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Bilan et perspectives des marchés d’actions

15 janvier 2020

Amundi Asset Management

Quel bilan pour les marchés d’actions en 2019 ?

Les marchés d’actions ont fortement progressé en 2019. Avec +27% de hausse, le MSCI Word AC efface ainsi largement son repli de 2018 et réalise l’une de ses meilleures performances depuis 20 ans.

Par ailleurs, cette hausse a été largement partagée ? que ce soit parmi les marchés émergents, le Japon, l’Europe ou les Etats-Unis avec des hausses s’échelonnant de +19% à 32%.

Entre la décélération de la croissance économique et la stagnation des bénéfices par action, cette envolée du marché n’avait pourtant rien d’évident a priori et je vous propose donc d’y regarder de plus près.

Le MSCI World AC a évolué en trois temps :

Tout d’abord, de janvier à avril, le marché n’a fait que rattraper sa chute de 2018. Ce rattrapage est lié au changement de cap radical des grandes banques centrales qui, au vu des risques pesant sur la croissance mondiale, ont suspendu leurs projets de normalisation monétaire voire ont commencé à baisser leurs taux. Par ailleurs, alors que de nouveaux droits de douane menaçaient au 1er mars, la reprise des négociations entre Washington et Pékin, puis le report des hausses tarifaires ont soulagé les investisseurs.

Puis de mai à mi-octobre, entre l’intensification des politiques monétaires accommodantes, l’interminable feuilleton du Brexit et de nouvelles surenchères protectionnistes, le marché a évolué sur un canal horizontal. Sur le plan tarifaire en particulier, la reprise du dialogue sino-américain initiée en début d’année s’est révélée fragile. Le compromis annoncé lors du G20 d’Osaka fin juin a notamment volé en éclats quelques semaines après pour laisser place à de nouvelles surenchères.

Ce n’est finalement qu’à la mi-octobre que le marché est parvenu à accélérer plus franchement, les investisseurs ayant salué l’apaisement des tensions géopolitiques - qu’il s’agisse du Brexit ou du bras de fer sino-américain - la poursuite des politiques accommodantes, avec la baisse des taux de la FED et de la BCE, et des indicateurs économiques plus résilients que prévus. En effet, alors que l’automne 2019 s’annonçait sous de mauvais auspices du fait du ralentissement manufacturier et du commerce international, la résilience des services et de la demande domestique, des résultats d’entreprises moins dégradés que prévus, et l’accélération du M&A au 3ème trimestre ont déjoué les pronostics les plus pessimistes.

Après une telle hausse en 2019, que faut-il espérer de 2020 ?

En positif, on peut tabler sur une poursuite de la politique monétaire accommodante. Par ailleurs, l’économie mondiale devrait cesser de ralentir et se stabiliser. L’annonce mi-décembre d’un accord commercial préliminaire entre les Etats-Unis et la Chine et d’un début de baisse des droits de douane est encourageante à cet égard. De même, à l’issue des élections législatives britanniques, la perspective désormais d’un Brexit moins chaotique devrait redonner confiance et conforter les perspectives du Royaume-Uni. Enfin, dans un contexte de taux très bas, les alternatives à l’investissement en actions demeurent limitées.

Si l’environnement économique devrait s’avérer plus résilient que prévu, il faudra veiller toutefois à demeurer mesuré car les valorisations se sont tendues. Par ailleurs, la politique monétaire montre ses limites, les marges de manœuvre budgétaires sont réduites et la détente tarifaire actuelle pourrait s’avérer fragile comme l’ont montré les différentes volte-face de D. Trump l’année dernière.

En définitive, on misera sur l’extension du cycle avec, toutefois, une allocation robuste pour faire face à d’éventuelles surprises. On demeurera donc constructif à l’égard des marchés d’actions en privilégiant les segments les moins tendus. Dans ce contexte, les actions de la zone euro semblent, selon nous, avoir une belle carte à jouer en ce début d’année 2020 compte tenu de leur valorisation relativement modérée par rapport à d’autres régions, de leur sensibilité au commerce mondial, de l’apaisement des tensions liées au Brexit et de la sous-exposition des investisseurs.

 Crédit photo : Getty images