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16 septembre 2016

Michel Lemosof

Aujourd’hui, personne ne pense que les taux d’intérêt négatifs dureront indéfiniment.

L’argent ne coûte rien ! C’est la conséquence des politiques monétaires des banques centrales qui ont inondé le monde de liquidités.  « Il ne faut pas considérer comme acquis que la dette va rester très longtemps abondante et très peu chère », lance Romain Burnand, le patron de Moneta Asset Management. Louis Bert, directeur délégué en charge des gestions de Dorval AM, estime qu’il y a désormais plus de probabilité de perdre de l’argent avec les obligations que d’en gagner.

Selon Matthieu Grouès, responsable de la stratégie et de la gestion d’actifs chez Lazard Frères Gestion, le taux « normal » du taux directeur américain serait de 4 %. Or, depuis neuf mois, celui-ci se situe entre 0,25 % et 0,50 %. Il était à 4,75 % il y a neuf ans…

Mais qu’est-ce qu’un taux d’intérêt ? Un taux d’intérêt reflète la croissance économique plus l’inflation plus une prime de risque. Quand vous prêtez à un État qui émet à taux négatif, comme c’est le cas pour un nombre croissant d’échéances, vous êtes sûr de perdre de l’argent. Cela ne s’était encore jamais vu. De grandes entreprises lancent aussi des emprunts à taux négatifs. Nestlé avait ouvert le bal. Sanofi s’est récemment engouffrée dans la brèche. Pour les professionnels, cela dépasse l’entendement.

Reconstituer une marge de manœuvre

Même si le spectre d’un krach obligataire ne semble pas d’actualité, en raison de la faiblesse de la croissance et de l’inflation, que faudrait-il faire si les taux d’intérêt remontaient ? Eh bien, il faudrait détenir des actions.

Le cours d’une obligation à taux fixe baisse quand les taux d’intérêt se tendent. Les actions, dont le rendement moyen est en Europe de l’ordre de 3,5 %, absorberaient le choc. Les valeurs financières seraient avantagées. Les dépôts à vue des banques rapporteraient davantage. Les marges sur prêts seraient améliorées. Le livret A, les comptes à terme bancaires ou l’or deviendraient plus attrayants. L’immobilier, lui, serait désavantagé.

La Réserve fédérale américaine - qui donne le la - prend son temps. Il fallait tenir compte de l’inflation, qui reste contenue (autour de 1 %), et du niveau du chômage (sous les 5 %) aux États-Unis, ainsi que du comportement des marchés internationaux. La proximité de l’élection présidentielle ne militerait pas en faveur d’une décision ce mois-ci. Quoi qu’il en soit, les autorités monétaires américaines vont finir, comme elles l’ont annoncé, par relever leurs taux directeurs. Maintenir des taux bas provoque une surchauffe économique, alors que la reconstitution d’une marge de manœuvre est nécessaire pour combattre une future récession.

« Si surprise il y a, indique Philippe Weber, coresponsable des études et de la stratégie chez CPR AM, ce sera par une hausse plus forte que ce que les marchés anticipent. »