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Depuis que le Covid-19 s’est propagé dans le monde, les marchés financiers ont connu une orientation baissière marquée, annulant en quelques jours les belles progressions de l’an dernier.

03 avril 2020

Michel Lemosof

Depuis que le Covid-19 s’est propagé dans le monde, les marchés financiers ont connu une orientation baissière marquée, annulant en quelques jours les belles progressions de l’an dernier. La plupart des sociétés de gestion communiquent sur la façon dont elles prennent en compte ce phénomène inédit.

La crise sanitaire a mis les économies sous cloche. Dans l’industrie de la gestion collective, les entreprises sont fermées, mais les professionnels se sont organisés (transfert d’appels, télétravail…) pour poursuivre leurs activités.

« Notre action quotidienne, précise Amundi sur son site Internet, repose sur trois piliers : gérer les investissements de nos clients, apporter le conseil qu’ils demandent, assurer la bonne fin des opérations. »

Au-delà de l’organisation, dans un environnement où la visibilité manque, chacun y va de son commentaire.

« La volatilité inouïe observée sur les marchés est difficilement comparable à celle des crises précédentes, indique dans un webinar Jean-Charles Mériaux, directeur de la gestion de DNCA Investments. On est face à un choc exogène. La crise ne vient pas de l’économie. »

En outre, les mesures prises sont plus impressionnantes qu’en 2008, par exemple. La Réserve fédérale américaine interviendra sans limite pour apporter de la liquidité aux banques et aux entreprises. Les vannes budgétaires sont ouvertes dans tous les grands pays…

Une affaire d’horizon

Toujours selon Jean-Charles Mériaux, "les actions ont déjà payé l’essentiel de la note", mais ce n’est pas une raison pour se précipiter à l’achat, surtout qu’une réduction de 30 % des profits annuels se profile. Ce dernier cite parmi ses secteurs préférés en l'état actuel du marché : les télécoms et l'agroalimentaire. Dans un Point marché, l’équipe de gérants d’Amiral Gestion estime que la situation est "particulièrement aberrante" pour nombre de petites valeurs. "2021, estime pour sa part dans un communiqué Romain Burnand, codirigeant de Moneta AM, pourrait être une année de résultats moins anormaux." "Nous nous sommes renforcés dans le secteur de la construction (les chantiers sont souvent à l'arrêt, mais les carnets de commandes sont importants)."

Dans une synthèse, les spécialistes de Schroders, qui font partie des plus pessimistes, disent s’attendre à une grave récession : "L’année 2020 risque d’être la pire depuis les années 1930." Ils anticipent une contraction de 3,5 % de l’économie mondiale, suivie d’un rebond de 7,2 % en 2021. Parmi les plus optimistes, Credit Suisse surpondère "légèrement" les actions des marchés développés.

« Le niveau d’incertitude reste élevé, est-il indiqué dans le dernier compte rendu de son comité d’investissement. Cependant, après des réponses politiques très fortes, les retombées économiques de la crise peuvent être limitées à une contraction temporaire. »

Enfin, ce qu’écrit dans son analyse Guillaume Garabedian, responsable gestion conseillée de Meeschaert Gestion Privée, mérite sans doute réflexion :

« Nous considérons que la stratégie d’achats progressifs que nous prônons depuis plusieurs semaines reste la bonne. Sur un horizon de moyen-long terme, la faiblesse actuelle des cours constitue une opportunité rare de prendre des positions. »

Crédit photo : Getty Images