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La reprise économique s’accompagne d’un retour de l’inflation, avec des conséquences bien réelles sur votre porte-monnaie et votre patrimoine. Comment vous adapter à cette nouvelle donne ?

13 octobre 2021

La Rédaction

Au mois de septembre 2021, les prix à la consommation ont augmenté de 2,1 % sur un an selon l’Insee.1 L’inflation des prix accélère, alors que la hausse des prix était cantonnée à 1,9 % en août dernier.

Comment expliquer ce phénomène ? La reprise de l’économie a entraîné une forte pression sur les capacités de production partout dans le monde. Dans une économie qui s’était habituée à fonctionner à flux tendus, certains composants – comme les semi-conducteurs, indispensables à l’industrie automobile – voient leurs prix augmenter fortement voire viennent à manquer. Le coût du transport maritime monte en flèche. Les pays membres de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) maintiennent le statu quo sur leurs objectifs de production de pétrole, provoquant une envolée du prix du baril. Plus largement, les prix de l’énergie, incluant le gaz et l’électricité, font un bond en avant. Autant de facteurs qui s’additionnent et peuvent se répercuter en partie dans les prix finaux des produits.

Livrets d’épargne : tout dépend du produit choisi

Ce retour de l’inflation peut-il avoir un impact sur vos livrets bancaires ? Il n’existe pas de réponse unique à cette question. Tout dépend du produit choisi.

Si vous avez déposé vos économies sur un placement réglementé tel que le livret A – dont le taux est fixé en tenant compte, pour partie, du taux d’inflation –, la hausse des prix est susceptible de conduire à une augmentation de son taux de rémunération. Pour autant, le taux des livrets réglementés est, en dernier lieu, le fruit d’une décision politique et le ministre de l’Economie a indiqué jeudi 23 septembre qu’il n’était "pas question" de remonter le taux du livret A. Il restera donc de 0,5 % ces prochains mois.

Les livrets d’épargne non réglementés, dont les taux sont librement déterminés par les établissements bancaires, peuvent constituer une alternative ou un placement d’épargne complémentaire.

Bon à savoir

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Bourse : des risques mais aussi des opportunités

Concernant vos placements boursiers, l’impact de l’inflation peut être de deux ordres :

  1. Lorsque les coûts de production ou d’acheminement augmentent, deux solutions s’offrent aux entreprises de façon très schématique : soit rogner sur leurs marges, soit augmenter le prix final de leurs produits et services. Les entreprises dépourvues de pricing power peuvent subir une baisse de leurs résultats et, de ce fait, faire face à la désaffection des investisseurs. C’est pourquoi il peut être opportun d’opter pour des sociétés à fort pouvoir de fixation des prix. Les valeurs des secteurs de la banque et de l’assurance peuvent également bénéficier d’un contexte de hausse des taux liée à l’inflation.
     
  2. Les actifs risqués – mais aussi potentiellement plus rémunérateurs* –, peuvent présenter un intérêt supplémentaire en période d’inflation. Avec une inflation à 2,1 %, le rendement ajusté de l’inflation du livret A devient négatif : 0,5 - 2,1 = -1,6 %. Or, d’après une étude de l’AMF (Autorité des marchés financiers), "un investissement en actions françaises réalisé en 1988 et conservé jusqu’en juin 2013 a procuré, en tenant compte des dividendes réinvestis, un rendement réel moyen de 6,6 % par an (une fois l’inflation déduite). "2 Les actions peuvent donc contribuer à protéger votre patrimoine de l’inflation.

Bon à savoir

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Assurance-vie : des différences entre anciennes ou nouvelles obligations

Un contrat d’assurance-vie peut être investi en unités de compte (UC) ou en obligations à travers le fonds en euros.

Concernant le fonds en euros, le rendement pourrait être amélioré en cas de hausse des taux… sur le papier tout du moins. Dans la réalité, les choses peuvent se révéler légèrement plus complexes. Il convient en effet de distinguer entre anciennes et nouvelles obligations. Si les obligations nouvellement émises sont plus rémunératrices, ce n’est pas le cas des anciens titres qui rapportent moins. Avec deux conséquences principales :

  • d’un côté, les épargnants peuvent être tentés de sortir de ces fonds en euros adossés à des obligations peu rémunératrices pour s’orienter vers de nouvelles obligations. Mais cela n’est pas toujours possible, car la loi Sapin 2 encadre strictement les rachats sur les contrats d’assurance-vie.
  • de l’autre, les assureurs pourraient proposer de nouveaux fonds en euros assis sur de nouvelles obligations. Toutefois, il s’agit là d’une perspective de moyen terme et les épargnants qui sont en attente doivent s’armer de patience.

