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04 novembre 2021

Michel Lemosof

Que retiendriez-vous des vingt derniers mois ?

En dehors de la vaccination, l’événement le plus important est la réaction, rapide et de grande envergure, des Etats et des banques centrales. Tout ce qui avait été auparavant utilisé, lors des crises de 2008 et de 2011, l’a de nouveau été, mais avec davantage d’intensité. Le non-conventionnel est devenu conventionnel ! Les Etats ont émis des tombereaux de dettes et les banques centrales ont multiplié les rachats d’actifs. La crise sanitaire a également accentué des tendances de fond comme la digitalisation et la transition énergétique.

N’y a-t-il pas des sujets d’inquiétude ?

Si, mais cela devrait être temporaire. Les problèmes rencontrés dans les semi-conducteurs et le fret maritime tiennent au fait que des usines ont été fermées, principalement en Asie, et que la reprise économique est très forte. Il y a une bulle dans l’immobilier en Chine, mais les autorités locales devraient la faire dégonfler. Quant à elle, l’inflation (5,3 % aux Etats-Unis, 4,1 % en Allemagne) ne paraît pas durablement menaçante. Le marché de l’emploi va être plus efficient. Les salaires vont se stabiliser. Certes, le prix du pétrole devrait augmenter, jusqu’à dépasser les 100 $ le baril. Les investissements dans le secteur diminuent et les pays producteurs ne feront pas de cadeau. Au final, les économies vont bénéficier des plans de soutien et de relance massifs (750 milliards d’euros pour l’Union européenne et 1.750 milliards de dollars aux Etats-Unis). La transition énergétique va aussi être un puissant vecteur de développement.

Quelle est "la" bonne allocation de portefeuille à cinq ans ?

Les taux "réels" – taux nominaux moins inflation – devraient rester négatifs. Les banques centrales veillent au grain et administrent les taux. La croissance économique est repartie. Les résultats trimestriels des entreprises, qui ont fait preuve de résilience et répercuté les surcoûts de production vers les consommateurs, sont meilleurs qu’attendu. La volatilité pourrait augmenter, mais la prime de risque est attrayante.

Dans ces conditions, une allocation d’actifs "idéale" devrait comporter 60 % d’actions, des valeurs européennes et nord-américaines avec une pincée de valeurs japonaises, en privilégiant les valeurs cycliques et industrielles, notamment celles qui relèvent des secteurs de la banque, de l’énergie et des matières premières. De leur côté, les petites et moyennes capitalisations (à visée domestique) devraient être bien orientées. Inversement, les Gafam (Google-Alphabet, Apple, Facebook, Amazon.com et Microsoft), qui sont trop chères et consensuelles, les marchés émergents, qui n’ont pas encore recouvré leurs potentialités, et le haut rendement, pour lequel le risque est sous-estimé, suscitent la défiance. Le solde, soit 40 % du portefeuille, devrait être composé en parts égales de monétaire, comme marge de manœuvre, et d’obligations.

Crédit photo : Getty images