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Jean-Marie Eveillard vit aux Etats-Unis depuis près d’un demi-siècle. Il est considéré comme l’un des plus grands gérants de capitaux de la planète.

20 avril 2017

Michel Lemosof

De passage à Paris, il a présenté, à l’invitation de la société Gestion 21, son ouvrage En Bourse, investissez dans la valeur ! (*). Morceaux choisis.

Depuis l’éclatement de la bulle des TMT (techno-médias-télécoms), en 2000, les encours gérés par Jean-Marie Eveillard sont passés de 2 milliards à 100 milliards de dollars. La performance annualisée qu’il a obtenue comme responsable du fonds First Eagle Global (ex-SoGen International Fund), de 1979 à 2004, est de + 15,8 % (contre + 11,3 % en moyenne par an pour l’indice MSCI World). Dans son ouvrage, l’auteur explique les principes de l’investissement dans la valeur (value) et les raisons de la réussite de son approche. Il montre comment, en utilisant les principes de Benjamin Graham, il est possible de gagner en Bourse en concentrant ses investissements dans des entreprises sous-évaluées avec un bon potentiel de croissance à long terme.

Benjamin Graham avait lui-même écrit un livre intitulé l’Investisseur intelligent. A ce sujet, William Buffet, le patron de Berkshire Hathaway, l’un des hommes les plus riches au monde, a déclaré :

« J’avais quinze ans quand j’ai lu la première version de ce livre. Je pensais à l’époque que c’était le meilleur livre qui ait jamais été écrit sur l’investissement. Je le pense encore aujourd’hui. »

Une marge de sécurité

Pour Jean-Marie Eveillard, la connaissance de l’investissement dans la valeur ne promet pas à elle seule une réussite automatique. La volonté de nager à contre-courant, la patience, beaucoup de travail et de la chance sont également utiles. Dans le livre, il est dévoilé en détail, entre autres exemples bénéficiant d’avantages concurrentiels, pourquoi il fallait s’intéresser aux chocolats Lindt & Sprüngli. Au demeurant, les résultats de la gestion dépendent en grande partie de… ce qui n’est pas en portefeuille (valeurs japonaises à la fin des années 80, valeurs technologiques à la fin des années 90, valeurs bancaires dans les années qui ont précédé la crise financière de 2008…).

Le gérant s’est entendu maintes fois poser la question :

« Pourquoi ne détenez-vous pas vos vingt meilleures idées ? »

Ce à quoi il répondait invariablement :

« Je ne sais pas à l’avance qu’elles vont être mes vingt meilleures idées ! »

Comme l’avenir est incertain, il est nécessaire d’être prudent en s’assurant une marge de sécurité. Pour Jean-Marie Eveillard, les valeurs mobilières sont bien plus que de simples morceaux de papier négociés à l’achat et à la vente en fonction de la psychologie des marchés. Un investisseur est un propriétaire partiel d’une affaire qui a une valeur intrinsèque qu’il s’agit d’établir. Curieusement, il n’y aurait pas plus de 5 % de gérants spécialistes du style value dans le monde !

(*) Valor Editions (164 pages).

Crédit photo : istock