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Faut-il privilégier le PEA ou l’assurance-vie ? Tout dépend de votre profil et de vos objectifs.

Effectuer des placements au travers d’enveloppes telles l’assurance-vie ou le plan d’épargne en actions (PEA) permet de bénéficier d’un régime fiscal avantageux. Mais comment choisir entre un contrat d’assurance-vie et un PEA ? Plusieurs critères sont à examiner en tenant compte du profil et des attentes de l’investisseur : souplesse de fonctionnement, diversité des investissements possibles ou encore options à la sortie et leurs conséquences fiscales. Alors qu’en 2019 le régime fiscal du PEA a été allégé et que la loi Pacte a simplifié et assoupli son fonctionnement, un examen des avantages respectifs de ces deux supports de placement à long terme permet de décider en connaissance de cause.

Le montant de l’investissement : les limites du PEA

La première différence tient aux conditions d’ouverture et de versements : elles sont plus contraignantes pour un PEA que pour une assurance-vie, même si elles ont évolué en 2019 dans le cadre de la loi Pacte.

Les personnes physiques majeures dont le domicile fiscal est situé en France peuvent ouvrir un PEA et/ou un PEA-PME. Mais c’est désormais aussi possible pour :

  • Les enfants majeurs, âgés de moins de 21 ans ou de moins de 25 ans poursuivant leurs études,
  • Les personnes majeures atteintes d’une infirmité ou qui effectuent leur service national (sans âge maximal pour ces deux derniers cas), d’ouvrir un PEA (mais pas un PEA-PME) à la condition d’être rattachés au foyer du contribuable et dans la limite d’un plafond de 20 000 euros de versements tant qu’il reste rattaché au foyer du contribuable.

Pour rappel, un épargnant ne peut être titulaire que d’un PEA classique et d’un PEA-PME. Un plan ne peut avoir qu’un titulaire et ne peut donc pas prendre la forme d'un compte joint. Ensuite les versements sont plafonnés comme suit :

  • A 225 000 € au global par un même titulaire sur son PEA et son PEA PME,
  • Le plafond des versements sur un PEA est fixé à 150 000 €,
  • Le plafond des versements sur un PEA-PME est fixé à 225 000 €.

Pour l’assurance-vie, tout épargnant peut ouvrir autant de contrats qu’il le souhaite et sans limite de versements. Ce sont les établissements qui fixent à leur convenance le minimum du 1er versement et des versements ultérieurs que ce soit pour le PEA ou pour l’assurance-vie. La souscription d’un contrat est ouverte à un enfant mineur mais soumise dans ce cas à des conditions strictes.

Un univers de placement plus restreint pour le PEA

Via le PEA, un épargnant peut détenir des actions en direct ou des parts d’OPCVM actions, avec cependant une limite qui tient à l’univers d’investissement. En effet, il peut seulement acquérir :

  • les actions et les parts de sociétés qui ont leur siège social en France ou dans un pays de l'Union Européenne, en Islande, Norvège ou au Lichtenstein, qui sont soumises à l'impôt sur les sociétés ou à un impôt équivalent,
  • les actions et parts d'OPC (Sicav, FCP) investis à hauteur de 75 % au moins en titres européens.

À l’exception de quelques compagnies d’assurance-vie dont les contrats donnent accès aux actions en direct, l’assurance-vie en unités de compte est limitée aux OPC. En revanche, aucune restriction géographique ou concernant la nature des titres (actions, obligations, parts de SCPI ou OPCI…), ce qui permet d’opter pour des profils moins risqués que ne le permet le PEA, limité aux actions. Le choix et le nombre d’unités de comptes proposées est très variable selon les contrats.

L’existence du fonds en euros constitue un autre point en faveur de l’assurance-vie : sa garantie en capital reste appréciée malgré la baisse continue des rendements. Selon son profil de risque, ses objectifs et son horizon de placement, l’épargnant pourra ainsi accorder une part plus ou moins importante aux actifs risqués pour lesquels il existe une possibilité de risque en capital. A l’opposé dans un PEA, seul les liquidités permettent de sécuriser son capital, en attendant des opportunités d’achat.

PEA, assurance-vie : quelles différences de régime fiscal ?

Qu’il s’agisse de l’assurance-vie ou du PEA, ces deux enveloppes bénéficient d’un régime fiscal avantageux. L’imposition n’intervient que lors d’un retrait ou rachat partiel ou total et dont l’intérêt croît avec le temps. La maturité fiscale, c’est-à-dire l’exonération totale ou partielle d’impôt sur le revenu (IR), n’est atteinte qu’au bout d’une certaine durée :

  • Après 5 ans pour le PEA : les gains sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu,
  • Après 8 ans pour l’assurance-vie : les gains sont imposables après des abattements annuels (4 600 € et 9 200 €) selon la composition du foyer fiscal.