Plus que jamais, il est donc recommandé de diversifier votre contrat d’assurance-vie.

Bon à savoir

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Immobilier : pas d’alerte à court terme

Si vous possédez un patrimoine immobilier, vous vous demandez peut-être si l’inflation peut avoir un impact sur sa valeur.

La hausse des prix pourrait avoir un effet indirect. Pour contenir la hausse des prix, les banques centrales pourraient être tentées de réduire leurs politiques monétaires accommodantes voire d’augmenter leurs taux directeurs. Certains banquiers centraux ont d’ailleurs déjà fait des annonces en ce sens. Or, la baisse des taux de crédit immobilier, ces dernières années, a en partie alimenté la hausse des prix immobiliers notamment dans les grandes villes. Une remontée des taux pourrait donc entraîner une stagnation voire un recul des prix au mètre carré. Avec un impact négatif sur la valeur de votre patrimoine immobilier ou ses perspectives de valorisation.

Pour autant, si remontée des taux il y a, celle-ci devrait être progressive. Dans leur Note de conjoncture immobilière parue en juillet 2021, les notaires se veulent ainsi rassurants : "Une augmentation des taux ne casserait pas le dynamisme du marché. "3 Si vous avez un projet d’achat immobilier, vous pouvez ainsi profiter de conditions de crédit encore historiquement attractives pour vous positionner sur un bien.

Bon à savoir

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Pouvoir d’achat : l’énergie en première ligne

L’inflation est un indicateur qui reflète l’évolution des prix. Mais tous les prix n’évoluent pas au même rythme. Ainsi l’Insee précise-t-il, sur la base de ses estimations provisoires pour septembre : "Cette hausse de l’inflation résulterait d’une accélération des prix des services et de ceux de l’énergie. Les prix des produits manufacturés et – dans une moindre mesure – de l’alimentation et du tabac ralentiraient. " L’impact de cette inflation sur votre pouvoir d’achat dépend donc de votre profil de consommateur. Si vous habitez une grande maison mal isolée, il se peut ainsi que l’énergie représente une part importante de votre budget et que votre porte-monnaie en pâtisse.

Afin d’aider les ménages français à faire face à la hausse des coûts de l’énergie, le Premier ministre a annoncé plusieurs mesures vendredi 1er octobre : le blocage des prix du gaz jusqu’en avril 2022 après la hausse d’octobre, la limitation de l’augmentation des tarifs de l’électricité (de 12 % à 4 %) et un coup de pouce sur le montant du chèque énergie.

Salaires et prestations : augmentations et revalorisations en vue

En raison de l’inflation, le montant du salaire minimum a augmenté d’environ 35 € depuis le 1er octobre. Le Smic (Salaire minimum de croissance) brut mensuel a ainsi été porté à 1 589,47 €. De plus, une enquête du cabinet de conseil Deloitte laisse entrevoir une reprise des augmentations salariales : "Prenant en compte le contexte actuel ainsi que des indicateurs de l’INSEE au niveau du taux de croissance du PIB, du taux d’inflation, du taux de chômage et les projections macroéconomiques réalisées par la Banque de France, nous maintenons nos anticipations de reprise progressive des tendances historiques d’augmentation à compter de 2022-2023. "4

Les aides personnalisées au logement (APL) ont également été revues à la hausse, de 0,42 %, depuis le 1er octobre. Cette revalorisation permet de tenir compte de l’indice de référence des loyers (IRL) du 2e trimestre. Pour rappel, cet indice est lui-même basé sur la moyenne de l’évolution des prix à la consommation (hors tabac et hors loyers) sur la période des douze derniers mois.

*Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

1https://www.insee.fr/fr/statistiques/5430749
2https://www.amf-france.org/sites/default/files/contenu_simple/lettre_ou_cahier/lettre_observatoire/La%20lettre%20de%20l%27Observatoire%20de%20l%27epargne%20de%20l%27AMF%20-%20ndeg%206%20-%20Decembre%202013.pdf
3https://www.notaires.fr/fr/immobilier-fiscalit%C3%A9/prix-et-tendances-de-limmobilier/analyse-du-march%C3%A9-immobilier
4https://www2.deloitte.com/fr/fr/pages/presse/2021/etude-sur-les-remunerations-2021-10eme-edition.html

Crédit photo : Getty images