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La crise récente et son impact sur les marchés financiers vous incitent à prendre le chemin de la bourse ? Comment débuter dans les meilleures conditions ?

Depuis l’apparition de la crise sanitaire liée à la Covid-19, de nouveaux investisseurs particuliers ont vu dans la baisse des marchés financiers des opportunités de placement. Ils sont nombreux, nouveaux clients ou auparavant peu actifs attirés par les perspectives de long terme des actions, à découvrir ou redécouvrir cette classe d’actifs. Mais pour faire ses premiers pas, il convient de se familiariser auparavant avec la bourse et les actions.

Quelques règles à connaître permettent d’être mieux armé pour se constituer puis gérer un portefeuille, surtout lorsque les débuts interviennent dans une période d’importante volatilité, comme celle que nous traversons.

Qu’est-ce que l’investissement en actions ?

Quand vous achetez une action, vous devenez actionnaire c’est-à-dire propriétaire d’une part d’une entreprise. Vous allez ainsi participer au développement de l’économie réelle et prendre un risque en capital à hauteur de votre investissement. Opter pour les actions, c'est s’orienter avant tout vers un placement de long terme et connaître ses principales caractéristiques :

  • la volatilité des marchés financiers et ses fluctuations à la hausse comme à la baisse,
  • une exposition à une perte en capital,
  • avoir un horizon d’investissement à long terme et ne pas avoir besoin de cette épargne à court terme, Il faut donc avoir avant tout un profil de risque adapté à son choix.

Quel horizon de placement ?

Le niveau de la part consacrée à vos placements en bourse dépend de très nombreux paramètres : âge, capacité d’épargne, niveau de risque accepté, projets et bien sûr horizon de placement. Quelle que soit l’évolution récente des marchés, il faut toujours respecter une règle : ne placer en actions que ce dont on n’a pas besoin à court terme, ni y investir une épargne souhaitée disponible, par exemple dans la perspective d'un achat immobilier. Cette épargne n’est pas bloquée et peut être disponible à tout moment mais si vous avez besoin de la récupérer rapidement, vous risquez d’encaisser des pertes.

Vous devez donc toujours disposer d’une épargne de précaution, destinée à parer tout dépense urgente et non prévisible.

Sur son site, l'Autorité des marchés financiers (AMF) indique :"les placements en actions doivent être envisagés à long terme, au moins sur 5 ans, et plus raisonnablement sur 10 ans et plus, afin d’augmenter ses chances de rendement". Vos investissements en bourse ne doivent ainsi concerner que l’épargne pour laquelle vous pouvez assumer le risque de fluctuations importantes et de perte en capital, dans l’attente de performances sur la durée.

Quel support d’investissement choisir ?

Si vous souhaitez vous constituer un portefeuille de titres et/ou accéder aux placements collectifs de type SICAV ou FCP, la première question à se poser est celle du choix du support.

Le plan d’épargne en actions (PEA ou PEA-PME) est une enveloppe idéale pour investir dans les actions européennes en raison de son régime fiscal très favorable : après 5 ans de détention, vous êtes exonéré d’impôt sur le revenu sur les gains car seuls les prélèvements sociaux sont dus. En revanche son univers de placement se limitant aux actions européennes, vous ne pourrez accéder ni à certains actifs ni à toutes les zones géographiques, réservés au compte-titres ordinaire (CTO). Pour rappel, depuis 2018 ses revenus (dividendes ou plus-values) bénéficient d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% prélèvements sociaux inclus. En outre, une option pour le barème progressif de l’impôt est proposée sous conditions lors de la déclaration de revenus.

Privilégiez une banque en ligne pour son coût total annuel de gestion et de détention réduit grâce à des frais de transactions attractifs et souvent à l’absence de droits de garde ou de frais de tenue de compte. Si votre mise de départ le permet, pourquoi ne pas choisir l’ouverture simultanée d’un PEA pour sa fiscalité et d’un CTO pour ses possibilités plus larges d’investissement ?

Pour les salariés dont l'entreprise a mis en place une politique d'épargne salariale, il est aussi possible d'investir sur les marchés financiers au travers d'un Plan d'Épargne Entreprise (PEE). Ce placement permet de bénéficier d'une exonération fiscale, puisque les sommes issues de l'intéressement et de la participation qui y sont versées sont exonérées d'impôts sur le revenu (à condition de les bloquer pendant au moins 5 ans). Même si le nombre de supports est limité et propre à chaque entreprise, cette piste n’est pas à négliger pour commencer à investir en bourse.

« Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier » : savoir diversifier

L’une des premières règles en bourse est certainement celle de la diversification. Quand il s’agit d’actions, sachez vous protéger en évitant le risque de concentration du portefeuille : ne pas investir tous ses capitaux sur un même titre ni dans un même secteur. Au-delà, la diversification géographique est aussi essentielle quand les cycles économiques ou les spécificités d’une économie présentent des opportunités.

L’acquisition de parts de FCP ou d’actions de SICAV rend cette diversification plus facile. Avec une faible mise de départ, vous accéderez à la gestion de professionnels, un moyen de surperformer les indices de référence. Les fonds sectoriels prennent ici tout leur sens.

Il existe aussi les trackers ou ETF, des fonds à frais réduits qui reproduisent toutes sortes d’indices ; mais attention à la complexité de ces produits dont les éventuels effets de levier nécessitent que l’investisseur soit initié.

Il est évidemment important de conserver un montant de liquidités dans son compte pour saisir des opportunités de marché.

La diversification se pense à l’intérieur du portefeuille, mais aussi à l’échelle du patrimoine global.

Informez-vous sur les marchés et les produits

Informez-vous pour vérifier que le produit d’épargne soit adapté à votre profil de risque. OPC (Fonds et Sicav), trackers, avant d'investir dans un placement financier, il est important de bien en comprendre la nature et les caractéristiques accessibles via la documentation juridique. Le document d’information clé (DIC) est le document à lire en priorité.

C’est particulièrement le cas pour les warrants et le service de règlement différé (SRD) dont les effets de leviers doivent être maîtrisés, car potentiellement extrêmement importants tout particulièrement en période de grande volatilité. Ils exposent l’investisseur à des pertes rapides ou même supérieures à sa mise initiale (cas du SRD).

Vous avez acheté des actions en direct ? Quelques autres règles de bon sens : privilégiez les entreprises dont vous connaissez le modèle économique, évitez les effets de mode. Grâce à votre site boursier, tenez-vous informé sur l’entreprise comme sur les évènements qui impactent son secteur ou les marchés. Et surtout gardez toujours à l’esprit que "les performances passées ne préjugent pas des performances futures".

Le choix d’une stratégie d’investissement ?

Le vocable "stratégie" recouvre différentes notions. Il peut s’agir de votre méthode de gestion : opter pour la détention directe de titres ou plutôt accéder à la gestion de professionnels via des fonds ou SICAV, ou mixer les deux. Il peut s’agir des modalités pour épargner : un versement unique ou plutôt des versements programmés -en général mensuels- en fonction de votre capacité d’épargne. Ces investissements réguliers permettent de les adapter au contexte de marché en profitant des différentes périodes de cycles boursiers (haussiers mais aussi baissiers). Définir une stratégie peut également induire la recherche de la plus-value ou plutôt des dividendes.

Mais c’est aussi déterminer les moments à privilégier pour effectuer des achats : quand faut-il investir ? C’est sans doute la chose la plus difficile : statistiquement de très nombreux particuliers investissent hélas quand les indices sont élevés et sortent des marchés après les phases de baisse comme les krachs, au plus mauvais moment.

Les crises et les fortes fluctuations à la baisse peuvent créer des aberrations sur les marchés et représenter pour de nombreux épargnants autant d’opportunités. Pour autant, est-il intéressant d’investir en période de crise ? Cette baisse constitue-t ’elle une opportunité d’achat pour profiter du rebond économique ? Il est souvent difficile d’investir tant les incertitudes économiques sont grandes : faut-il plutôt attendre qu’elles soient levées ?

L’essentiel est de ne pas prendre peur pendant une crise, de garder une perspective de long terme. Acheter des titres d’entreprises lorsqu’elles connaissent des difficultés revient à les payer moins cher, mais nécessite un examen au cas par cas afin d’évaluer en quoi elles semblent sous-valorisées et d’analyser leur capacité de rebond. Il ne faut surtout pas se précipiter mais bien réfléchir et investir progressivement, par paliers.

Le plus difficile est sans doute de gérer ses émotions. Si bien sûr on apprend toujours de ses erreurs, connaître quelques principes permet aussi d’en éviter car investir en bourse demande avant tout de la rigueur.

Crédit photo : Getty images