Découvrez l'analyse et les perspectives de marché en 2019 par Tristan Perrier de l’Equipe Stratégie et Recherche d’Amundi.

12 janvier 2019

Amundi Asset Management

Après un début de 4ème trimestre déjà difficile, le mois de décembre a été particulièrement pénible pour les marchés. Sur l’ensemble du mois, l’indice S&P500 américain a ainsi reculé de 9,2 %, portant sa baisse, sur l’ensemble de 2018, à un peu plus de 6,2 %, soit sa pire performance depuis 2008. Les grands indices des autres grande régions, Europe, pays émergents et Japon ont également tous baissé sur le mois et clôturé l’année sur des reculs à 2 chiffres.

A l’origine de cette baisse se trouvent, avant tout, des inquiétudes concernant le cycle de croissance mondiale. Les statistiques européennes et chinoises ont été décevantes au cours des derniers mois. De son côté, l’économie américaine, tonique jusqu’à présent, pourrait ralentir en 2019 lorsque se dissiperont les effets du stimulus budgétaire déployé par l’Administration américaine en 2018. Dans le même temps, les politiques monétaires, qui avaient apporté un soutien très important aux marchés au cours des dernières années, deviennent moins accommodantes : la Réserve fédérale américaine prévoit toujours de continuer à relever ses taux directeurs tout en réduisant son bilan, tandis que la Banque Centrale Européenne a mis fin, en décembre, à son programme d’achats d’actifs.

S’ajoute un certain nombre de risques, très présents à l’esprit des investisseurs. Tout d’abord, malgré une accalmie, le dossier de la guerre commerciale opposant les Etats-Unis à la Chine est loin d’être clôturé et pourrait de nouveau  générer des  tensions en 2019. Rappelons que les sanctions américaines et les représailles chinoises ont d’importantes répercussions sur d’autres pays, y compris en Europe, via les chaînes de valeur industrielle. Il faut aussi mentionner, en Europe même, la présence d’importants risques politiques : 2018 a été marqué par plusieurs épisodes d’incertitude, en Allemagne, puis surtout en Italie et en France. Il y aura d’importants rendez-vous politiques en 2018, notamment les élections européennes qui, en mai, permettront d’évaluer la progression des partis dits "anti-systèmes". Enfin, l’important dossier du Brexit n’est toujours pas résolu, alors que le Royaume-Uni doit, en principe, sortir de l’Union Européenne dès mars 2019. Il constituera l’un des plus importants points à surveiller au cours des prochaines semaines.  

Cependant, il ne faudrait pas sombrer dans un excès de pessimisme. Tout d’abord, après les baisses des derniers mois, les marchés intègrent déjà un certain nombre de mauvaises nouvelles. Ensuite la croissance mondiale, si elle reste ralentit, demeure tout de même substantiellement positive, à un rythme qui permet aux bénéfices des grandes entreprises de continuer de croître. Enfin, la baisse des cours du pétrole au cours du 4ème trimestre 2018 devrait être bénéfique aux économies consommatrices, à commencer par celles de l’Europe, où les politiques budgétaires deviennent également plus favorables. L’entrée dans la nouvelle année ne sera donc pas de tout repos, mais il peut également y avoir de bonnes nouvelles.

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