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Morningstar a rencontré le chef Economiste de Schroders Asset Management - Keith Wade - pour mieux comprendre la déconnexion entre les marchés et la macroéconomie.

23 avril 2015

Morningstar

Comment expliquer que la Bourse ait bondi de 16 % en 2012 et de 17 % depuis le début de l’année alors que l’économie redémarre à peine ? Deux explications permettent de comprendre une telle déconnexion entre les marchés et la macroéconomie. Le cours des actions est généralement lié à deux éléments :

  • la croissance des résultats des entreprises cotées qui dépend de l’environnement économique général ;
  • la psychologie des investisseurs qui pilote leur appétit pour le risque et les multiples de valorisation.

Lorsque les marchés sont stressés - comme ce fut le cas entre 2008 et 2011 - l’aversion au risque est importante ; la prime de risque demandée pour détenir des actions est élevée.

Ce qui signifie que les investisseurs ne souhaitent pas acheter d’actions. Les flux sont plutôt vendeurs d’actions et acheteurs de protection sous forme de dérivés ou de valeurs refuge, comme l’or, les obligations d’Etats ou certaines devises comme le dollar ou le franc suisse. Durant cette période, les multiples de valorisation ont tendance à être plutôt déprimés.

Lorsque les investisseurs ont le sentiment que le scénario du pire ne va pas se matérialiser, la prime de risque sur les actions se détend. La conjoncture est généralement toujours déprimée, mais le marché est déjà en train de jouer l’étape suivante : le retournement du cycle.

Dans une étude de 2005, Schroders a analysé la performance des différentes classes d’actifs en fonction de la situation du cycle économique, évoquant un « cycle de marché ».

« La performance des actifs varie à travers le cycle. Les marchés d’actions surperforment les obligations et le cash lorsque l’activité progresse plutôt vite que sa tendance », notait alors Keith Wade, chef économiste de Schroders.

« Le moment idéal pour investir en actions intervient pendant la phase de reprise, lorsque l’économie est sous sa tendance de long terme mais qu’elle croît et que la politique monétaire est accommodante », ajoutait-il.

En phase de ralentissement, le cash et les obligations ont la préférence des investisseurs.

cycle_PIB_GDP_cycle_Schroders.jpg

Moteurs des marchés Ralentissement Récession Reprise Expansion
  • Inflation
  • Valorisation
  • Valorisation
  • Résultats (momentum)
  • Taux d'intérêt
  • Inflation
  • Taux d'intérêt
  • Résultats
  • Taux d'intérêt
Actifs privilégiés
  • Cash
  • REITs (immobilier coté)
  • Actions value
  • Début de récession : obligations d'Etats
  • Fin de récession : actions
  • Actions
  • Petites valeurs
  • Obligations privées
  • Actions
  • Obligations privées

C’est un peu ce qui s’est passé ces dernières années. Mais il faut reconnaître que les marchés ne fonctionnent plus normalement depuis la crise financière de 2008 en grande partie à cause de l’interventionnisme des banques centrales.

Les injections massives de liquidités dans le système financier ont permis de réduire le risque systémique : les craintes d’implosion du système financier et de pertes durables en capital pour l’ensemble des investisseurs. Ce faisant, elles ont largement participé à la remontée des marchés financiers, mais sans avoir de réel impact sur l’activité économique.

Pourquoi ? Parce que dans de nombreux pays, les agents économiques - notamment les banques et les États - doivent opérer un vaste mouvement de désendettement qui amène les uns à moins prêter et les autres à réduire leur train de vie.

Tout cela, la Bourse l’a anticipé. Il arrive toutefois toujours un moment où la reprise économique et la croissance des profits doivent se matérialiser de manière à valider les anticipations du marché. Bref, la confiance doit s’installer durablement pour les marchés et les agents économiques soient plus à l’aise  afin de prendre plus de risques, de dépenser et surtout d’investir.

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