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S’il est très prisé des institutionnels, seuls les particuliers qui veulent donner un sens à leur épargne s’intéressent vraiment à l’investissement socialement responsable (ISR).

13 novembre 2017

Michel Lemosof

D’après une enquête d’Ipsos MORI pour Vigeo Eiris, agence internationale de recherche et services ESG (environnement, social et gouvernance) et le FIR (Forum pour l’investissement responsable), 48 % des Français accordent une place importante aux impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions.

Le social (droits de l’homme, conditions de travail, égalité hommes-femmes, etc.) arrive en tête des critères que les personnes interrogées veulent voir associer à leur épargne, devant l’environnemental (pollution, changement climatique, etc.). La gouvernance (indépendance du conseil d’administration, présence d’un comité de vérification des comptes) est moins prégnante. Une majorité d’investisseurs individuels (72 % d’entre eux) souhaite que les enjeux du développement durable soient obligatoirement inclus dans les produits d’épargne. Cela étant, le concept d’ISR est méconnu du grand public. 66 % des personnes interrogées déclarent n’en avoir jamais entendu parler avant l’enquête !

Deux approches distinctes

Selon une définition de la Norvégienne Gro Harlem Brundtland, qui remonte à 1987, le développement durable "répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". Dans cet esprit, en plus des critères financiers traditionnels, beaucoup de sociétés de gestion d’organismes de placement collectif (Sicav et fonds), au moins pour une partie de leurs gammes, analysent les pratiques ESG des émetteurs d’actions, d’obligations et autres titres de créances. Les approches les plus répandues sont celles du best in class (émetteurs les mieux notés dans leurs activités) et du best in universe (émetteurs les plus vertueux tous secteurs confondus). Avec l’approche d’exclusion, la plus ancienne, les gérants écartent les entreprises qui ne respectent pas telle norme ou telle convention internationale ou excluent certains domaines (tabac, alcool, armement, jeux d’argent, OGM, nucléaire, etc.) ou encore certaines sociétés (celles qui font travailler les enfants, qui licencient abusivement, qui polluent beaucoup, etc.).

Une spécificité française

En France, la part des produits distribués auprès des particuliers dans le total des actifs ISR est l’une des plus faibles d’Europe. Selon European Sustainable Investment Forum (Eurosif), elle ne dépasse pas 20 %. Les institutionnels captent plus de 80 % du marché. Les obligations dominent, avec près des trois quarts des allocations d’actifs, contre un peu plus de 20 % pour les actions et moins de 5 % pour les autres catégories. En termes d’encours, les fonds ISR – dont beaucoup sont labellisés – n’excèdent pas 6 % de l’ensemble des fonds de droit français. Quant à la contribution des critères extra-financiers à la performance, le débat reste ouvert !

Crédit Photo : inaki autonana plaza