Sébastien Korchia, directeur général de Meeschaert Asset Management, les secteurs les plus cycliques, qui bougent beaucoup en Bourse, comme ceux des banques, de l’assurance ou de l’industrie lourde, sont sous-représentés, voire totalement absents de ce segment."

Alignement des intérêts

Dans une entreprise familiale, les principaux actionnaires sont une ou plusieurs personnes physiques, qui n’y exercent pas nécessairement de fonctions. L’alignement des intérêts entre actionnaires, majoritaires et minoritaires, prend ici tout son sens. Parmi les éléments à prendre en compte, mentionnons encore la rémunération des dirigeants, plus faible que la moyenne, et la politique du dividende, plus généreuse. Au final, les entreprises familiales se comportent mieux que l’ensemble du marché (avec un surcroît de performance annuelle de l’ordre de 2,5 %), et ce, avec une volatilité inférieure (d’environ 30 % à celle du reste de la cote). Quelques exemples de titres tricolores : Michelin, Bouygues, Lagardère SCA, Touax, Solutions 30, Devoteam, Derichebourg, Jacquet Metal Service, ABC Arbitrage, Maisons France Confort.

Pour qui ne souhaite pas gérer lui-même un portefeuille, il existe des gestionnaires, Meeschaert AM, Oddo BHF AM, Flornoy & Associés Gestion, Allianz Global Investors, Marignan Gestion, Lombard Odier Investment Managers ou, depuis peu, Palatine AM. Tous proposent un fonds investi en valeurs familiales et dont tout le monde peut facilement acheter des parts : MAM Entreprises Familiales, Oddo Génération, Flornoy Valeurs Familiales, Allianz Actions Aéquitas, Marignan Valeurs Familiales, Family Values et Palatine Entreprises Familiales ISR.

Crédit Photo : Martin Dimitrov