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Les épargnants espéraient une hausse de la rémunération du Livret A mais son taux est maintenu à 0,75%

Le taux de rémunération du livret A est inchangé depuis le 1er août 2015. L’application de la nouvelle formule de calcul laissait espérer aux épargnants une hausse de sa rémunération à 1%. Mais Bercy a décidé de suivre la recommandation du gouverneur de la Banque de France, en maintenant un taux de 0,75 %, son plus bas historique depuis la date de la création du Livret A en 1818.

Une nouvelle formule de calcul

C’est la première fois que la nouvelle formule de calcul annoncée à l’automne dernier est appliquée pour déterminer le taux théorique du Livret A au 1er août prochain.

L’entrée en vigueur de la nouvelle formule ajoutée à la hausse de l’inflation laissait entrevoir une hausse de la rémunération du Livret A au début du mois prochain. En effet, l’application du nouveau dispositif, basé désormais sur le taux moyen d’inflation annuel (hors tabac) lissé sur six mois et non plus sur celui du seul mois qui précède la révision du taux, devait faire passer le taux du Livret A à 1 %, contre une rémunération de 0,75 % en vigueur depuis 2 ans, depuis août 2015.

Mais le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a proposé au gouvernement de déroger à l’application stricte de la formule, comme le permet la réglementation, en maintenant le taux à 0,75 %.

Dans son communiqué il estime « qu’il convenait d'éviter une volatilité de la rémunération de l'épargne réglementée, dans l’intérêt des ménages comme du logement social ». Il a invoqué le ralentissement de l'inflation depuis le printemps, du fait notamment d'un retour d’une tendance à la baisse des prix de l'énergie.

La décision gouvernementale : suivre la recommandation du Gouverneur de la Banque de France

Pour rappel, le Gouvernement est libre de ne pas suivre la recommandation du Gouverneur de la Banque de France. Sa décision reste très politique et s’il lui est difficile de ne pas assurer aux épargnants une rémunération du niveau de l’inflation, il souhaite par ailleurs les voir s’orienter davantage vers des placements plus risqués.

Depuis plusieurs années, dans un environnement de taux bas et de très faible inflation,  les épargnants ont préféré faire dormir sur leurs comptes courants une partie de leur épargne qui n’attend qu’à être placée! Un retour éventuel de l’inflation pourrait être un des éléments déclencheur si de surcroit l’épargne réglementée voyait son taux de rémunération être plus attrayante.

Dans ce contexte, Bercy a annoncé suivre la recommandation de la Banque de France. Pour Bruno Le Maire, Ministre de l’économie et des finances : "cette décision maintient l’attractivité du livret A, placement garanti par l’Etat, intégralement défiscalisé et non soumis aux prélèvements sociaux".

Les craintes de la Caisse des Dépôts

Plusieurs motivations peuvent expliquer la décision gouvernementale. La hausse de la rémunération a un coût pour la Caisse des Dépôts, établissement centralisateur d’une grande partie des encours de l’épargne du Livret A et la revalorisation de son taux de rémunération aurait pu aboutir à un rythme renforcé de la collecte sur le Livret A mais aussi sur le LDDS.

Une hausse n’était pas souhaitée non plus par les banques ou les acteurs du logement social.

Sur les cinq premiers mois de l’année, on constate un fort niveau de collecte sur le Livret A, de 10 milliards d’euros. L’annonce du maintien à 0,75% de son taux de rémunération aurait-il un impact sur le comportement des épargnants ? Réponse dans les prochaines semaines. 

Crédit photo : istock