Ces deux enveloppes permettent de prendre date sur le plan fiscal : un épargnant peut ouvrir un plan ou un contrat avec un montant minimal afin de faire démarrer le délai qui lui permettra d’atteindre le régime fiscal optimum. Avant ce cap, l’imposition dépend de la durée de détention du plan ou du contrat mais aussi du niveau d’imposition de l’épargnant.

Pour le PEA, c’est simple : avant 5 ans, un taux forfaitaire de 12,80 % (PFU) sur les gains soit 30 % prélèvements sociaux compris.

Pour l’assurance-vie, elle dépend aussi de la date des versements, d’où sa complexité. Ainsi le PFU ne s’applique pour un retrait entre 0 et 8 ans de détention que depuis les versements effectués après le 27 septembre 2017. Pour ceux effectués avant cette date, les gains sont imposables au barème de l’IR ou sur option à un Prélèvement Forfaitaire libératoire (PFL) à 35 % (entre 0 et 4 ans),15 % (entre 4 et 8ans) et 7,5 % au-delà.

Pour rappel, le contribuable peut toujours renoncer au PFU de 12,80 % au titre de l’IR en optant lors de la déclaration de revenus pour l’imposition au barème de l’IR mais pour l’ensemble des revenus éligibles au PFU. Ensuite, dans des cas strictement limités par la loi, les gains peuvent être exonérés d’impôt mais restent sauf exception, soumis aux prélèvements sociaux.

La souplesse lors des retraits profite à l’assurance-vie

L’assurance-vie permet d’effectuer versements et rachats partiels pendant toute la durée du placement sans risque de clôture contrairement au PEA. Avant 5 ans, tout retrait d’un PEA entraîne sa clôture, il n’est donc pas à privilégier si l’on souhaite pouvoir effectuer des retraits avant ce délai. Dans l'assurance-vie, un retrait n'empêche absolument pas d'effectuer de nouveaux versements.

Dans tous les cas, il faut veiller aux conséquences fiscales liées à l’imposition des gains des rachats partiels. A noter qu’il est simple de changer d’établissement bancaire en transférant son PEA. Cela n’est pas aussi aisé pour l’assurance-vie, même si la loi Pacte (2019) facilite le transfert au sein d’un même assureur.

Avantage successoral pour l’assurance-vie

Le PEA ne bénéficie d'aucun avantage en termes de droits de succession. Ce critère est très important à prendre en compte si l’un des objectifs poursuivi est la transmission d’un capital. En effet le match est ici gagné sans appel par l’assurance-vie puisque les montants du PEA clôturé du défunt entrent dans la succession du défunt pour être taxés selon le droit commun.

En revanche, l’assurance-vie est un atout lorsque l’on souhaite préparer et optimiser sa transmission. Au décès du souscripteur et selon son âge au moment des versements les capitaux peuvent être -sous certaines conditions- versés sans aucune taxation à l'héritier de son choix (parent ou tiers) via la clause bénéficiaire :

  • pour les versements avant 70 ans, l’assurance-vie ouvre en effet droit à une imposition forfaitaire sur les capitaux perçus au taux de 20 % (sur 700 000 €) puis 31,25 %, après un abattement par bénéficiaire de 152 500 euros,
  • Il se cumule avec l’abattement global limité à 30 500 euros au titre des primes versées par un assuré âgé de 70 ans ou plus. Dans ce dernier cas les gains sont exonérés de droits de succession.

Une rente viagère défiscalisée pour le PEA

Les Français sont peu adeptes de la rente viagère mais si vous acceptez l’aliénation de votre capital en optant pour une rente viagère, sachez que la rente issue d'un PEA est uniquement soumise aux prélèvements sociaux. Et l’assiette de ces derniers est une partie de la rente définie exclusivement en fonction de l’âge du bénéficiaire au moment du premier versement de celle-ci.

Dans l’assurance-vie, les versements de la rente viagère sont imposables également pour une fraction, déterminée aussi en fonction de votre âge lors du 1er versement.

Deux supports d’investissement complémentaires

Au vu de ces éléments, il ressort que assurance-vie et PEA constituent des placements à long terme en raison d’un régime fiscal optimum atteint au-delà de plusieurs années de détention. Mais l’analyse comparative entre le PEA et l’assurance-vie ne doit pas se limiter à leur régime fiscal et doit faire intervenir les attentes et le profil de l’épargnant.

L’assurance-vie a l’avantage de permettre de suivre différents objectifs de constitution du capital mais aussi de transmission et ce même dans le cas de très gros patrimoines. Elle est souple et modulable. Si le PEA est plutôt réservé pour la gestion des actifs risqués du patrimoine (les actions), les deux supports sont complémentaires dans le cadre d’une stratégie globale patrimoniale.

Enfin l’épargnant ne devra pas négliger le sujet des frais et l’empilement de différents niveaux (frais de gestion, frais éventuels de versement, frais spécifiques à certains supports en unités de compte…) dans l’assurance-vie. Il devra privilégier un contrat en ligne, aux frais réduits.

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