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Les premiers arbitrages sur la réforme des retraites ont été présentés en octobre aux partenaires sociaux. Le projet de loi devrait être présenté mi 2019.

L’année a démarré sur des bases solides. Mais, dix ans après la faillite de Lehman Brothers, les investisseurs semblent faire fi de la bonne orientation des résultats des entreprises.

21 octobre 2018

Michel Lemosof

Les taux d’intérêt sont bas en Europe et au Japon, mais ils grimpent aux États-Unis (2,25 % pour le taux directeur de la Réserve fédérale et 3,2 % pour l’emprunt à 10 ans). Cela crée une dislocation des marchés financiers. Les gérants d’actifs recensent d’autres sujets d’inquiétude : tensions commerciales sino-américaines, augmentation du prix du pétrole, éventualité d’un hard Brexit, dérapage budgétaire en Italie, éclatement de la bulle de crédit en Chine…

Outre-Atlantique, l’économie se porte bien, mais la progression des cours de la Bourse a été dopée par la baisse des impôts (10 points de croissance des résultats en plus) et les rachats d’actions. Pour les spécialistes, l’économie américaine arrive au bout de son cycle conjoncturel et, même si elle reste soutenue (3,7 %), la croissance mondiale perd de la vitesse.

Rééquilibrages en cours

« Le risque baissier lié à la montée des tensions commerciales, précise Stewart Robertson, économiste chez Aviva Investors, nous incite à plus de prudence à l’égard des perspectives des actifs risqués. »

Benjamin Melman, directeur chez Edmond de Rothschild AM, souligne : « Nous avions réduit le risque actif de nos portefeuilles, en revenant en septembre à la neutralité sur les marchés d’actions, et maintenons ce cap. » Pour le stratégiste, la liquidité mondiale n’a pas fini de ralentir. Les places financières ne seront donc plus stimulées par les politiques d’assouplissement monétaire.

Selon Pascal Blanqué et Vincent Mortier, responsables des investissements chez Amundi, les évolutions récentes offrent des points d’entrée. « L’Europe, qui n’a pas été autant plébiscitée par les investisseurs que les États-Unis, deviendra, selon eux, attrayante. » De plus, comme l’écart entre les valeurs de croissance et les valeurs value atteint des records, les titres décotés pourraient reprendre de la hauteur.

D’après Jean-Marie Mercadal, en charge des gestions chez OFI AM, la banque, l’assurance, la construction et l’automobile, qui ont été délaissées, semblent mûres pour un rattrapage. Le stratégiste relève également que les actions européennes procurent un rendement supérieur à 3,5 %. Par ailleurs, il apprécie les actions chinoises, après leur chute de 30 %. Il mise aussi sur l’or, qui pourrait bénéficier de la stabilisation du dollar, de la remontée de l’inflation et des tensions politiques.

« Le moment est venu, déclare Zak Smerczak, gérant de portefeuille chez Comgest, de faire preuve de prudence, en appliquant, avec rigueur, notre approche qualité et croissance. »

A noter que son exposition au Japon est trois fois plus importante que le poids du pays dans l’indice mondial (8 %). Enfin, de plus en plus de gestionnaires se convertissent à l’investissement responsable, et ce, d’autant plus que cela peut permettre d’affronter plus sereinement les turbulences de marché.

Crédit photo : Nikada