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Les économies émergentes bientôt en danger ?

Le durcissement de la politique monétaire américaine n’est pas sans conséquences sur l’économie des pays émergents.

Après avoir baissé pendant plus de trente-cinq ans, les taux obligataires étaient au tapis, voire négatifs, entre 2019 et 2021. Mais, depuis, la situation s’est inversée. Comment en profiter ?

03 novembre 2022

La Rédaction

« Cette année, en raison d’une inflation galopante et du durcissement des politiques monétaires des banques centrales, a commenté dans un échange avec la presse Stéphane Toullieux, président d’Athymis Gestion, les taux d’intérêt ont grimpé et le marché obligataire – pourtant réputé peu risqué – s’est effondré, dans des proportions inconnues depuis soixante-dix ans ! » Aujourd’hui, dans leurs allocations d’actifs, les investisseurs se tournent de nouveau vers les obligations.

« Nous sommes un peu plus positifs sur l’obligataire, a notamment fait observer dans un webinaire Alexandre Hezez, stratégiste du Groupe Richelieu, parce que nous sommes sans doute au bout du chemin de sa baisse. Même si l’inflation est de 4 %, il y a des échéances à quatre ou cinq ans qui rapportent plus, de l’ordre de 5,5 %, niveau inconnu depuis une décennie. Cela permet aussi de faire face à l’augmentation prévisible des taux de défaut. »

Un atout de complémentarité

Dans la catégorie des fonds d’obligations convertibles, M Convertibles Bond SRI (code Isin : FR0013343142) peut être mentionné. Dans celle des supports de performance absolue, DNCA Invest Alpha Bonds (code Isin : LU1694789535) tire son épingle du jeu, et ce grâce à Pascal Gilbert, François Collet et Fabien Georges, qui privilégient une gestion multi-stratégie, flexible et internationale, en réalisant une analyse fondamentale de la situation macroéconomique. Sur trois ans, sa performance annualisée est de + 3 %.

Keren Corporate (code Isin : FR0010697532) et Lazard Credit Opportunities (code Isin : FR0010230490) se distinguent dans la catégorie des obligations émises par des entreprises privées, avec des scores annualisés sur dix ans de + 3 % et + 4 %. En appoint, d’autres fonds sont dignes d’intérêt, à l’image de MAM Taux Variables ESG (code Isin : FR0000971913) ou d’OFI Invest Inflation Euro (code Isin : FR0011474956). Mais le « must » du moment, ce sont les fonds datés qui déferlent dans le paysage obligataire. Ellipsis Credit Road 2028 (code Isin : FR0001400B8M0), investi sur la classe d’actif du haut rendement dans les pays de l’OCDE, fait partie des meilleurs. « Cristallisé à 6,75 %, son rendement de départ embarque un taux de défaut cumulé des émetteurs qui paraît trop élevé (34 % sur cinq ans) », a fait remarquer sa gérante, Delphine Laloum, lors d’une visioconférence. Le fonds IVO 2028 (code Isin : FR0014000BJT8), lui, se positionne sur les pays émergents, avec un généreux rendement initial, autour de 10 %. « C’est un vrai atout de complémentarité pour les investisseurs européens », a déclaré dans une présentation Michael Israel, cofondateur d’IVO Capital Partners.

Bon à savoir

Le cours d’une obligation à taux fixe s’apprécie lorsque les taux à l’émission baissent, puisqu’elle rapporte plus. Quand les taux des nouveaux emprunts montent, le cours d’une obligation anciennement émise se dégrade, puisqu’elle rapporte moins. Si un emprunt d’une durée de vie de dix ans a, par exemple, une sensibilité de 6, cela signifie qu’une variation d’un point de pourcentage sur le marché primaire fait varier son prix de 6 %. Ainsi, toutes choses égales par ailleurs, quand les taux d’intérêt passent de 0 à 2 %, les emprunts existants perdent 12 % de leur valeur. C’est mathématique ! Par ailleurs, s’agissant des fonds, il convient de se renseigner sur les droits d’entrée, car il ne faudrait pas que ceux-ci grignotent par anticipation un ou deux ans de performance…