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Les fonds gérés selon des critères extra-financiers sont-ils aussi performants que ceux qui prennent seulement en compte des critères financiers ? Éléments de réponse.

13 mars 2019

Michel Lemosof

La part des fonds qui, dans le monde, appliquent les principes ESG (environnementaux, sociaux ou sociétaux et de gouvernance) faisant référence à ce qu’il est convenu d’appeler l’investissement socialement responsable (ISR), s’est accrue de 25 % en deux ans, à 23 000 milliards de dollars. Des fonds sont créés (chez Mirova ou DNCA Investments, par exemple), d’autres sont transformés (chez Amundi, notamment, leader du marché européen). Un mouvement qui va se poursuivre, tant la demande est forte.

Via son site internet, Robeco combat l’idée reçue selon laquelle la quête d’un idéal impliquerait un renoncement à la rentabilité. "Cette idée viendrait en partie du fait qu’opter pour la durabilité nécessite de l’argent", indiquent Masja Zandbergen et Guido Moret, experts en ESG chez le gestionnaire. La possibilité de créer de la valeur – et non d’en détruire – en utilisant les critères extra-financiers a été prouvée par l’université d’Oxford et Arabesque Partners, ainsi que par la Harvard Business School. Les pratiques de durabilité incitent aussi les entreprises à aller de l’avant (respect des droits de l’homme, énergies renouvelables, réduction de l’empreinte carbone, etc.).

Une valeur ajoutée tangible

Inversement, une société cotée qui ne se préoccupe pas de ses responsabilités sera un jour sanctionnée en Bourse. Ainsi, quand le "dieselgate" a éclaté, cela a provoqué une chute de l’action Volkswagen de 33 % en cinq séances ! Pas étonnant que l’éventualité d’un risque réputationnel ou d’une controverse soit prise au sérieux.

« Le débat sur les performances est quasi clos, observe Valérie Baudson, directeur général de CPR AM, dans un Livre blanc intitulé “ESG 2.0”. Il est possible de créer des portefeuilles ESG qui ne compromettent pas les objectifs de performance et qui peuvent améliorer les rendements ajustés du risque. »

Dans une étude, Amundi précise que l’intégration des critères ESG a peu d’impact sur le risque (volatilité et perte maximale), mais qu’elle est déterminante pour le rendement :

« L’approche best in class (achat des 20 % d’actions les mieux notées) combinée avec la vente des 20 % d’actions les moins bien notées au regard des critères ESG, aurait généré un rendement annualisé de 6,6 % dans la zone euro sur la période 2014-2017 [soit deux fois plus que l’indice Euro Stoxx 50]. »

Sonia Fasolo, gérante ISR à La Financière de l’Échiquier, vient d’explorer la question dans un travail de fond. "ISR et performance ne sont pas incompatibles, bien au contraire, confirme-t-elle. Le portefeuille des meilleurs profils ESG génère sur neuf ans une performance 2,3 fois supérieure à celui des pires profils ESG." La finance durable est indissociable de la création de valeur. De surcroît, l’arrivée régulière de flux de capitaux vers les actions les plus vertueuses en stimule les cours, tout en constituant, le cas échéant, un filet à la baisse.

Crédit photo : Getty Images