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Matthieu Barrière, gérant de portefeuille chez Oddo BHF Asset Management, met en lumière le contexte économique, l’évolution des marchés et la « bonne » allocation d’actifs.

20 septembre 2022

Michel Lemosof

Comment analysez-vous la situation ?

Bien qu’inédit, l’actuel environnement macroéconomique européen rappelle, en termes de stress, les prémices de la grande crise financière de 2008. Le double déficit, budgétaire et commercial, constitue un sujet de préoccupation. L’inflation monte et fait baisser le taux de change, ce qui la renforce via le canal des importations. Une spirale nocive. La Banque centrale européenne n’a pas d’autre choix que de relever ses taux directeurs, et ce plus violemment qu’anticipé.

Pour juguler l’inflation (9,1 % en rythme annuel en août en zone euro, contre un objectif de 2 %), surtout si une boucle prix-revenus se met durablement en place de façon endogène, et stabiliser le taux de change, la BCE devrait continuer à durcir sa politique monétaire. En début d’année, la plupart des stratégistes prévoyaient une expansion du PIB européen de plus de 4 % en 2022. Un taux qui est depuis tombé sous les 3 %. Pour 2023, la prévision est inférieure à 1 %. L’Europe flirte avec la récession.

Le marché offre-t-il des points d’entrée ?

La volatilité des cours de Bourse – reflet des incertitudes – devrait rester forte. Compte tenu de la baisse des actions et des obligations depuis le début de l’année, en ligne avec l’augmentation des taux " sans risque " des dettes souveraines, et de la normalisation des politiques monétaires des banques centrales, les investisseurs retrouvent du rendement. Les résultats des entreprises ont été dernièrement revus à la hausse par les bureaux d’analyse pour 2022, mais cela s’explique par le bond des profits dans le secteur de l’énergie. Les valeurs européennes se paient à peine 11 fois leurs estimations de profits à douze mois. Ce qui est inférieur à la moyenne historique de 15 fois.

Cela dit, il est sans doute trop tard pour vendre, car le marché intègre déjà beaucoup de mauvaises nouvelles, et trop tôt pour acheter, en tout cas dans une optique de court-moyen terme. En revanche, les obligations à haut rendement, qui rapportent plus de 7,5 % (contre moins de 3 % il y a un an), paraissent attrayantes. Il est possible de s’y intéresser au travers de fonds spécialisés et, notamment, de fonds datés (avec une échéance de cinq ou six ans).

Quelle est l’allocation d’actifs " idéale " ?

Une allocation d’actifs équilibrée avec un horizon de placement long doit être très diversifiée. La partie actions – qui correspondrait à 40 % du total – comprendrait 20 % d’Etats-Unis, 10 % d’Europe, le solde se partageant entre les pays émergents et le Japon. La partie taux – qui en représenterait 60 % – se composerait de 15 % de haut rendement, de 20 % de crédit (obligations privées) " investment grade " et de 25 % de diverses positions (obligations d’Etat indexées sur l’inflation, stratégies de couverture, expositions aux devises émergentes et au yen).

Bon à savoir

Pour bénéficier d’une allocation d’actifs diversifiée clés en main, citons, par exemple, les fonds Oddo BHF Exklusiv Polaris Dynamic (code Isin : LU0319577374) et Oddo BHF Polaris Flexible (code Isin : LU0319572730), qui sont 5 étoiles Quantalys et Morningstar (pour la durabilité).

Crédit photo : Getty Images